ÉLOGE DE MAISONS
de prisid«iàt du p^i-lem^ot i danê l'êspéroùcê • loi diMl ^ qt$^U k Bênnraii ^vec Im mémêfidéliiè qtiavoifinf^faJU sês ameéêrei. Cette grAce « UD« époque rem«rqu«}>le } e)W fot la àtmikrt 4'iin à long règne.
La régence ne fut p^s moins fapredrable à de Mftit«M« H eot, par grâce singulière , voix et séance à sa pUce de président dès l'âge de i8 ans.
Il travailla à mériter tou^ce qu'il avait obtenu , et le mëriU en effet par son application aux aSiires , par la pénétration qu'il y faisait déjà paraître , par une droiture mflexible dans Fadioi^ nistration de la justice.
Cependant il conservait toujours du goiU pour la pbj^fBè. Ceux à qui il n'est permis de prendre les sciences que pow le délassement ou peur Tornem^nt » ne peuvent clioisir ni des délassemeas plus nobles , ni des om^mens qui siéent asieus. D se fit à Maisons un jardin de plantes rares , et ^m laboraUûre de chymie , dignes tous {es deux d'un lieu oU tout ce qui n'annk pas été magniÇque aurait eu fort mauvaise grâce. Il est sorti da jardin le seul café que l'on sache qui ait encore pn venir à maturité €9 France , et on assure qn'il n'a pas moins de paffiun que celui de MoKa. De Maisons a fait lui-même dans le laboratoire le bleu de Prusse , le plus parfait que. l'on ait encore dans cette espèce de couleur. Il avait aussi depuis peu fait préparer des lieux poyr les expériences de Newton svr la lumière , qui ne sont pas aisées à répéter , et qui peut-^tre eussent été pouwéen plus loin. Nous ne nous intéressons pas tant à son cabinet de inédailles , quoique très-curieux ; mais nous ne laissons pas de -bien connaître tout le prix de l'étendue et de la variété de sas connaissances. ^
Avec tous les droits qu'il avait par rapport à noiu , il désira d'être un de nos honoraires « et il le fut vers la fin d'août 173& Le roi le nomma président de l'académie pour Tannée lyBo. Il marqua par un redoublement d'assiduité , qu'il ne regardai! pas ce titre comme un vain titre d'honneur , et il le mstfqua encore mieux dans les occasions oit il fut question de qilelqui^ intérêt général de la compagnie. Alors un corps ne pei^t guère se mouvoir par lui-même : toute son action , toute &a vie réside dans son chef, et le notre s'acquitta de ses fonctions avec une ardeur et un zèle qui nous firent bien sentir l'avantage de le posséder. Il prenait une habitude qui lui devait être utile dans des fonctions pareilles , et plus importantes , auxquelles il était destine» mais dont il a été privé par une fin trop prompte. .
Il mourut de la petite vérole ie i3 septembre jfSx , ne laissant qu'nn fils de U fille unique de à'Kn^nHiier^f seçrétaire-d'éM-
X iebre-Cbirac naquit en iQSo àConque^ en Rouerguei de Jean Chirac et ie Marie Rivet , bourgeois de cette petite ville , et dont la fortune était fort étroite. Quoique fik unique , il n'eut point de meilleur parti à prendre après ses études , que de se dealiner à Téglise , qui lui parut une ressource presque absolu*» ment nécessaire. £n étudiant la théologie , il ne laissa pas de Rappliquer par curiosité k la philosophie de Descartes ^ qui avait déjà pénétré jysques dans le Rouergue. Quand il s'en fut rempli autant qu'il l'avait pu sans aucun secours 9 il crut pouvoir sortir de Conques > et il alla à Montpellier , oii cette même philosophie , naissante aussi , comagiençait à remuer les esprits. 11 fut bientôt connu dans cette ville , quoique accoutumée depuis Jong-temps à la science et au mérite.
