POE SI H S
Ch~at da sôir ¡,
Chant dtttotr de i'ardaté.
Ah! si la secrète fqi'ce créatrice se répandait dans ut mon être! Si une figure pleine de vigueur naissait sous mes doigts! Je ne fais que trembler, je ne fais que tâtonner) et pourtant je ne puis quitter ~ouvrage. Je te connais, ô nature/je te sens, il faut que je te saisisse.
Si je songe ensuite comme depuis maintes années mon senti-ment déjas'epanouit~ comme, aux lieux qui n'étaient quebruycrcs arides, il s'abreuve aujourd'hui a des sources de délices: Nature) que je languis après toi Quand pourrai-je te sentir aimante et fidèle? Tu seras pour moi: l'eau jaillissante, qui s'échappe de mille tuyaux pour jouer dans les airs, Tu verseras la joie dans toutes les forces de mon Ame, et tu étendras mon étroite existence dans le champ de l'éternité.
M~c pohnatMear et l'artiste.
LE CONNAiSSEUR. Bien, fort bien, monsieur! Mais le c6te gauche n'est pas tout a fait pareil au droit; ceci me semble trop long et ceci trop large; cela grimace un peu, èt la lèvre n'est pas tout a fait nature. Tout cela est encore bien mort. L'ARTISTE. Oh! conseillez-moi) Aidez-moi) afin que je m'ac-complisse 0~ est-elle, la source première de la nature? Qu'elle m'abreuve 1 que je sente le ciel et la vie couler au bout de mes doigts et se manifester! Que je puisse faire, avec un sentiment divin et une main huhiaine, ce que je puis et dois faire par un instinct brutal avec ma compagne t Ls CONNAISSEUR. C'est vous d'y songer.
L'~HHSTE. Ah) vraiment?
t~econna<Menreit'en<h<m<<Mte.
Je conduisis un ami chez une jeune nHette; je voulais le faire jouir de tout ce qu'elle avait c'était assez de joie! Une ardente et vive jeunesse 1. Nous la trouvâmes assise auprès de son lit, la tête appuyée sur sa menotte. Monsieur lui fait un compli-ment, et puis il s'assied devant e}!e. Il lève le nez, it Ja re-garde fixement il l'observe du haut en bas. Pour moi, bien-tôt je n'y tins plus; j'étais hors de moi.
PO~SlHS.
Le cher monsieur, pour tout remerctment, me mené dans un corn, et me dit qu'elle est par trop svelte et qu'elle a des taches de rousseur. Alors je dis adieu a ma mignonne, et, en partant, je levai les yeux au ciel Seigneur, Seigneur, ayez pitié de ce monsieur!' D Puis je le mené dans une galerie, où lé génie de l'homme brille en traits de flamme. H j'éprouve la même chose, je ne sais comment tout mon cœur est saisi < OpeintrC) m'écriai-je, qUëDtëuterécompensc pour ta peinture) La plus belle nàncée pourra seule te payer pour'nous.' Cependant monsieur faisait sa ronde, et se'curait les dents, et hic passait en'revue mes His de dieux. Mon cœur était aussi plein, aussi oppressé, que s'il eût porte cent mondes en lui. Pour lui, il trouvait ceci trop long, cela trop court; il pesait tout fort posément.
Alors je me jetai dans un coin, les entrailles me brûlaient. Et les gens se rassemblaient autour de lui et l'appelaient un connaisseur.
Monotone de t'<nnttte<tr.
Que te sert l'ardente nature étalée devant tes yeux? que te servent lès œuvres de l'art qui t'environnent, si l'aimable force Créatrice ne remplit pas ton âme, et ne devient pas, dans ta main, capable de produire a son tour?
«ton coMett* Il y a des jours où l'on ne peut sounrir m soi ni les autres, où rien ne se passe au gré de nos désirs et pourquoi en serait-il autrement dans les arts~ Ne vous tourmentez donc pas & contre-temps; car l'abondance; la verve et la force ne sont ja-mais loin; si vous êtes reste en repos dans la mauvaise heure, la bonne en sera meilleure pour vous.
