‹ Œuvres de François Arago (volume 2)Chapitre 51 sur 79 · III. — m · texte numérisé non relu

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corps combustible. Cette prédiction, que les expériences des chimistes ont depuis confirmée, a été souvent citée comme une des preuves les plus manifestes du génie de Newton.

Le génie de cet homme immortel étant hors de question, nous pouvons, sans irrévérence, faire remarquer qu'avant l'année 1704, date de la publication du Traité tV optique, le diamant avait été brûlé dans une célèbre expérience faite sous les yeux du grand-duc de Toscane, par Averani et Targioni , membres de l'Académie del Cimcnlo. Cette expérience, où le diamant se dissipe tout entier, sans laisser aucun vestige, quand on le place au foyer d'un miroir ardent, est de 169/j. Ainsi, on peut dire que la remarque contenue dans V Optique de Newton, était une prédiction faite après coup.

Je donnai cette conclusion dans mon cours public d'astronomie ; un de mes auditeurs m'écrivit pour me reprocher vivement d'avoir osé la formuler. Je place ici la réponse que je rédigeai :

«La passion, sur des questions spéculatives, sur des questions du domaine de l'intelligence, est de nos jours une chose beaucoup trop rare pour que j'aie dû me formaliser de la vivacité de la réclamation. Elle aurait même été dictée en partie par une certaine susceptibilité nationale, que je n'y trouverais pas à redire. J'ajoute, afin d'être plus libre dans mes explications , que s'il fallait désigner l'homme des temps anciens et des temps modernes qui a fait faire le plus de progrès à l'astronomie, je n'hésiterais qu'entre Kepler et Newton.

«Je n'ai pas besoin de chercher d'autres termes pour

exprimer jusqu'où vont mon respect et mon admiration pour le philosophe anglais. Il est cependant une chose que je respecte encore davantage, c'est la justice, c'est la vérité. Tel est le sentiment auquel j'ai cédé en faisant la remarque contre laquelle on a réclamé.

« En 1694 et 1695, par ordre et sous les yeux du grandduc de Toscane, on projeta sur des diamants le foyer d'une lentille de Tschirnhausen.

« Les diamants finirent par disparaître entièrement. (Minéralogie d'Haihj, t. ni, p. 211, lre édition.) »

« Voici le passage de Y Optique de Newton si souvent cité : « Le camphre, l'huile d'olive, l'esprit de térébenthine, l'ambre, corps sulfureux et onctueux ; le diamant, qui est probablement une substance onctueuse coagulée, ont des puissances réfringentes proportionnelles à leurs densités respectives sans quelque déviation considérable. Mais les pouvoirs réfringents de ses substances onctueuses sont deux à trois fois plus considérables, eu égard à leurs densités, que les pouvoirs réfringents des autres corps, eu égard aussi à leurs densités. ( Optique, liv. n , p. 249, 2e édition anglaise, 1717. ) »

«La première édition deYOplique est de 1704. L'auteur disait dans l'avertissement qu'une partie de l'ouvrage avait été écrite en 1675, envoyée aux secrétaires de la Société royale, et lue dans les séances; que le reste, le troisième livre excepté , avait été ajouté douze ans plus tard ou en 1687. Mais la publication n'eut lieu qu'en 1704, dix ans après l'expérience du grand-duc de Toscane. »

Dans le cadre que nous nous sommes tracé pour la

rédaction des biographies des principaux astronomes, nous n'avons pas à insister sur les travaux mathématiques de Newton. Nous n'entrerons dans aucun détail sur la longue polémique qu'il soutint contre Leibnitz à propos de la découverte du calcul différentiel. Quoique la Société royale ait donné raison à Newton par une décision solennelle, nous ne pouvons partager une telle opinion, que n'a sanctionnée d'ailleurs aucun des grands géomètres modernes.

Nous signalerons seulement les trois principaux ouvrages mathématiques de l'illustre astronome.

Anahjsis per equaliones numéro terminorum in fini tas (publié en 1711). Cet ouvrage, dans lequel on trouve plusieurs applications de la doctrine des fluxions découverte par l'auteur, longtemps auparavant, fournit une preuve du génie mathématique de Newton.

Arithmclica universalis sive de compositione et résolutione arilhmetica liber. Cet ouvrage a paru en 1707 ; il est éminemment digne de l'attention des géomètres, qui y trouvent les plus habiles combinaisons des formules analytiques et les moyens d'obtenir les résultats de la simplicité la plus élégante.

Methodus différent! alis. Cet ouvrage, publié en 1711 , apprend à déterminer la courbe du genre parabolique qui peut passer par un nombre déterminé des points donnés et fournit des méthodes très-utiles pour l'évaluation approchée des quadratures.

Nous ne ferons pas mention ici des écrits théologiques

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