Chicoineau, chancelier et juge de l'université de Montpellier, prit chez lui en 1678 Chirac , qu'il regardait déjà comme grand physicien , pour lui confier la direction des études de deux de ses Hh qu'il destinait à la médecine. 11 fut si content du maître qu'il leur avait donné , qu'il voulut songer solidement à ce qui pouvait lui convenir ; et comme il lui trouvait peu de véritable vocation pour l'état dont il portait l'habit ^ et d'ailleurs beau-* coup d'acquis dans la physique , il le détermina à en profiter pour embrasser la profession de médecin.
Chirac devenu membre de la faculté de Montpellier en 1682 | y enseigna cinq ans après les difiereutes parties de la médecine. On sentit bien le prix des leçons qu'il dictait à ses auditeurs. Ellea n'avaient pas le sort ordinaire de périr entre les mains de ceu|c qui Vêtaient donné la peine de les écrire : on se les transmettait des uns 'aux autres , et c'était une faveuc ; et encore aujourd'hui elles sont un trésor que l'on conserve avec soin. On recueillait avec le même empressement les discours qui en étaient l'explication , toujours plus étendus et encore plus approfondis que les leçons ; on rassemblait , on réunissait ce que différentes personnes en avaient retenu 9 et on travaillait à en faire un corps , tant on était animé par l'espérance d'une grande instruction.
Outre les leçons publiques , Chirac faisait chez lui des couns particuliers » plus instructif encore pour ses disciples , et même pour lui , à cause de la liberté de la conversation | les étrangers y couraient en foule , et Montpellier se remplissait d'babitan$ qu'il lui devait.
Quand il fut assea plein de théorie , il se mit dans la pratique.
Barbeyrac y tenait alors le premier rang à Montpellier , et son nom vivra long-temps. Chirac le prit pour guide et pour modèle , avec les restrictions néanmoins qu'un grand homme met toujours à l'imitation d'un autre y sans renoncer aux connaissances particulières qu'il pouvait avoir acquises , ni àjdes vues dont la nouveauté eût peut-être empiché Barbeyrac lui-même d'oser les approuver.
En 1692 , le maréchal de Noailles lui donna , de l'avis de Btr» beyrac, la place de médecin de l'armée de Roussillon. Il fut en 169^ au siège de Roses, après lequel une dyssenterie épidémiqaf se mit dans l'armée. Le ministre de la guerre lui envoya de Paris de l'ipécacuanha , qui y était encore nouveau , et connu seul^ ment sous le nom de remède du médecin hollandais. Il en donna avec opiniâtreté et de toutes les façons , sans en pouvoir tirer aucun bon effet. A la fin, réduit à trouver sa ressource en laiméme , il donna du lait coupé avec la lessive de sarment de vigne , et il eut le plaisir de voir presque tous ses malades guéris.
Quelques années après, il y eut à Rochefort une autre maladie épidémique , qu'on appelle de Siam , beaucoup plus cruelle que la dyssenterie , nouvelle dans nos climats , et effrayante par le seul spectacle. Begon , intendant de cette ville , demanda an roi 'M. Chirac, déjà très-célèbre, singulièrement pour les cas extraordinaires. Il eut recours à l'ouverture des cadavres , plus nécessaire que jamais dans un mal inconnu. Il en ouvrit peut-être cinq cents , travail énonne , et qui demandait une violente passion de s'instruire. Il vit le mal dans ses sources , et s'en assura si bien , que conmie il crut qu'il en pourrait être attaqué lui-même , il composa un grand mémoire de la manière dont il voulait être traité en ce cas-là , et de tout ce qu'il y avait à faire selon les différens accidens dont la maladie était susceptible ; car il prévoyait tout, il détaillait tout. Il chargeait de l'exécution an chirurgien seul , en qui il avait pris confiance , et priait instamment Begon de ne pas permettre qu'aucun autre s'en mêlât. Pour l'honnenr de Chirac , il fut attaqué de la maladie , traité selon ses ordres , et guéri. Il lui en resta seulement la suite ordinaire , «ne jaunisse , et sa convalescence (ut très->longue.
