U L'ABBÉ PICARD
Personne avant Picard n'avait songé à faire servir l'heure du passage des astres au méridien à la détermination des ascensions droites.
Il est l'auteur de la première mesure de la Terre digne de quelque confiance.
Il commença les opérations qui, après lui, prirent un si grand développement pour la formation de la carte de France.
Nous dirons encore, sans entrer dans d'autres détails, qu'il contribua avec Auzout à l'invention du micromètre à fils.
Picard mourut le 12 octobre 1682. Son nom ne rappelle aucune découverte capitale , mais il est plusieurs de ces découvertes auxquelles il a indirectement contribué.
Picard fut un modèle de désintéressement scientifique. Pendant son voyage à Uranibourg il connut un jeune Danois, Rœmer, chez lequel il découvrit un grand talent pour les observations. Picard le détermina à venir en France. Chaudement recommandé à Colbert, par son patron , Piœmer devint un des membres les plus distingués de l'Académie des sciences de Paris. C'est à une recommandation analogue de Picard que l'Observatoire de Paris fut redevable de Dominique Cassini. Se créer ainsi des rivaux dans une carrière où l'on avait toute raison d'aspirer au premier rang, c'est le sublime du désintéressement : l'amour des sciences ne se manifesta certainement jamais d'une manière plus éclatante. On est heureux d'avoir des traits si honorables à enregistrer dans les fastes de l'astronomie.
GASSINI
Jean-Dominique Cassini, le premier et le plus célèbre des quatre observateurs du même nom qui furent pendant près d'un siècle la personnification vivante de l'astronomie française , naquit à Perinaldo , dans le comté de Nice , le 8 juin 1625.
Cassini fut élevé au collège des Jésuites de Gênes; il y montra un grand talent pour la poésie. Plusieurs productions de son jeune âge ont été conservées par les bibliophiles. Le hasard ayant fait tomber dans ses mains un traité d'astrologie, il fit diverses prédictions. Bientôt il reconnut ce qu'avait de vain et d'arbitraire cette prétendue science; on dit même qu'il désabusa le marquis Malvasia, sénateur de Bologne, grand amateur d'astrologie et fort imbu alors de ses procédés.
A la mort de Cavalleri, en 1650, Cassini, alors âgé de vingt-cinq ans, fut nommé professeur d'astronomie à l'Université de Bologne. Peu de temps après il fit agréer, non sans beaucoup d'efforts, auprès du sénateur qui présidait à l'administration de l'église Sainte-Pétrone, le projet de substituer à la ligne tracée par Ignace Dante , une méridienne plus exactement orientée, à l'aide de laquelle il exécuta diverses observations utiles.
Cassini prit ensuite une part active et intelligente à des négociations relatives au cours du Pô, et il fut nommé par le pape directeur des fortifications du fort d'Urbain. 11 publia des Mémoires sur les comètes de 1652 et 1664, et dressa des tables et des éphémérides des
satellites de Jupiter. A l'aide des lunettes de Campani, il constata le mouvement de rotation de Jupiter sur son axe, et les mouvements de Vénus et de Mars. Grâce à ces nombreux travaux, Cassini jouissait d'une telle réputation que Louis XIV, à la recommandation de Picard, désira le faire venir en France et l'attacher, ne fût-ce que pour quelques années seulement, à l'Académie des sciences de Paris. Le grand roi entreprit à ce sujet, par ses ambassadeurs , une négociation en forme qui eut un plein succès.
Cassini, à qui Colbert avait fait remettre 1,000 écus pour ses frais de voyage et assuré un traitement annuel de 0,000 livres, se mit en route le 25 février 16G9. Il arriva à Paris le 4 avril de la même année ; il reçut de la famille royale l'accueil le plus flatteur. Son premier soin fut de présenter des observations critiques sur les plans adoptés pour l'Observatoire qui alors était en construction; mais son crédit échoua devant celui de l'architecte.
Cassini alla occuper à l'Observatoire le logement qui lui était destiné, le 14 septembre 1671. Là, muni des puissants moyens d'investigation que Colbert lui avait fournis , il étudia le ciel avec une assiduité remarquable et un très-grand succès pendant près de quarante années. En 1711 Cassini perdit totalement la vue; il mourut l'année suivante, le 14 septembre 1712, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
Voici l'indication de ses principales découvertes :
1665. — Rotation de Jupiter, rotation de Vénus et rotation de Mars par des observations faites en Italie.
1G67. — Table des réfractions très-exacte pour l'époque, quoique fondée sur une constitution hypothétique de l'atmosphère, démentie par l'expérience.
1671 - 1672 - 1684. — Découvertes de quatre satellites de Saturne, faites à l'Observatoire avec une lunette de Campani. Cet événement fut regardé comme assez remarquable dans le règne de Louis XIV pour qu'on en constatât la date par une médaille.
1683. — Observation de la lumière zodiacale.
