‹ Œuvres de François Arago (volume 2)Chapitre 37 sur 79 · Tycho, ainsi que le rapporte Gassendi, était le prénom · texte numérisé non relu

Tycho, ainsi que le rapporte Gassendi, était le prénom

désagréments, suites de ses relations avec des individus qui ne pouvaient pas l'apprécier, l'engagèrent à repasser en Allemagne où vivaient alors plusieurs astronomes célèbres, entre autres le landgrave de Hesse-Cassel , Guillaume IV, dont il devint l'ami.

Il visita avec soin les principaux observatoires de l'Allemagne, et pendant son passage à Augsbourg dont les artistes avaient alors une grande réputation, il commanda plusieurs instruments nouveaux qui devaient lui servir à résoudre d'importantes questions relatives au mouvement du ciel étoile.

Tycho î de retour à Copenhague , vécut dans la retraite.

A l'occasion des observations qu'il fit sur l'étoile nouvelle de 1572, le chancelier Oxe se déclara son admirateur et inspira ce sentiment au roi Frédéric II, qui, peu de temps après, lui fit don de la petite île d'Hween, située dans le détroit du Sund entre Elsencur et Copenhague. Le roi ajouta à ce cadeau une pension de 500 écus, un fief situé en Norvège, et un bénéfice de chanoine dont les revenus, évalués à 2,000 écus, devaient servir à l'entretien d'un observatoire construit aux frais du roi.

Grâce à cette rare munificence de Frédéric II, on vit s'élever sur une éminence de la petite île d'Hween d'où le ciel était visible de tous côtés, un observatoire aujourd'hui détruit, qui sous le nom d'Uranibourg, vivra éternellement dans la mémoire des astronomes.

Quand le monument de l'observatoire fut achevé, Tycho le meubla graduellement d'instruments construits par ses soins, et qui ne lui coûtaient pas moins de 100,000

thalers pris sur sa propre fortune. L'énormité de cette somme ne surprendra pas ceux qui liront dans l'ouvrage de Tycho, intitulé Àstronomiœ instaurâtes Mechanica, la description des machines variées et de dimensions colossales (5 à 6 coudées, 2m à 2nl.5) dont il fit successivement usage. Tous ces nouveaux instruments avaient des limbes de cuivre et étaient divisés avec le plus grand soin. Les déboires qu'il éprouva souvent dans ces constructions délicates lui inspirèrent cette exclamation : « Un bon instrument est le phénix de l'Arabie ! » Cependant Tycho croyait pouvoir arriver par tous les moyens qu'il rassemblait à la précision de 1/3, 1/4 et même l/6e de minute.

La mesure du temps est ce qui avait fait le plus ordinairement défaut aux anciens observateurs. Tycho essaya des clepsydres et des horloges.

Dans les premiers de ces instruments, du mercure purifié et bien revivifié s'échappait par un petit orifice, en conservant toujours la môme hauteur dans le vase conique qui le renfermait; le poids du mercure écoulé devait donner le temps. 11 employa aussi le plomb purifié et réduit en poudre très-subtile; « mais pour confesser la vérité, dit-il, le rusé Mercure, qui est en possession cle se moquer également des astronomes et des chimistes, s'est ri de mes efforts, et Saturne *, non moins trompeur, quoique d'ailleurs ami du travail, n'a pas mieux secondé celui que je m'étais imposé. »

On voyait dans la collection des instruments réunis par Tycho, plusieurs horloges à secondes, bien entendu sans

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