Ce fut pendant ce séjour de Rochefort , ou il traita beaucoup de petites véroles , qu'il découvrit que dans ceux qui en étaient morts , il y avait inflammation de cerveau. Il eût fallu les saigner pour la prévenir , et même saigner du pied , pour faire uœ diversion ou révulsion du sang en en bas. Mais saigner ^«ns la petite vérole ! saigner du pied , surtout des hoi»ai^ > quelle étrange pratique ! n'en meurtron pas toujours? £t en effets la
nignée An pied dans les hommes ëUit presque toujours suivie de la mort , parce qu'on n'y avait recours que trop tard ^ et dans les cas désespérés. Un violent préjugé sur ce sujet bien établi , Bien enraciné chez le peuple , ne Tétait pas moins ches les médecins y qui de plus ne se voulaient pas laisser renvoyer à l'école. Hs ne l'accusaient que d'ignorance ou de témérité , tandis que le peuple l'accusait d'un dessein formé contre les jours du genre humain. Il soutint courageusement sa pratique , malgré les clameurs qui s'élevaient de toutes parts : aes malades guérissaient , les autres mouraient y du moins en beaucoup plus grand nombre, et il n'était encore guère justifié.
C'est lui qui a réglé aussi , mais avec moins de contradiction , la manière généralement reçue dont on conduit aujourd'hui le remède d'une autre m^djf du même nom. Les grands médecins sont ceux dont la pratique fondée sur les prindpes d'expérience établis , est la plus sûre et la plus heureuse; mais ceux qui établissent solidement de nouveaux principes, sont d'un ordre plus élevé. Les uns portent l'art tel qu'ils le trouvent jnsqu'oii il peut aller ; les autres le pointent plus loin qu'il n'allait. Aussi Silva , si bon juge en ces matières , et si intéressé à ne pas souffrir des usurpateurs dans les premiers, a dit qu'Uappariénaii à Chirac d'être UgiêlaUur.
Après s'être entièrement remis des fatigues et de sa maladie de Rochefort y il avait repris à Montpellier ses anciennes fonctions de professeur et de médecin. Là il eut deux contestations à essuyer y et mêitie plus que des contestations , car elles devinrent des procès en justice. Il s'agissait de la découverte de l'acide du sang avec Y ieussens , célèbre docteur de la même faculté , et de la structure des cheveux avec Sorazzi , médecin Italien. Ni l'un ni l'autre sujets n'étaient dignes de k chaleur qui s'y mit. On est asses persuadé de son propre mérite ; cependant il ne nous rassure pas assez pour nous procurer quelque tranquillité quand on nous attaque. Le nom de Chirac ne laissait pas de croître de jour en jour : les provinces voisines profitaient souvent de la proximité; on l'appelait pour Içs malades de distinction , et sa réputation contribuait beaucoup à afiermir celle de la fameuse école de Montpellier.
En 1706 , feu le duc d'Orléans partit pour aller commander l'armée de France en Italie. Il laissait son premier médecin à Paris ; et comme il lui en fallait un avprès de sa personne , le comte de Noce, qui avait fort connu Chirac à Montpellier, le proposa par sele pour un prince à qui il était infiniment attaché. La voix publique parlait comme lui ; le choix fut fait , et eat les suites les plus heureuses. Le duc d'Oriéans au siège de I. 3o
4te ÉLOGE
TurÎA fttt tre^-dangeffeasement MeMé «a peignit , et se tftnmil sur le point d'en perdre le brea , lorsque Clurac inagiiia de Im mettre ce brat dans de» eaux de Balaruc qu'on fit Tenir. Ce remède si simple , et auquel il eàt été si naturel de ne pat penser, produisit une parfaite* et prompte guërison presque miraculeiuf. Il en a fait l'histoire dans une grande dissertation en forme de tbèse sur Us plaies^ ouvrage qui par la s<riidité et TabondaBce de l'instruction , se fait pardonner sans peine «ne grande négligence de style.