1693. — Publication des premières tables des satellites de Jupiter dont il ait été possible de tirer quelque parti.
1693. — Découverte des lois de la libration de la Lune. Cassini avait été à certains égards précédé par Kepler et Hévélius. Il faut remarquer que ses recherches sur la libration devaient se fonder sur d'anciennes observations faites en Italie , puisqu'il en est question dans le Journal des Savants de 1666.
Après avoir donné l'indication des principales découvertes faites par les astronomes dont nous publions les biographies, nous avons cru toujours devoir placer en parallèle le récit de leurs erreurs. Ce chapitre , dans la biographie de Cassini , pourrait être assez étendu.
En 1652, longtemps après la publication de l'ouvrage de Copernic et des immortelles découvertes de Kepler, Cassini mettait encore la Terre au centre du monde.
A l'occasion de la comète de la même année 1652, il soutenait qu'elle était d'une formation récente et composée d'émanations provenant de la Terre et des autres planètes.
Il plaçait, chose bizarre et incroyable, le centre des mouvements de la comète de 1604 clans l'étoile de première grandeur Sirius. Il prétendait que la destination des astres cométaires était de raviver chez les hommes le goût de l'astronomie.
Il eut le malheur de rejeter l'explication que Rœmer donna de certaines irrégularités dans les éclipses des satellites de Jupiter, qui résultaient de la vitesse de la propagation de la lumière.
Cassini eut le tort de s'attribuer fort légèrement l'honneur d'avoir dirigé la mesure de la Terre, exécutée par Picard. Une telle mesure se fonde en théorie sur des opérations connues de toute antiquité, et le mérite appartient à celui qui, sur le terrain, a déterminé la longueur des bases, formé les triangulations et obtenu les latitudes des points extrêmes.
Entraîné par l'aveugle désir d'attacher son nom à une découverte qui portât sa réputation à la postérité la plus reculée, il proposa inconsidérément de substituer aux orbites elliptiques de Kepler une courbe nouvelle, qui fut nommée la cassinoïde. Le sculpteur à qui l'on doit la belle statue qu'on admire dans l'amphithéâtre de l'Observatoire, a eu la pensée malheureuse de tracer la cassinoïde sur le carton que Cassini tient à la main. Mais interrompons ces citations, car les erreurs de Cassini seront depuis longtemps tombées dans le plus profond oubli, lorsqu'on se rappellera encore la splendeur que ses travaux répandirent sur les premières années de l'Académie des sciences de Paris.
Huygens fut un de ces hommes de génie auxquels la nature a accordé le rare privilège de faire marcher d'un pas égal et la théorie et les applications. Il naquit à La Haye le 14 avril 1629. Son père remplissait des fonctions importantes, à la cour des princes d'Orange. Dès son enfance, il annonça ce qu'il deviendrait un jour. Sans avoir négligé l'étude du latin et du grec, il savait à neuf ans l'arithmétique, la géographie et la musique. Son goût pour la mécanique se révéla dès l'âge de treize ans. On a conservé dans quelques collections hollandaises des modèles de machines exécutées à cette époque par le futur géomètre.
Entre les années 1655 et 1663 , Huygens fit plusieurs voyages en France et en Angleterre. On a remarqué que pendant son premier séjour en France , il fut reçu docteur en droit, à l'université d'Angers, la seule où les protestants pussent alors prendre des grades.
Huygens est un des savants étrangers que les libéralités de Louis XIV et le zèle intelligent de Colbert appelèrent à Paris; de l'année 1666 à l'année 1681 , il fut un des membres les plus zélés et les plus distingués de l'Académie des sciences de Paris. Plus tard, à l'époque des édits contre les protestants, il refusa noblement de profiter de l'exception qu'on lui proposait de faire en sa faveur, et il rentra dans sa patrie.
Il n'est pas de notre sujet d'analyser ici les travaux qui, dès l'année 1657, placèrent Huygens parmi les
premiers géomètres de l'Europe. Mais nous ne pouvons oublier de mentionner l'ouvrage publié en 1673, sous le titre d'Horologium oscillatorium , dans lequel se trouvent développés les principes qui ont donné une si grande régularité aux pendules astronomiques, et le germe des inventions auxquelles les chronomètres doivent leur perfection actuelle; ni son Traité sur la lumière, publié en 1G90, où se trouvent sa loi célèbre sur la double réfraction et les premiers traits de cette polarisation lumineuse, devenue aujourd'hui si féconde par les recherches de nos contemporains; ni son système sur Saturne (Systema Saturnium) , publié en 1659, dont nous avons fait ressortir le mérite en parlant de cette planète dans notre Traité d'Astronomie populaire; ni surtout des découvertes relatives à la mesure de la force centrifuge.