~pttfe.
Jeté prêche encore ici mon vieil évangile; mais je me sens dans d'heureuses dispositions, c'est pourquoi je vais te le cou-cher par écrit.
Je me procurai de l'or, je me procurai du vin, j'assemblai tout cela à présent, pensai-je, a présent nous aurons de la chalcuri môh tableau va~efcr des nannncs. Je prodiguai aussi l'ardeur et la ricliesso auprès de la Heur des trésors iitais, ¡ pour nous réchauffer, la chair humaine vaut mieux que tout le reste.
Et qui ne juge pas,mais est assidu a l'ouvrage,' connue tu l'es, comme je le suis, le traçait le récompëhsepar le plaisir;' rien au monde ne lui'caûse (iu'degbotj car i! ne s'amuse pas à regarder, tes dents agacées, le boùini et le rôti; qu'à la ftn, si proprement qu~ lés mAchC) il ne dtgcrcpas ibrt bien; mais it prend uh manche de jambon~ il y côtipe bel et bien~ à Ja taçoh de l'ouYr!er;it remplit ie verre jusqu'au bôrd~i~~ boit et ne s'essuie pas même la bouche. Voila comme la nature est un livre vivant, incompris, mais non pas incompréhensible car toutes les joies que'peut offrir le monde, tout le soleil et tous les ombrages, toutes les plages et tous les rêves, tu nourris le vaste désir de les rassembler dans ton coeUr, comme un Uanks, un Solander, investigateurs du monder Et quelle joie pour toi, de sentir que tu trouves tout en toi-mcmc; quêta femme et tes chiens te donnent plus de plaisir que nul n'en goûta jamais' dans l'Elysée, se promener agréa-blement avec les ombres et à côtoyer des beautés divines) Ce n'est pas dans Home,dans la Grande-Grèce,c'est dans ton cœur, que réside la joie. Celui qui s'en tient a sa mère, la nature, 1 trouve Un monde dans son verre.
~<!drot(ttet~r<~<e.
Un peintre religieux, avec beaucoup de travail, avait quel-quefois remporte le prix, et quelquefois aussi il avait du se résigner a passer après un plus habile, il avait continue do, peindre ses tableaux, selon qu'on les vantait et qu'on les payait Quelques-uns furent distingues: on leur bâtit même un sanc-tuaire.
Un jour, il trouve l'occasion de peindre la muraiiic d'une salle. D'une main diligente, il peuple son tableau de ce qu'on voit communément dans le monde; il trace une esquisse nette t. On sait que l'Anglais Joseph Banks et to Su&tois Uanie! Sofander se sont Utustrts par teurs travaux et leurs voyages sctentitiques.
GOETHE.–t. H
rof:sins.
et légère; on pouvait voir quelle était sa pensée. 11 colore sobrement~ mats'de telle façon que l'oeil est saisi. Il croit son œuvre convenable pour la place, et pas trop'bieh et pas trop ` mal, pour qu'elle rassemble des messieurs et des dames, et qu'ils la voient avec plaisir; au reste il désire, il veut aussi, que le tableau fasse penser.' Quand le travail fut acheva arriva maint couple d'amts,qut goûtaient les ouvrages de; nôtre ariistë.taussijfur~ bièn affligés de ne pas voir sur la h~uraille frivole ef.vide ta figure de quelque dieu, ils lui demandèrent aussitôt pourquoi il avait fait une pareille pemture eh effet tasàlle et ses murs ne con-venaient qu'a des mains folles. Il ne devait passe laisser séduire, ni barbouiller encore des bancs et des tables; il devait s'en tenir a ses toiles, et faire parler ses pinceaux avec grdce. Ils lui adressèrent en face mille compliments de même sorte. Il répondit modestement t < Votre bonne opinion me rend confus; rien ne m'est plus agréable au monde que de voir mes ouvrages vous plaire, M*ais, comme le Seigneur DieU créa, de sa propre volonté, toute espace d'animaux; que même l'affreux pourceau ) les crapauds et'les serpents sont l'oeuvre du Sei-gneur; qu'il n'a fait non plus qu'ébaucher maintes choses, et n'a pas tout achevé (et, l'homme lui-même, il ne faut pas l'ob-server d'un regard trop perçant, mais seulement en gros ") moi aussi, pauvre diable, de la race humaine pécheresse, des ma jeunesse j'ai taté de mille plaisirs, et me suis exerce à mille choses, et, par pratique et par bonheur, quelques ouvrages, lites-vous, m'ont réussi. Or il me semble qu'après tant de courses et de voyages, nous avons aussi le droit.de respirer un moment, sans qu'aussitôt quiconque nous veut. du bien doive nous qualifier de rustre paresseux.. `.