L'année suivante , ce prince mena encore avec lui en Espipe M. Chirac , que la grande réputation qu'il j acquit obligea d'j demeurer quelque temps après la campagne finie.
Au retour d'Italie et d'Ëspagûe , il vint à Paris , et il en goâtait fort le séjour. Le duc d'Orlëaui^ f|M avait Homberg pour premier médecin , et ne croyait pas que toute aut^e place fat digne de Chirac , voulut le renvoyer k Montpellier avec toulo ks récompeùses dues à ses services > il craignait d'aiUears qa'ua homme de ce mérite ne f àt pas vu de trop bon œil à Paru , et peut-^tre à la cour , qui n'avait pas été consultée sur ce chsii- Mais Chirac avait trop bien senti les avantages de Paria ^ il obtint sans peine d'y demeurer , et il acheta k droit d'y escroer U médecine par une des charges de la maison du prince. . il lui manquait asses de choses presque nécessaire» en ce pajsci. U parlait peu , sèchement , et sans agrément. Il ne fasnt guère aux malades ces expUcationscirconstanciées et déinillces de leurs mauxy qu'ils ne sont pas ordinairement capables d'enteaditi et qu'ils écoutent pourtant avec une espèce de plaisir. Il leur présentait dans les occasions l'idée désobligeante , quoiqoe vrak , qu'il y avait de la fantaisie et de la vision dans leurs iafiraslcs; il leur niait sans détour jusqu'à leur sentiment même : et combien les fenunes principalement en devaient-elles être cbeqnco? Il se prétait peu aux objections souvent puériles de» nn^de» . 001 de leurs familles , et on n'arrachait jamais de Inî nnoaae complaisance , aucune modification à ses décisions laèoniqaci. Heureux les malades , quand il avait pris le bon rhtpwwn I U n'était guère consolant , et n'avait presque qu'un même ton peev annoncer les événemens les plus opposés. Ûe plus , il apportait des pratiques nouvelles , et certainement il devait avoir quelque» ^mauvais succès y qui plus certainement encore seraient bien sis en évidence y et bien relevés.
Malgré tout cela , à peine fut-il fixé à Pans , qu'il j #at une vogue étonnante. Sa me était incomoBodée de 1^^ quantité de carosses qu'où lui envoyait de tous côtés. On peut croire que 1« nouveauté y avait quelque part, puisque Paris était le hea de
}a uXftié^ iMb il (Ulait «H fend qrie ie grsndes et rares qtnlitet eoMeni sttrmoitié k ce point-là tcmC oe qiri hd était contraire. En effet y il avait ce qu'on ap|Mil6 U taup t^ctii^ d^nné justesse et d'une prDmptitode sin^QlHm , et peMnAtré miique. C'était nne espèce d'hnrpîratita doiit la dartf et la forcé prouvaient la vérité , ditf nioînl pour M. Par Ur ^ lé plus diffircile étant fait ^ H fcmNif en Hri-niéme le plitn de la cure j et le suivait avec une cMHtâne^itrébfaulable, piirce qi^it n'aurait pu s'en départir sâHM agir eofitre des lumèMS qui k frappaient si vivement. Ceux qui n'en ont que de motudres ou de mùhh vives , peuvent n'être pas fi coHitani ; et même ne le doivent pas. Les malades prenaient d'antaftf plus de confiance enf hri , qu'ils se seoltaient conduits par nne main pkm ferme; son inftex&ilité leur assurait combien il coÉhptait d^avoir pris le bon* parti , et ils ^encourageaient par ses rigueurs. Us vOfâÈetit ettettre que si les occasion» le demandaient j if liasardséC volontiers pour eux sa propre réputation» Loriqu'ir jurait nécessaire un de eesr coups hardis qiii lui étaient partieftfliefU , et qiMrle malade était ûnpoitaAt , il savait qn'il sa rendwf tftefl^pouiable'de IWénenteaft y et qne , s'il était filcheul , ha cria d'une feiftdlW puissante sèulemient ads^6t le publie centre Hi f cependant if ne idoHissate* point , îl ne pi^éferaît poitit la wdmtt èrdhfsriier plus périlleuse pour le Aalade , mtei» moinf pofiir le médêdki ; et il voulait, k quelque prix que^e fût , avoir tout iidt ptour U fAieHK .
