‹ Œuvres de François RabelaisChapitre 242 sur 327 · CHAPITRE XLVIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIT

Comment le diable fut trompé par une vieille de Papetiguière.

Le laboureur, retournant en sa maison, estoit triste et pensif. Sa femme, tel le voyant, cuidoit qu'on l’eust au marché desrobé. Mais entendent la cause de sa mélancholie, voyant aussi sa bourse pleine d'argent, doulcement le réconforta et l’asseura que de cette gratelle mal aulcun ne lui adviendroit : seulement que sus elle il eust à se poser et reposer. Elle avoit ja pourpensé bonne issue. « Pour le pis, disoit le laboureur, je n'en aurai qu'une esrafflade : je me rendrai au premier coup, et lui quitterai le champ.— Rien, rien, dist la vieille, posez-vous sus moi et reposez : laissez-moi faire. Vous m'avez dict que c’est un petit diable : je le vous ferai soubdain rendre le champ, et nous deniourera. Si c'eust esté un grand diable, il y auroit à penser. »

Le jour de l’assignation esloit lors qu'en l'isle nous arrivasmes. À bonne heure du matin, le laboureur s’estoit très-bien confessé, avoit communié, Comme bon catholique, et, par le conseil du curé, s’estoil au plonge caché dedans le benoistier, en l'estat que l'a-

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