Aussi mon dicton est pour le présent ce qu'il fut toujours je n'ai jamais tiré gloire de mon travail et ce qu'ont fait mes pinceaux, ils l'ont fait.
t. Ces deux mots sont en français dans roriginat.
tirtmdeëottttiO~aMedttIËptt~eM.
(AttcsdMApAtrM.XtX~M.) Un orfèvre d'i~ph~sc était assis dans son atelier~ H forgeait) aussi bien qu'il pouvait~ sans rëMche) aussi étëgamm~ qu'il savait. Des'son ënfance~ë~sa~ëû~esse~iÏs~ le tëh)p!e,'devàhtîëtronëde ta deesse~t, commé'son père le lui avait enseigné, il avait udèîetnëni !un6a la maison la~ëmïurë, sous les thàtnè}!es,'6u ntch~ht tant d~nimaux,'ëUtpqursuiva4t son'travàUing~hieux~ passant sa Yteda~ tî « 1 ié âcti~vité~ Toutàcoup''i!~tend !es'n'a~s~is'd~un6''poputaceso~ev~ comme s'il y avait dans !~oefxet!e,~§ l'homme, derri&fë son front stupide) un Uieu p!us)nagniHqùe que t'être dans teque! nous tisons là grandeûr'dè'!a'dtvm{t6:Le'vie~~ a r t i's~ 1 -'é (S- e>- ~~n i t e de prêter l'bréihëïil'!aisse'c<)urir'sôhj~~ 8 piâé~ 'p{¡~ b!ique; it continue limer tes certs, tes animaux, qui décorent les genoux de sa déesse, et il espère que !a fortune favorable lui donnera de modeler digiic'meht le visage.
Mais/st quelqu'un'l'entend d'autre ~ôn, il peut agir a sàL fan-taisie seulement il hë doit pas insulter le métier, sinon i! fera une mauvaise et honteuse fin.
Homëreest nommé des longtemps avec honneur, et mainte-riant Phidias aussi est devenu célèbre. Désormais rien ne lutte avec eux que cela ne facile personne.
Soyez les bienvenus, nobles hôtes, pour tous les vrais cccur& allemands) Car 16 sublime, l'excellent, est seul profitable à ~'esprit. EtttboMttMme.
tu te bornes & prendre là Muse par les cheveux, tu as fait peu de chose l'art et le génie, &Ieur suprême degré, charment tous les hommes.
H<ndew.
Imitation de la nature. de la belle nature). Moi aussi j'ai suivi cette voie; j'ai voulu accoutumer peu a peu mon goût a s'y plaire, mais, aussitôt que je fus un homme, je ne vis plusque lesGrecs!
type.
Il n'est rien dans la peau qui ne soit dans l'os. Chacun éprouve m) sentiment de répugnance devant un mauvais tableau, qui lui blesse les yeux..
Qu'est-ce donc qui charme chacun? De voir s'épanouir ce qui est déjà. bien formé au dedans que l'objet se développe en sur-face polie ou en couleurs, c'est une loi qui lui est prescrite par avance.
tn~tpenMbte.
Le crayon a produit eh sé jouant mille jolies choses, mais, tout bien pesé et considère, il manque toujours le bocage et le moUlin*.