A la mort dé Hnmberp, qui arriva en 1715, le dtac d'Os* Mi4i, déjH fégent du royau»e , le ilt son premier médecna » choix presque nécessaire qui lui donnait un nouvel éclat, et e^ Jtogultnté , s'il ete^ été poésible , sa grande pratique de Pa^. L'année Suivante, 'û eàtra dana l'académie en ^attté d'assôali lîhr^, et sans ses occupation» continuelles et îAriis* pensaMès, on lui reprocbnrait d'avoir trop joui des privilèges de eé Hue. *
Ent^ffd, ff snâédè-à Fagon dams lé surintendance du jardila eu toi. W était à la source des igfàee», puisque le prince régent en était* le ÉlattMr, et qh'îl âiimait tant k en faire.
En r^o , Marseille fot attaquée d'une maladie d'abord îA** c<9flB*, mais qui d^ sa naissance faisait de grands ravages. ChiAfc oftit au régent d'y aller, aiiique la ville, qui se veri*fr secourue par le gouRrernensent , en pHt plus de courage pour se secourir elfe^méme. Son offiré ne fuit-pas acceptée } il pro- |Ma etk sa place CHicaineau et -Yemj ,• célèbres médecins de Montpellier / dont il garantit le savoir , le sile et l'intrépidité , et les drdres pmnr leur voyage furent donnée par S. A. R. Chiçoineau était le même dent il avait été prëce^teur, et de jrfus
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c'était son geûire \ car la fille unique dft pvécéptiiir était j^ venue un assez bon parti pour épouser le disciple. H était juste que la maison par oii ^ avait commencé sa forttme , et qui en avait ouvert la route , en profitât.
Chicoineau «t Vemy ? arrivés à Marseille » troavètttit U
peste, accompagnée de toute la désolation , de toute U cou-
temation , de toutes les horreurs qu'elle a jamais tvaiascs tpm
elle. La ville n*était presque plus habitée que par des cadavres
qui jonchaient les rues , ou par des mottraos abandomi» «pi
n'avaient pas eu la force de fuir. Nulles provisions , ntds virres,
nul argent. Chirac fut , pour ainsi dire , le médecin géoénl k
Marseille y par le soin assidu dont il veillait à tous ses hm»
auprès du régent , par les secours de toute espbee qu'il obteaait
pour elle , par toutes les lumières dont il fortifiait ceik tle
habiles gens qu'il j avait fait «ntoyer. Il proeura encore à cette
malheureuse ville quatre médedas de Montpellier , et ses anist
qu'il crut dignes d'une commission si honorable et si peu le-
cherchée. Bojer , de qui je tiens cette relation , et qui aujc«r-
d'hui pratique avec succès à Paris , fut l'un d'entre en. Ds
rassurèrent d'abord le peuple par l'extrême hardiesse drat â»
abordaient les malades , et par l'impunité de cette hsrdiese
toujours heureuse. Peut-dtre , et cela ne diminverait gune la
tfloire de l'héroïsme, étaient-ih dans le smtimcnt de Chirac,
que la peste ne «e communique pas par contagion. Quoi qvu
en soit de cette opinion si paradoie , il serait dii&cSe qo'elle
f&t plus dangereuse et plus ftmeste aux peuples que roptsiai
commune.
