ODE A MONSIEUR
A nos désirs Kentôt vous rendent pour jamais! S’ils poæS^ent la^sœur, nécessaire à leur joie,
, 'Qu’au moins Paris revoie Le frère qui.se doit au bonheur des Français!
JT'
J’ai vu l’Impiété, de forfaits surchargée, Triomphante, et partout en Sagesse érigée,
Sur nos autels détruits marcher impunément :
Ses soldats, du Très-Haut vainqueurs imaginaires, ♦ * .
Par ces blasphèmes téméraires
Annonçaient aux mortels leur gloire d’un moment
« Nous t’avons sans retour convaincu d’imposture,
« O Christ I toi qui disais : Ma loi solide et pure
« Doit survivre au soleil allumé par mes mains :
« Le soleil luit encore et dément ta paaole;
« Où règne enfin ta foi frivole,
« Fantôme, autrefois Dieu des crédules humains?
»■ Il , '! JL^'
LE JUBILÉ. lis
« Les peuples ne vont plus, aveuglés par tes mages,
« Suspendre leurs présents autour de tes images,
K Tributaires craintifs d’un bois mangé des vers.
« L’enfant même se rit de la mère insensée
« Qui veut dans sa jeune pensée '
« Graver un Dieu menteur, banni de l’univers.
« Tombez, temples chrétiens, désormais inutiles 1 U L’oiseau seul de la nuit, ou des prêtres serviles '
« Fréquentent de vos murs la sombre et vaste horreur.
« Embrasez-vous, autels! Rentrent dans la poussière, .
« Avec leur idole grossière,
« Tous ces' tyrans sacrés qui trafiquent l’erreur I »
Ainsi parlait hier un peuple de faux sages :
Si ce roi- des soleils, sensible à leurs outrages.
Eût dit dang sa pensée : Ingrats, vous périrez;
Le tonnerre, attentif à son ordre suprême, . ' .
Se fût éveillé de soi-même, ,
Et fes eût parmi nous choisis et dévorés.
Mais tu l’as commandé, la foudre, est assoupie,. , . ,
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lli , LE JUBILÉ.
Grand Dieu! tu veux confondre, et non perdre l’impie. « Fais triompher ma loi; renais, temps précieux,
«O temps où de la grâce ouvrant la source immen.se,
« Durant deux saisons de clémence,
« Mon Église élargit l'étroit sentier des cieux. »
Eh bien! sages d'un jour, ces temps viennent d’éclore; Demandez au Seigneur où sa loi règne encore;
La loi du Tout-Puissant fleurit dans nos cités;
Elle charme vos fils, elle enchaîne vos femmes;
Elle vit môme dans vos âmes.
Dont l’orgueil déicide étouffait ses clartés. \
Ouvrez les yeux, pleurez vos triomphes stériles ; ^
O Babylone impure! ô reine de nos villes.
Longtemps d’un peuple athée exécrable séjour 1 ‘
Dis-nous, n’es-tu donc plus cette cité hautaine Où l’Impiété, souveraine.
Avait placé son trône et rassemblé sa cour?
Sitôt qu’aux champs de l'air l’œil du jour étincelle.
Sur les pas de la Croix qui marche devant elle ,
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