‹ Œuvres de Francis Jammes (volume 2)Chapitre 39 sur 52 · COMME QUAND ON RELÈVE UN BOUQUET · texte numérisé non relu

COMME QUAND ON RELÈVE UN BOUQUET

Comme quand on relève un bouquet de feuillages

qui trempait, il s'égoutte :

dans la nuit escarpée et bleue, après l'orage, cette maison ruisselle toute.

La voix d'un crapaud solitaire appelle, aussi pure que la cloche de la chapelle d'un monastère.

La boule du portail, le réverbère dans la rue, l'ombre fourchue de la branche d'un chêne indiquent çà et là que l'on est sur la Terre.

Dans le ciel frais comme un lilas ** 13

et que la pluie a fait sans borne et net de tout voile, l'étoile naît.

Alors tel qu'un facteur rural qui quitte

l'humble chaumière, mon cœur sort de la nuit et s'en va vite à la lumière.

O QUENOUILLES ROSATRESL.

0 quenouilles rosâtres ! vous êtes des fleurs, c'est tout ce que je sais de vous, et que du sein de vos nombreuses sœurs, vous lancez vos flèches qui déjà retombent

vers la tombe.

Quels mots dites-vous au silence, vous qui vous affirmez avec cette constance au jardin où tout se flétrit?

2se lui dites-vous pas que c'est pour un poète que vous avez fleuri, et que vous êtes là simplement comme une sage image ?

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