Chirac avait conçu depuis long-temps une idée qui eàt po contribuer à l'avancement de la médecine. Chaque médecii particulier a son savoir qui n'est que pour lui ; il s'est frit, pf ses observations et par ses réflexions , certains principes qoi n'éclaii^nt que lui. Un autre , et c'est ce qui n'arrive qae trop) s'en sera fait de tous différens , qui le jetteront dans une cobduite opposée. Non-seulement les médecins particuUsrs, v^ les facultés de médecine semblent se faire un heaneor et u plaisir de ne s'accorder pas. De plus , les observations d'an fan sont ordinairement perdues pour un autre. On ne profits p^s^ à Paris de ce qui a été remarqué à Montpellier. Cbacon fsH comme renfermé chec soi , et ne songe poiift à fermer de société. L'histoire d'une maladie qui aufa régné dans nnlieB» ne sortira point de oe lieu-là , ou plutôt on ne l'y ^"^ P^ Chirac voulait établir plus de communication de lomières , jh d'uniformité d^ns les pratiques. Vingt-quatre médecins des pio$ employés de la faculté de Paris auraient composé nne académie
qui cet été es côrrespoadance arec les médecins de tous les hdpitaax du royaume , et même dey pays étrangers qui l'eussent hîen vonlë. Dans un temps ou les pleurésies , par exemple , noraiéntété ph» communes, l'académie aurait. demandé à ses correappndflDS de les examiner plus particulièrement dans toutes les circonstances y aussi -bien qne les effets pareillement détaillés des remèdes. On aurait lait de toutes ces relations un résnltat bien pvécis, des espèces d'aphorismesi que l'on aurait gardés cependant jusqu'à ce que les pleurésies fussent revenues , pour ym quels phangemans cm quelles modifications il faudrait apporter «u premier sémltat. Au bout d'un temps on aurait eu ifne exeeUenle histoire de la pleurésie, et des règles pour la traiter aussi sÀrea q^i'il soit possible. Cet exemple fait voir d'un aeiil coup d'oeil quel élait bs projet , tout ce qu'il embrassait , et qpel en devait être le fruit. Leduc d'Orléans l'avait approuvé , et y avait fait entrer le rai; mais il mourut lorsque tout était disposé pour l'exécution.
Pareettemorty qua le plus grand nombre sentit douloureusement , Chirac perdait non-senlement un prince de là famille royale, mais encore vn premier ministre. PHvé de ce maître et de ce protecteur, mais toujours attaché à son auguste maison , il quitfi la coor , et commença à se livrer absolument à la ville , qui regarda comme un bien pour elle le malheur d'un si grand médecin. On lui donnait la première place dans sa profession , et les phiB iUastres de ses confrères y consentaient , sans prétendre même diminuer sa supériorité par l'avantage qu'il avait des années et de l'expérience. Il dominait dans les consultations comme aurait fiiit Hippocrate} on Taurait presque dispensé de raisonner, et son autorité seule eût suffi.
B obtint du rot en 1728^ des lettres de noblesse , et enfin en 1780 le plus gresd honnear oii il pût arriver, U place de premier médecin vacante ]>ar la mort de Dodart. Tous les français zélés pour les jours de leur jsiaitre , l'avaient nommé d'une commune voit , et pour cette fois seulement lés intrigues de la cour n'eurent rien à faire.
9 attira amsitût à ta cour Chicoineau , son gendre , qui , indépendamment de ce titre , avait pour lui l'histoire de la peste de Maiieflle , une grande capacité en médecine , employée principalement au service dis malades indigens. Le xoi le mit auprès des eiffans de France.