Huygens mourut le 5 juin 1695. On a attribué la défaillance que son intelligence subit quelques mois avant ce terme fatal, à des chagrins de famille et à un excès de travail. Pendant son séjour en France , il avait éprouvé un malheur du même genre , et , chose singulière que les physiologistes expliqueront s'ils le peuvent, il se retrouva, lorsqu'il revint à la lucidité, en pleine possession des connaissances qui s'étaient totalement effacées de son esprit pendant sa maladie intellectuelle.
Huygens eut à soutenir durant son séjour à Paris des discussions de priorité avec l'abbé Hautefeuille relativement à l'invention du ressort spiral dont il avait surmonté le balancier des montres ordinaires. On se rappelle encore la querelle que lui fit un de ses compatriotes Hartsoeker, qu'il avait lui-même amené à Paris, sur l'observation des
animalcules qu'on aperçoit dans certains liquides. On n'a pas oublié non plus qu'il se vengea noblement de son irascible adversaire, en avouant que dans une publication faite dans un journal , on avait eu tort de ne point nommer Hartsoeker , et de ne pas proclamer ses droits à la découverte qu'il réclamait.
Le Cosmotheoros , ouvrage dans le genre des Dialogues de Fontenelle, mais privé, tout le monde en conviendra, de la délicatesse de touche qui distingue tout ce qui sortait de la plume du premier secrétaire de l'Académie des sciences de Paris, offre plusieurs chapitres qui prêteraient à de justes critiques, ceux entre autres où Huygens nous parle des connaissances musicales des habitants des planètes.
Nous dirons à regret , en terminant cette esquisse de la vie de Huygens, que dans un de ses voyages à Paris, il connut Ninon de Lenclos, et lui adressa des vers peu irréprochables sous le rapport de la pensée et de la forme. Voltaire a eu la malice de nous les conserver, et ils sont souvent cités par ceux qui prétendent établir l'incompatibilité du génie en matière de sciences et du talent poétique. Une telle conclusion, il faut l'avouer, est peu logique lorsqu'elle a pour base quatre mauvaises rimes mises en balance avec ce que l'esprit humain a produit de plus ingénieux.
Voici l'indication des principales découvertes de Huygens avec leur date :
1655. — Huygens découvre un satellite de Saturne, et ne cherche pas les autres parce qu'il était persuadé, opim.— m. 21
nion bizarre chez un si grand homme, que le nombre des satellites ne pouvait pas être supérieur au nombre des planètes principales, et qu'après la découverte du nouveau satellite le système solaire était complet, ou composé de six planètes et de six satellites.
1656. — Découverte de la nébuleuse d'Orion.
1657. — Application du pendule aux horloges.
1659. — Publication du Systema Saturnium.
1665. — Application du ressort spiral aux balanciers des montres.
1690. — Publication du Traité sur la lumière.
Le Cosmothoeros (sive de terris cœlestibus earumquc ornatu conjectures) , publié en 1698, après la mort de son auteur, renferme une comparaison optique de l'éclat du Soleil à celui de Sirius.
J'aborde cette biographie avec la plus complète liberté d'esprit. Je vais analyser les travaux astronomiques et optiques de l'homme dont je viens d'écrire le nom, comme si j'étais son égal. Si l'occasion de quelques remarques critiques se présente, je ne l' écarterai pas, convaincu que je suis de n'être guidé que par l'amour de la vérité
1. Cette notice est la dernière qu'ait retouchée M. Arago ; il en a corrigé et dicté plusieurs passages, dans les premiers jours de septembre 1853, trois semaines avant sa mort.
et de la justice. Au reste, pour prévenir s'il est possible les colères dont une pareille liberté peut devenir l'objet, je déclare d'avance très-franchement que je considère Newton comme le plus grand génie de tous les temps et de tous les pays', et dans ce jugement je n'ai pas fait abstraction de l'immortel Kepler. Ceci bien compris, j'entre en matière.
Isaac Newton naquit à Woolsthorpe, petit hameau dans la paroisse de Colsterworth , comté de Lincoln , le 25 décembre 1642, jour de Noël. La mère de Newton, Henriette Ayscough , perdit son mari très-peu de temps après son mariage; l'enfant qui devait occuper une si grande place dans l'histoire de l'esprit humain vint au monde avant terme comme Kepler. Heureusement les tristes prévisions qu'avaient fait naître son excessive petitesse et la faiblesse de sa constitution ne se réalisèrent pas.
Le revenu de la ferme où Isaac vit le jour, joint à celui d'une petite terre que possédait mistress Newton dans le comté de Leicester, s'élevait à 80 livres sterling ou 2,000 francs.
La veuve s'étant remariée avec Barnabe Smith, recteur de North Witham, l'enfant, alors âgé de trois ans, fut confié à sa grand'mère, qui lui fit donner dans les écoles des villages les plus voisins de Woolsthorpe l'instruction ordinaire. A douze ans, il fut placé dans l'école publique de Grantham et logé chez M. Clark, apothicaire de cette ville. Newton, arrivé au faîte de la gloire, racontait lui-même qu'il était d'abord très-in attentif et un des derniers élèves de sa classe. Ayant reçu d'un de
ses condisciples plus avancé que lui un coup de poing dans l'estomac dont il souffrit beaucoup, il résolut, pour se venger, de lui enlever sa place ; il travailla dès ce moment avec ardeur. Une fois entré dans cette voie, il devint en peu de temps le premier élève de l'école de Grantham.
