LE NOUVEL ÉPICURE
G’ost à toi seule que je bois ;
A toi, qui fais le bonheur de ma vie.
Quoi ! tu crains d’apprbcher ce verre De tes lèvres, siège des ris!...
Savoure ce nectar plus clair que le rubis...
Courage... il eût tenté la reine de Cythère.
Mais de quel feu nouveau ont pétillé tes yeux !
Ton sein et s’élève et s’abaisse...
Il semble à mes regards que ton être renaisse.
Est-ce toi?... C’est Hébé... près du maître deidieux.
L’amour est sur son teint, la soif est sur sa bouche.
Je puis, sans qu’elle s’effarouche.
Lui dire : Aimons, buvons, prolongeons nos printemps. Ceux-là craignent la mort, qui n’ont point dans l’ivresse Appris à dédaigner ses arrêts menaçants :
Trembler pour l’avenir, y réfléchir sans cesse,
C’est mourir à tous les instants;
Mais nous, dans les plaisirs plongeant notre jeunesse,
De Bacchus, de l’Amour suivant les douces lois.
198 LK NOUVEL Él'lCUKE.
Nous jouirons sans cesse,
Kl nous ne mourrons qu’une fois.
Nos jours seront semblables Aux ruisseaux enchanteurs,
Qui promenant leurs flots sur des tapis de fleurs, Vont insensiblement se perdre dans les sables.
Buvons, Doris, profitons de ce jour.
Prêt à nous fuir, prêt à renaître; (Consacrons nos moments aux plaisirs, à l’amour, F,t nous informons pou si la mort va paraître.
A MAOEMOISEU.E HOSALIE
Vous voulez donc toujoui’s m'accuser d’imposture? Plus de ma vive ardeur ma bouche vous assure. Moins votre esprit m’en croit! plus je suis maltraité! O chère Rosalie!... avec tant de beauté.
Doit-il être étonnant que vous charmiez une àme?
« E’est avec moins de feu que s’exprime un amant. » Cruelle! dites mieux; quand un cœur est de flamme. L’homme ne doit jamais s’exprimer froidement.
Mais de vos cruautés je vois la source amère :
De peur d’être contraint d’y donner du retour, Souvent de fourberie on accuse l'amour,
Et si j’étais aimé, vous me croiriez sincère.
Ouand je vous dis : Ces yeux vont droit au cœur : Les Grâces de leurs mains ont formé ce visafte;
A MAU£M01SKLLK UUSAE1E.
Vous répondez : L’amant est tendre, et non flatteur, lili bien ! vous le voulez : je change de langage, Écoutez-moi : Ces yeux ne disent jamais rien :
Cet teint fade est semblable à la rose séchée.
Rien ne séduit en vous... Quoi! vous voilà fâchée? Je vous parais grossier!... je le prévoyais bien. Dites-moi donc comment je dois parler pour plaire : l’eut-on ne pas louer l'objet de son ardeur?
Reut*ètre, en vous vantant, qu’à vos yeux j’exagère; .Mais je dis moins encor que n’aperçoit mon cœur.
Digilized by Goojle