DE CM.I
• désormais je veuille exiger de îa foi; a Ma inprt est un bienfait que j'espère de toi... >> En vain , pour apaiser le trouble de mon âme, Elle attestait eucor nos plaisirs et sa flamme. o Moi .céder à tes vœux Prépondre à tes transport.', ? Regarde ce cadavre... et connais mes remords :
. porte ailleurs tes feux , tes caresses , tes la i Barbare; laisse-moi : périssent tous tes ci . m
s tout agité d'un trouble furieux.
!eau de ma vie était devant mes y s les horreurs dont j'aî souillé ma gloire enfin accablaient ma mémoire.
Plein de haine pour moi , n'osant plus me monl
•ne aux magistrats je courais me livrer, Quand mes amis tremblans, alarmés pom' ma iw'entrai'nent avec eux loin de l'ignominie. Je viens dans cet asile, et, depuis ces mornens , Solitaire , j'y vis dans le sein des tourmens ; Le vautour tourmenté d'une faim dévorante . ne moins son bec à sa proie expirante. Que le remords ne poigne et déchire mon cœur. Toujours sombre, farouche, tet% couvert de pâli cite, je languis au alarmes;
nourris de fiel . je m"abi;euve de lai . le sommeil, el le sommeil me œil blessé dn jour voit à regret la nu, Je voudrais me cacher à la Nature entière
i44 OEUVRES
M'enfoncer tout vivant dans le sein de la terre , Et ni' éloignant d'un inonde où je suis trop connu, Le forcer d'oublier que Dorval a vécu.
Souvent, croyant tromper l'ennui qui m'inquiète, J'erre dans ces jardins qui bordent ma retraite ; L'ennui marche avec moi: tout est noir à mes yeux ; Un nuage éternel me dérobe les cieux; L'onde frappe mes sens d'un lugubre murmure ; L'horreur qui règne en moi s'étend sur la Nature ; La crainte est dans mon cœur, le trouble en mon esprit ; Partout en traits de sang mon forfait est écrit.
Quelquefois, espérant désarmer sa colère, Prosterné devant Dieu, je lui fais mjpi prière : « Toi qui vois mes remords, qui sais mon repentir, « Qui peux finir mes maux ou bien m'anéantir ; « Il en est temps, grand Dieu! consulte ta clémence, « Ou, le tonneri-e en main, consomme ta vengeance; « Coupable, hélas! Dorval dut être châtié; « Malheureux maintenant, j'ai droit à ta .pitié. » Mais ce Dieu courroucé , prêta me mettre en poudre, Pour réponse à mes voeux me présente la. foudre. Sur la terre aussitôt je tombe plein d'effroi , Et la terre , en grondant , semble s'ouvrh\sous moi. Je me lève égaré... des spectres m'environnent ; J'erre , je fuis , j'entends des accens qui m'étonnent ; Je m'arrête, j'écoute... et soudain Bélidor
Me découvre son sein de sang tout rouge encor : Il me montre en pleurant sa blessure mortelle ■ « Vois l'ouvrage , dit-il , de ta main criminelle ; « Mon amitié, tes jours que mon bras défendit, « Tant de dons que sur toi ma bonté répandit , « Regarde, ils ont produit cette reconnaissance : « Tremble, le juste Ciel va remplir ma vengeance, »
Il disparaît , et moi , je le suis à grands pas ; Je le rappelle en vain , j'ouvre , je tends les bras , Je l'embrasse , il s'échappe, et je le suis encore : Chère ombre, ô mon ami !... tu fuis, et je m'abhorre ! Viens, parle, entends ma voix, qu'exiges-tu? mon sang ? Vois-le couler, ce fer va déchirer mon flanc : Un moment; chez les Morts je suis prêt â te suivre... Kélas ! c'est mon désir, mais on me f<jrcc à vivre : Les lois , Dieu me défend , par un ordre cruel , De porter en mon cœur moi-même un fer mortel ; Mais quand du haut du trône où s'assied la Justû e J'entendrai prononcer l'arrêt de mon supplice , Rien ne peut m' arracher à ce juste dessein... D'un bras ensanglanté je percerai mori"sein... Eh ! qu'importe, mon frère, à l'état , au Ciel même , Quand les vengeurs des lois , par un ordre suprême, Condamnent un coupable à descendre au tombeau , Que son glaive l'y plonge, ou le fer d'un bourreau ? Je vengerai les lois, je punirai mes crimes ;
i46 ŒUVRES
Mais je ne veux point être une de ces victimes Qui, mourant au grand jour d'un infâme trépas, Servent d'exemple à ceux qui marchent sur leurs pas. Ah ! qu'il en coûte au cœur qui perd son innocence !
Mais qu'entends-je?.. un bruit sourd.... et vers moi l'on s'avance!
C'en est fait , malheureux !... mon asile est connu. La liberté, l'honneur, pour moi tout est perdu ! Que faire?... me défendre ? ou m'arracher la vie ? Me défendre !... estun crime... ah ! fuyons l'infamie... Qu'est devenu mon fer?., frappons, j'en ai le temps... Mais le bruit a cessé... rien ne s'offre à mes sens... Vivons... Ah ! Mélidor ! quel démon me .tourmente ! La feuille qui frémit me glace d'épouvante. Je demande, je crains tout-à-la-fois la mort. Quand verrai-je, ô mon Dieu! le terme de mon sort? Ces remords, ces combats, ces tourmens, ces alarmes, N'auront-ils point de fin? point de trêve à mes larmes?
Venez, venez me voir, vous qui dans les plaisirs Apaisez sans terrenr la faim de vos désirs ; Approchez, contemplez ce corps pâle et livide, Ces yeux creux et flétris, ce front que l'ennui ride , Ce cœur par les remords percé, mis en lambeaux : L'amour des voluptés a causé tous ces maux. Et toi, mon frère , et toi... que toujours mon image Soit présente à tes yeux, t'écarte du naufrage-... Par les tourmens affreux dont je suis abattu ,
Présume le bonheur dont jouit la vertu... Ah ! si je revivais, mes jours tissus de crimes, Qu'ils seraient înnocens!... Souhaits illégitimes! Adieu, mon frère , adieu... je t'ai tout révélé... Sois heureux, surtout sage, et je meurs consolé.
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