On raconte que le jeune Newton s'associait très-rarement aux jeux bruyants de ses camarades et qu'il préférait consacrer les heures de récréation à exécuter, à l'aide d'outils qu'il s'était procurés sur ses économies et qu'il maniait avec une grande dextérité, les modèles de diverses machines, parmi lesquelles on cite une horloge à eau, une voiture que mettait en mouvement l'individu placé sur le siège, et un moulin à vent. Dans ce dernier modèle, il avait, disent ses biographes anglais, placé une souris qu'il appelait le meunier, soit parce qu'elle opérait une certaine manœuvre dans la direction du moulin, soit, observation un peu épigrammatique, parce qu'elle mangeait une portion de la farine produite.
On cite aussi un cerf-volant, auquel une lanterne était attachée, et qui plusieurs fois fit croire aux habitants des campagnes environnantes qu'une comète était apparue.
Le besoin de faire d'avance le plan des machines qu'il se proposait d'exécuter, avait entraîné le jeune Newton à se familiariser avec l'art du dessin et celui de la peinture , dans lesquels il eut des succès marqués.
Ce fut aussi vers les derniers temps de son séjour à Grantham, que se développa chez lui son talent pour la poésie. Plusieurs productions de cette époque ont été soigneusement conservées par les amateurs.
Si Newton s'éloignait de ses camarades lorsqu'ils s'abandonnaient à des jeux bruyants, ce n'était pas par un manque de sociabilité ; il prenait le plus grand plaisir dans la compagnie de jeunes personnes qui demeuraient aussi chez le docteur Clark. Parmi elles, les biographes ont cité mademoiselle Storey, de deux ou trois ans plus jeune que lui. On a tout lieu de croire que leur attachement prit à la fin le caractère d'une véritable passion, à laquelle Newton ne céda point, à cause de l'insuffisance de sa fortune et de l'incertitude de son avenir. Mademoiselle Storey fut ensuite mariée deux fois; son dernier nom était madame Vincent. A l'époque où il était en possession d'une réputation européenne et dans la position la plus brillante, Newton ne manquait jamais dans ses voyages dans le Lincolnshire de visiter madame Vincent ; par ses libéralités il tira aussi la famille de cette dame de plusieurs embarras pécuniaires qui étaient venus compromettre son bonheur.
Après les confidences de madame Vincent au docteur Stukely, il ne sera plus permis de citer le nom de Newton lorsqu'on voudra prouver qu'un poëte était trop absolu en écrivant sur le piédestal d'une statue de l'Amour, ces deux vers si souvent reproduits :
Qui que tu sois, voici ton maître, Il Test, le fut ou le doit être.
Lorsque la mort de M. Smith l'eut rendue veuve pour la seconde fois, la mère de Newton se retira à Woolsthorpe avec les trois enfants de son second mariage. Newton avait alors quinze ans ; ses progrès donnaient
les plus grandes espérances. Cependant, par des raisons d'économie, il fut rappelé de l'école de Grantham et destiné à gérer les affaires agricoles de son petit domaine. Pour lui donner quelque expérience à ce sujet, on l'envoyait le samedi en compagnie d'un ancien serviteur au marché de Grantham, où il devait vendre les grains qui provenaient de la ferme et acheter tout ce qui était nécessaire aux besoins de sa famille. Mais il laissait tout le soin de débattre les prix à son compagnon , pendant que lui il se livrait à l'étude d'un certain nombre de vieux livres que possédait l'apothicaire, son ancien patron. Souvent le jeune Newton ne prenait pas même la peine de pousser jusqu'à la ville, et livré à ses réflexions au pied d'une haie ou à l'ombre de quelque grand arbre, il attendait que son messager revînt de Grantham.
Madame Smith ne tarda pas à s'apercevoir que de telles habitudes ne feraient pas prospérer la ferme ; ne voulant point contrarier plus longtemps la vocation de son fils, elle le renvoya à l'école de Grantham, d'où, après un séjour de quelques mois et par les conseils de son oncle maternel, il passa à Cambridge, au collège de la Trinité, le 5 juin 1660. Quand il s'agit d'un si grand homme, la précision des dates n'est pas un vain luxe.
L'attention de Newton fut d'abord dirigée vers les études mathématiques, et, chose singulière, par le désir qui le prit de s'assurer de la vérité ou de l'inexactitude des règles de l'astrologie judiciaire.