La nouvelle autorité de Chirac lui réveilla les idées de son aoaddmie'de médeciiie. Les fonds nécessaires , article le plus difficile, étaient réglés et assurés; mais quand le dessein fut «ofldmaniqut à U faculté de Paris , il se trouva beaucoup d*op-
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posifmi. pie ne goAlfit p^si qi^ y'iag^>'qji^tifm 40 sas mçnbfes coipposasseat ua^ pfi^lje |r«iq^ choisie, qi^ aura^ et^ to^ £ëre 4e c^tte ^is^Ui^çtiç», et 9e sfpgi^ cnoif en drf»i^ ée dédaigner le reste 44i corpf. I^ piv# ewplqjts «Ureief»^ la fyrnufir^ et 1» plus ^mphyéfi ppuyaient-iis se ckargi^r d'i^aci^pat^ouf tumtïkkl B'éjtait-oa pas déjà «sse^ instruit p^ l^s yoien QrdilÛUsys? ^ofia, c<^fn|Deil es^aisede coptredire, i^p çonti^isaii,at#illii|c£Mncc; et le precDier médeçia, ^op engagé d'honpeur pofir reculer, -persuadé 4'«iiHejm^ de l'atilité (de .son projet, tombait dans Yntcertitude de U cpuduit^ qu'il devait p^mr ^ Véf^rA d'fm cosp respectable. L«^ doiicKçpr ^t )fi r>guf9)ir «B|it égAli^ne^t d^ng^ l«uses; et il se déteripinai^ ppur le^ partis de vigoi^if « if^s^^ili fut attaqué de If naladâe dont il nii»urf|t le |||nep^r mars 173(2, âgé de quatrp-yiiigt dep)^ a^ss. Il a^^it ^ppoi^cé l^inii^n^, ppnr pommer jusqu'au boi|^ û ^ieoc^ ^1^ prpuof^ , qfiT^ ^>a yoeyait éc^iapper.
Il a laissé une fortune considérable , ^^po^ iu^ k w} Irsrad «ussi long , aussi «mî^» t ^^ pfbiible, f«ssi ntîlp à la âoôiié. U Ic^e par sou testame|it à l'aiiiirej;st{é de Moutjpaîlier I« somme de trente usille linrres 1 qui sfc<Hit ei^^Ifijées % igmàft dcu^ chaifes ppm* ^eux. prpfiesseufs , dont l'un £eff .dbis l«foas d'^natomie çomp^jEée} l'auti» ei|>liqi^ra 1^ ^«îlf 4^ fpnUi» de moiu qni^n^lwm , f t^lcs fua|ières qjBii 7 p^t rapport.
On pe^t juger p^r Ik coipbiea il «ornait l'a^fiou^de ; et pai»qu'il l'estimait taat , on p^ul juger qH'il la pfxi?^ît à Ipâd. Il allait encore plus loin , jtfsqn'^ la chi^i^rgiey et à tous les deuils de cet art , dopt 9ff es pamntuuément i^ naéd^ins pe s'isquiëteut p%s. Cou^aincu qu'ils ne deici^ii^t pas regfu'der ks opérations manuelles coaifue indigiies d'eu^ , e^ qo^ tonie leur gloire est de guérir , il avait obtenu eu 1796 rét^l^lifs^Biept de six places de miUeciusF-chirurgieps fatreiaws par la rot ^ qui seraient reçuf grat)iiienieut diuis I|i laisfUté de Dfpiitpellier * à condition qu'ils exercefaia^t pnr^métop^ h chimqpi» dfps Thopitalde cettf ville, l^taisce df^isein, qj^i ^ peiqe ffvptujag^fgml k s'eiécuter, fut arrêté par des accidens étraugeisj et|^ IW*i^ contraire k la réupion jde^ 4#ui( professions, qui peulallr» (But été çbranlé par cet efafnpley demeura dans tqute tfi force. Do moins Chirac l'attaqua toujours par sa c«m4nite aiutant f|i'il le pouyaif.; il w manquait pf^ d^opi^i^ de S4 inaia,. lorsqu'il trouvait des malades sans secours , ou (kvfsç de iç^uvUMi «ecoun> 4ussi les plus h^b^lai çUrpr^eus de Paris l'appriaient ifaas toutes les gr^pdes occasions , irayis d'avoir un témoiif et ua juge si éclairé , qui se ffisait i|o boxeur d'^trç alflff i'fui d'entre irai. C'^t k liH que l'on doitM^ If ReyronaiCi qui é|aif %l4, ?eiUode
prenlrt set Agrét dt 4«etear «n mMtcine à MoatpélUer , quand Chirac le détermina à prendre le parti de la chîrargie , qu'il nimait trop pour ne lui pat procurer nn si grand sujet. 'Il •coompagna mime ses conseils d'une prédiction de ce qui ar« riverait à son ami , et il a eu le plaisir de la voir accomplie.