TROISIÈME SOIR
lopper pour nous ; on connaîtra jusqu'à la lune. Nous n'en sommes pas encore là , parc» que toute la terre n'est pas découyerte , et qu'apparemment il faut que tout cela se fasse d'ordre. Quand nous aurons bien connu notre habitation , il nous sera permis de connaître celle de nos voisins les gens de la lune. Sans men-^ tir, dit la. marquise y en me regardant attentivement, je vous trouve si profond sur cette matière , qu'il n'est pas possible que vous ne croyez tout de bon ce que vous dites. J'en serais bien fâché, répondis-je ; je veux seulement vous faire voir qu'on peut assez bien soute^ nir une opinion chimérique pour embarrasser une personne d'esprit , mais non pas assez bien pour k per^ suader. Il n'y a que la vérité qui persuade , même sans avoir besoin de paraître avec toutes ses preuves. Elle çntre si naturellement dans l'esprit, que quand on l'apprend pour la première fois , il semble qu'on ne fasse que s'en souvenir. Ah ! vous me soulagez , répli^ qua la marquise; votre faux raisonnement m'incommo^ dait, et je me sens plus en état d'aller me coucher tranquillement, si vous voulez bien que nous nous retirions.