Il se rendit maître en peu de temps de la géométrie de Descartes, c'est-à-dire plus exactement de l'application
de l'algèbre à la géométrie telle que ce grand homme l'avait créée. Pemberton, qui fut beaucoup plus tard l'ami, le confident et l'éditeur de Newton, racontait que l'auteur des Principes de la Philosophie naturelle regrettait d'avoir donné dans sa jeunesse trop peu d'attention à la géométrie d'Euclide. J'avoue que je ne saurais comprendre le fondement de ce regret si, comme on l'a prétendu, les propositions d'Euclide lui avaient paru si évidentes qu'il ne sentit jamais le besoin d'en lire les démonstrations.
Dans l'année 1665, Newton concourut avec Uvedale pour une place d'agrégé de l'Université, de fellowship , Uvedale fut nommé. Cet individu n'a été arraché à l'oubli qu'à raison de la préférence qu'il obtint sur son compétiteur. Sir David Brewster a tiré du jugement singulier porté en celte circonstance par le professeur Barrow luimême, la juste conséquence que Newton n'avait encore fait à la date du concours (1665) aucune des brillantes découvertes qui illustrèrent son nom. Nous pourrions aussi, en nous autorisant du triomphe de Uvedale, contester la vérité du rapprochement ingénieux fait par Fontenelle entre la carrière de Newton et le cours du grand fleuve qui arrose l'Egypte, « qu'il ne fut pas donné à l'homme de voir le Nil faible et naissant. »
Après avoir obtenu divers grades universitaires dans les années 1666, 1667 et 1668, Newton fut nommé professeur de mathématiques à la place du docteur Barrow, lorsque celui-ci résolut, en 1669, de se consacrer exclusivement à la théologie.
C'est de l'époque où nous sommes maintenant arrivés
que datent les découvertes de cet homme immortel ; elles seront bientôt l'objet d'une mention détaillée ; nous nous attacherons alors à fixer avec précision l'époque des plus importantes. Pour le moment, nous continuerons la biographie proprement dite, je veux parler du récit des événements peu saillants qui signalèrent la vie de l'auteur des Principes de la philosophie naturelle.
Newton s'acquitta des fonctions qui lui avaient été confiées de professeur de mathématiques à Cambridge, avec un zèle consciencieux bien propre à servir de modèle. On rapporte que depuis 1669 jusqu'à 1695, je veux dire pendant les vingt- six ans que durèrent ses fonctions, il ne s'absenta jamais de Cambridge plus de trois ou quatre semaines par an, et cela à l'époque des vacances seulement.
Eu 1671, Newton fut nommé membre de la Société royale sur la présentation de M. Seth Ward, évêque de Salisbury, et connu lui - même par quelques travaux astronomiques. Il témoigna sa reconnaissance en des termes qui paraîtront bien humbles à ceux qui ne remarqueront pas que Newton n'avait point encore fait, ou du moins n'avait point encore publié ses grandes découvertes.
En 1675 , le roi Charles II lui accorda les dispenses alors nécessaires , afin qu'il pût continuer de remplir les fonctions de fellov: (agrégé) du collège de la Trinité sans entrer dans les Ordres.
Peu de temps après, une circonstance imprévue le jeta dans une contestation qui se rattachait par plusieurs côtés à la politique. Le roi Jacques II, persistant dans le des-
sein de rendre la prééminence à l'église catholique, avait ordonné à l'université de Cambridge de conférer à un moine bénédictin, le père Francis, le grade de maître es arts sans l'astreindre au serment d'allégeance et de suprématie. L'université fit des représentations; le roi revint à la charge en accompagnant sa demande de force menaces. L'université persista dans son refus. Newton s'étant montré très-ferme parmi les dissidents, fut chargé par ses collègues d'aller défendre les privilèges universitaires devant la haute cour de justice. Le roi eut alors la prudence de laisser amortir l'affaire. Pour témoigner leur reconnaissance envers leur collègue, dont la réputation scientifique s'était déjà étendue sur toute l'Europe, les professeurs de Cambridge nommèrent New ton, mais, il faut le dire, à une faible majorité, pour les représenter au parlement, en 1688.
Pendant les années 1688 et 1689, il accomplit avec un grand zèle ses nouvelles fonctions. On s'est assuré, en compulsant les registres de présence de Cambridge que de 1690 à 1695, Newton, sans doute dégoûté des intrigues des partis, se montra beaucoup moins assidu au parlement. Au reste , sa carrière parlementaire fut sans éclat. Pendant toute sa durée , il ne prit , dit-on , la parole qu'une seule fois, et ce fut pour inviter l'huissier de la chambre des communes à fermer une fenêtre d'où partait un courant d'air qui aurait pu enrhumer un orateur placé non loin de là.
