MARIAGE DE MALUS. — SA CARRIÈRE MILITAIRE
Malus quitta l'Egypte, et fit la traversée sur le Castor, bâtiment de transport anglais, après l'arrangement conclu entre le général Menou, commandant en chef notre armée, et les généraux ennemis. Il arriva à Marseille le 14 octobre 1801 et fut mis immédiatement en quarantaine. Le pestiféré de Jafla, de Damiette, de Lesbiéh, dut considérer comme un lieu de délices le lazaret dans lequel on l'enferma. Rendu à la liberté, il prit la route de Paris. Après une courte visite à ses parents, esclave de ses sentiments, plus encore que de sa parole, il partit pour Giessen, où il rejoignit mademoiselle Wilhermine-Louise Koch, sa fiancée depuis quatre ans, et l'épousa. Cette union fit le bonheur de notre confrère; nous dirons bientôt quelle rare preuve de dévouement madame Malus donna à l'époux de son choix pendant la cruelle maladie qui l'enleva à son affection et aux sciences.
La carrière militaire de Malus peut désormais être tracée en quelques lignes.
En 1802-1803 il fut employé à Lille.
Nous le voyons, en 1804, à Anvers, rédiger, d'après la demande de Napoléon , des projets pour compléter l'établissement naval de cette ville et agrandir son enceinte.
Dans ce travail très-élaboré, qu'on conserve au dépôt
des fortifications, et qui est accompagné de onze feuilles de dessins, l'auteur traite analytiquement, mais sans négliger les applications numériques, deux questions de mécanique qui, dans les circonstances et dans la localité, avaient une grande importance, savoir : 1° le parti qu'on peut tirer du poids des hommes marchant dans des tambours pour faire mouvoir les chapelets inclinés, ou vis d'Archimède, servant aux épuisements ; 2° l'emploi pour atteindre le môme but de la force du vent agissant sur des moulins à ailes horizontales et disposés de manière à tourner toujours dans le même sens.
En 1805, Malus fut attaché à l'armée du Nord.
En 1806, 1807 et 1808, il était sous-directeur des fortifications à Strasbourg. En cette qualité il présida à la reconstruction du fort de Kehl, fit des remarques trèsjudicieuses sur la forme des revêtements et appliqua une analyse exacte à la détermination de leur épaisseur.
A dater de 1809, on l'appela à Paris.
Il devint major du génie en 1810. Les archives du comité de l'arme prouvent que les inspecteurs généraux le consultaient souvent avec beaucoup de fruit sur le mérite des travaux qui leur étaient soumis.