Vers cette époque arriva un événement qui, s'il faut en croire certains historiens, eut une influence notable sur la carrière intellectuelle de l'immortel géomètre. En
allant un soir à la chapelle pour faire ses dévotions, Newton laissa par mégarde une bougie allumée sur son bureau de travail. Pendant son absence, un chien favori, qu'il appelait Diamant, renversa la bougie ; de là un incendie, qui consuma une grande quantité de manuscrits et de notes. A son retour, il aperçut le désastre irréparable; suivant les uns, il se contenta de dire : Ah! Diamant, Diamant, tu ne soupçonnes pas le mal que tu m'as fait. Selon d'autres, la perte de ses notes manuscristes produisit une impression si pénible sur Newton qu'il en tomba malade, et que son intelligence en fut pour qelque temps affaiblie.
La question de l'éclipsé momentanée des hautes facultés mentales de Newton, a été débattue avec une grande force de logique. M. Biot s'était prononcé pour l'affirmative en s'appuyant sur une note de Huygens extraite d'un registre manuscrit conservé à la Bibliothèque de Leyde. L'opinion contraire a été soutenue, non sans quelque vivacité, par sir David Brewster, d'Édinburgh. Comme il arrive souvent en pareille circonstance, on peut contester l'opinion absolue, transmise verbalement à Huygens par un compatriote de Newton ; mais on doit convenir, d'après la correspondance de cet homme illustre avec Locke, qu'il avait en 1693 perdu presque totalement la mémoire : «Je ne me ressouviens pas, disait l'auteur des Principes, de vous avoir écrit la lettre à laquelle vous répondez. » Cette lettre s'est retrouvée dans la collection d'autographes de lord Kink, un des descendants de Locke. Je vais en donner la traduction; le lecteur sera ainsi en mesure de décider, d'après ses propres lumières, si une
pareille lettre est de celles dont on peut avoir oublié le contenu dans un état normal :
« Monsieur,
« Ayant cru que vous vouliez m'embrouiller avec des femmes (embroil me withwomen) et par d'autres moyens, j'en fus tellement affecté que, lorsqu'on vint me dire que vous étiez malade et en grand danger, je répondis qu'il était désirable que vous mourussiez. Je souhaite que vous puissiez oublier ce vœu peu charitable , car je suis convaincu que ce que vous aviez fait était convenable; je vous demande pardon pour avoir eu à ce sujet de si dures pensées et pour vous avoir présenté comme déviant des voies de la morale dans votre ouvrage sur les idées et dans celui que vous vous proposez de publier. Je vous avais pris pour un hobbiste.
« Je vous demande aussi pardon pour avoir dit ou pensé qu'il était question de me vendre un office ou de m'embrouiller (embroil me).
« Je suis votre très-humble et infortuné serviteur,
« Isaac Newton.
« 16 septembre 1693. »
L'homme dont nous écrivons la biographie était l'orgueil de l'Angleterre, et cependant, arrivé à l'âge de cinquante-trois ans, il n'avait reçu aucune marque de reconnaissance de sa nation et vivait confiné dans les murs du collège où sa carrière scientifique avait commencé. N'étant pas engagé dans les ordres, il n'avait pu recevoir aucun bénéfice ecclésiastique et se trouvait réduit
aux très-médiocres appointements de professeur de l'Université. Aussi n'est-on pas étonné de le voir demander à la Société royale de Londres d'être dispensé de payer la cotisation très-minime imposée par les règlements à chacun de ses membres. Il ne fallut rien moins que l'arrivée aux affaires publiques d'un élève de l'Université de Cambridge, Charles Montague, qui malgré la différence de leurs âges s'était lié avec lui d'une étroite amitié, pour que Newton fût tiré de cet inconcevable oubli.
M. Charles Montague, depuis lord Halifax, ayant été nommé chancelier de l'échiquier, fit donner en 1695 , à Newton, l'emploi de gardien de la Monnaie (warden of the mini) , aux appointements de 15,000 francs par an. En 1699, l'auteur des Principes obtint par la même influence la place de directeur de la Monnaie (masterhip of the mirit). Ayant alors un revenu d'environ 30,000 francs (1,200 livres sterling), il désigna M. Whiston pour le remplacer comme professeur à Cambridge , et lui laissa la totalité de ses appointements. Whiston ne fut nommé définitivement qu'en 1703.
Newton avait une nièce, veuve du colonel Barton. Cette dame , jeune, belle et spirituelle (depuis madame Conduit), avait inspiré un vif attachement à lord Halifax. On ne connaît pas les circonstances qui l'empêchèrent de l'épouser : la malignité s'est emparée de ce fait pour attribuer la justice rendue en dernier lieu à Newton, moins à ses propres mérites qu'à ceux de sa nièce; mais les témoignages contemporains ne justifient pas une telle conjecture. On sait seulement qu'à sa mort lord Halifax légua une grande partie de sa fortune à mistress Barton et 100
livres sterling de rente à Newton. Tout porte à croire, quoi qu'en ait dit Voltaire , que le calcul infinitésimal et la gravitation furent une sérieuse recommandation en faveur de l'immortel géomètre quand il fut nommé maître de la Monnaie.
En 1701, Newton, sur la désignation de ses collègues de Cambridge, représenta une seconde fois l'Université à la chambre des communes, où du reste il joua encore un rôle purement négatif. En 1705, à la dissolution du parlement, il se présenta de nouveau, mais il fut repoussé à une très-grande majorité. J'inscris ici les noms des personnages qui eurent la hardiesse de descendre dans l'arène pour entrer en lutte avec le grand Newton :
MM. Arthur Annerley obtint. .... 182 voix. Dixie Windsor 170
Newton n'eut que 117 suffrages; il est vrai que la reine Anne, peu de temps auparavant, l'avait créé chevalier, et cette circonstance nuisit peut-être beaucoup à l'homme illustre qui faisait à l'Université de Cambridge l'honneur de vouloir bien la représenter au parlement.
En 1703, Newton avait été nommé président de la Société royale ; il fut réélu chaque année jusqu'à sa mort. Déjà antérieurement, c'est-à-dire en 1699, lorsque l'Académie des sciences de Paris se trouva investie par ses nouveaux règlements du droit de s'associer un très-petit nombre de savants étrangers, une de ses premières nominations fut celle de Newton.
Tout ce qui regarde un si grand homme doit intéresser le public. Nous dirons donc que Newton était d'une taille
moyenne et qu'à la fin de sa vie son embonpoint augmentait outre mesure. Ses cheveux, ordinairement couverts par sa perruque, avaient la teinte argentée la plus éclatante. S'il faut en croire l'évêque d'Atterbury, ses yeux étaient ternes , du moins dans les vingt dernières années, et rien n'aurait fait deviner en le voyant la sagacité extraordinaire qui distingue ses productions scientifiques. Dans le monde il se montrait silencieux ; on l'aurait pris pour un homme ordinaire. On peut supposer que sa réserve tenait en partie à une grande timidité. Comme exemple de cette disposition d'esprit, nous citerons ce qui arriva lorsqu'il fut appelé en 1714 à déposer devant un comité de la chambre des communes, chargé de se prononcer sur un bill relatif à la détermination des longitudes en mer. Newton donna son opinion par écrit. Quelques membres du comité présentèrent des objections auxquelles il ne répondait pas un mot; mais Whiston, placé derrière lui, s'écria : « Monsieur Newton éprouve quelque répugnance à faire connaître son avis , mais je puis affirmer qu'il est favorable au bill. » Newton, rompant le silence à la suite des paroles peut-être inconvenantes de Whiston , répéta ce que celui-ci venait de dire et le bill fut adopté.
Voici un autre passage emprunté à ce même M. Whiston, et qui, en le supposant véridique, donnerait une singulière idée des sentiments intimes de Newton : « Newton était du caractère le plus craintif, le plus cauteleux et le plus soupçonneux que j'aie jamais connu, et s'il eût été vivant quand j'écrivis contre sa chronologie, je n'eusse pas osé publier ma réfutation, car, d'après la
connaissance que j'avais de ses habitudes, j'aurais dû craindre qu'il ne me tuât. »
Voici un passage emprunté aux Mémoires de Flamsteed, et qui tendrait à confirmer, jusqu'à un certain point, le jugement porté par Whiston sur le caractère de son prédécesseur à Cambridge : « Newton m'a toujours paru insidieux, ambitieux, excessivement avide de louanges, et supportant impatiemment la contradiction. » ( Vie de Flamsleed, page 73.)
Newton, a-t-on dit, était socinien; on peut assurer avec plus de certitude que dans son esprit une profonde piété s'alliait à une grande tolérance. Lorsque Halley, fort coutumier du fait , se permettait devant lui quelques plaisanteries sur la religion, il l'arrêtait tout court par cette remarque : « J'ai étudié ces choses-là, et vous ne l'avez point fait. » Ils n'en restaient pas moins bons amis après cela.
J'ai appris de lord Brougham, que pendant la guerre des Cévennes , Newton s'était préparé à aller combattre dans les rangs de Camisards les dragons du maréchal de Villars, et qu'une circonstance fortuite l'empêcha seule de donner suite à ce dessein. Comment le timide Newton se fût-il conduit sur le champ de bataille, lui qui, de crainte de tomber, ne se promenait en voiture dans les rues de Londres que les bras étendus et les mains cramponnées aux deux portières. On concevra d'après ce seul fait que la question puisse être soulevée et devenir le sujet d'un doute.
Cette biographie semblerait incomplète si je ne parlais pas de la modestie de Newton. J'avoue qu'à cet égard
mon opinion diffère quelque peu de celle des écrivains qui m'ont précédé. Il y a lieu d'établir, ce me semble, une distinction dont on ne s'est pas assez préoccupé.
Newton avait un esprit trop pénétrant et trop profond pour ne pas avoir remarqué que les faits, que les découvertes nombreuses et importantes dont il avait enrichi la science, n'étaient qu'une très-petite partie de ce qui restait encore caché dans la majesté de la nature, suivant la belle expression de Pline. M. Brewster nous a conservé les termes dans lesquels il exprimait son sentiment à ce sujet : « Je ne sais pas, disait-il, ce que je parais au monde; pour moi, je me compare à un jeune enfant jouant sur le bord de la mer , ramassant çà et là un caillou plus ou moins lisse, ou une coquille d'une beauté peu ordinaire, pendant que le grand Océan de vérité reste complètement caché à mes yeux. »
Quand il s'agissait de la comparaison de ses propres travaux et de ceux de ses émules, Newton ne se trompait pas; il en parlait alors avec une noble confiance, témoin ce passage d'une de ses lettres à Halley : « Hooke n'a rien fait , et cependant il s'est exprimé comme s'il savait tout, et qu'il eut tout approfondi, excepté ce qui exigeait l'ennuyeux tracas des observations et des calculs, s'excusant de ce travail sur d'autres occupations importantes. Le tour n'est-il pas admirable? De pauvres mathématiciens qui découvrent les vérités, qui les développent et les établissent, devront se contenter d'être considérés comme des calculateurs arides et de vrais manœuvres ; tandis qu'un autre qui ne fait rien que former des prétentions sur toutes choses, et s'accroche à tout ce qui se
fait, s'attribuera exclusivement tout ce qui est invention, tant dans ceux qui le suivent que dans ceux qui Font précédé. »
Voici du reste en quels termes, dans son Traité d'optique, Newton parle des principes auxquels il a recours pour expliquer les phénomènes de la nature physique ; le lecteur jugera si c'est ainsi que s'exprimerait un homme qui n'aurait pas une haute idée de ses découvertes :
« Les corps, dit l'immortel inventeur de la théorie cle la gravitation universelle, sont composés de particules mues par certains principes actifs, tel qu'est celui de la gravité et celui qui produit la fermentation et la cohésion des corps. Je ne considère pas ces principes comme des qualités occultes , qui soient supposées résulter de la forme spécifique des choses, mais comme des lois générales de la nature, par lesquelles les choses mêmes sont formées; la vérité de ces principes se montre à nous par les phénomènes, quoiqu'on n'en ait pas encore découvert les causes. Ces qualités sont manifestes, et il n'y a que les causes qui soient occultes. Les aristotéliciciens ont donné le nom de qualités occultes, non à des qualités manifestes mais à des qualités qu'ils supposaient être cachées dans les corps et être les causes inconnues d'effets manifestes, telles que seraient les causes de la pesanteur, des attractions magnétiques et électriques, et des fermentations, si nous supposions que ces forces ou actions procédassent de qualités qui nous fussent inconnues, et qui ne pussent jamais être découvertes. Ces sortes de qualités occultes arrêtent le progrès cle la philosophie naturelle, et c'est pour cela qu'elles ont été rejetées dans ces derniers ILI. — nr. 22
temps. Noos dire que chaque espèce de choses est douée d'une qualité occulte spécifique, par laquelle elle agit et produit des effets sensibles, c'est ne nous rien dire du tout; mais déduire des phénomènes de la nature deux ou trois principes généraux de mouvement, et nous expliquer ensuite comment les propriétés et les actions de toutes les choses corporelles découlent de ces principes manifestes, ce serait faire un progrès considérable clans la philosophie , quoique les causes de ces principes ne fussent point encore découvertes. Sur ce fondement, je ne fais pas difficulté de proposer les principes de mouvement mentionnés ci-dessus, puisqu'ils sont d'une étendue très-générale. »
On a souvent cité, à l'occasion de la thèse que je discute ici, la publication tardive de plusieurs travaux de Newton; il craignait, a-t-on dit, les tracasseries que la gloire scientifique amène inévitablement à sa suite, et faisait sans regrets les plus grands sacrifices à son repos intérieur. J'ai cru remarquer qu'il supportait impatiemment la critique, et que le déplaisir qu'elle lui causait était beaucoup plus vif que cela n'eût été convenable à un homme d'un aussi grand génie.
Ceux qui liront les polémiques que Newton soutint contre Pardies, Lucas, Hooke, Huygens, Leibnitz, reconnaîtront, je pense, la vérité de mon appréciation; ils les trouveront empreintes d'une vivacité qui donne la clef de bien des circonstances sans cela inexplicables.
Newton mourut de la pierre, le 20 mars 1727, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Son corps, après avoir été exposé dans la salie dite de Jérusalem, fut conduit à
Westminster. Les cordons du poêle étaient tenus par le grand chancelier et les lords duc de Roxburg, duc de Montrose, comte de Pembroke, comte de Susscx et comte de Macclesfield. Un splendide monument en marbre lui a été élevé en 1731 , dans une des parties les plus apparentes de l'abbaye où reposent les cendres de tant d'hommes célèbres. On y lit cette épitaphe :