Quand le peintre essaye de représenter les images des dieux, il formesa plus haute entreprise;mais, ce qu'il tient pour im-possible, ourir a l'amant l'image.de la bien-aimée, qu'il veuille aussi l'essayer! Unrcvc réussira.une ébauche légère sera reçue avec allégresse.
Kê<OMM.
Artiste, si l'intérieur manque de souplesse, cela n'est pas agréable; les lignes traînantes et vagues nous sont aussi tout a fait odieuses; mais, si tu viens à t'apercevoir que tu n'as pas réussi, le chemin de la véritable nature idéale s'ouvre des lors devant toi.
Modernea.
<r Mais comment Jean van Eyck peut-il seulement se mesurer avec Phidias? Oubliez, c'est mon avis, oubliez d'abord l'un après l'autre. Car~si vous fussiezdemeuré toujours auprès d'une seule femme, comment pourriez-vous aimer encore? Il en est ainsi de l'art, ainsi du monde :une'chose nous platt après l'autre.
t/amateur et t'ar<ta<e.
Des feuilles esquissées tnnidenicnt d'après nature sont-elles ).LtmMitationet)etra\ait'? '1
roËsiKS.
~nc fois rassemblées, elles expriment peut-être l'art et la vie, mais vous, dans là courôhhedé l'artiste, faitesquc chaquefeutlle soit pour vous le tout, et vos enbrts sont récompenses.
f*y<mtre.
Que toute là campagne est riante) ta maison du paysan bien lavée, lé gazon,'Ie feui!!agc~ ba~ghcs de rosce~ !â frange des mon-tagnes d'un b!eù màgniCque Voye~ ce petit huaget comme i!joue et se rafraîchit dans )e purëther! Si un Flamand se trouvait ici, en vérité, il s'y ëtàbitraitsùr-ie-champ~et~ ce qu'il aurait vu, et sa peinture~ cent ans après, on les payerait encore. Eh bien, que te semble de tout ce!a? Ceta brille comme a travers une gaze d'argent) cela est transparent { derrière se trouve Une lumière. le plus aimable visage t A la lueur d'une lampe si douce, on trouve clair et limpide tout ce qui serait sans cela un aurcux pelc-mcie. une chose ordinaire et commune. Si l'es-prit et les bienséances de l'art vous manquent !'amour saura bien y pourvoir'.
i, Ap~scettcpi~ce vient te Chant de !'<tf<t'!f<.0ntetfou\eraatt t. VH, p.24T.
PARA~OI.ËS~
Ce qat nous tff!ige ttaM ta rte, on en joutt
Totontitrsentm~e.
EtpttcttUan d~Mne gemme anttqne.
Un jeune figuier s'étëve dans Un beau jardin; auprès estassis Un bouc, comme s'it vou!au!e garder.
Mais, Quiritcs, commeon se trompe! L'arbrecstma! défendu; ¡ et, de l'autre coté, bourdonne un scarabée qui vient d'éclore. I! vole, le héros cuirasse, et il grignote dans les rameaux, et, de son coté, le bouc a grande envie de sedresser tout son aise. Aussi voyez, amis, l'arbrisseau déjà presque dé{)oui!!é de fcuitics it est ]a tout triste 6t H imp!orc les dieux. C'est pourquoi écoutez ces bonnes leçons, enfants, dans votre âge tendre du bouc et du scarabée il faut garder l'arbrisseau.
Le pAt~ de chat.
Si un regard libre et irahquiDe annonce rinvestigaieur de la nature, que la géométrie le suive la trace avec précaution et confiance.
A la vérité i'un et l'autre dons peuvent aussi-se réunir chez un homme; mais, que ce solent deux métiers, c'est ce qu'on ne saurait nier.
I! y avait une fois un brave cuisinier, habile dans son art; i! lui prit un jour fantaisie de faire le chasseur. H se rendit, armé d'un fusil, dans la verte forêt, of) le gibier
PORStHS.
foisonnait, et bicnt6t il tiré un chat, qui se régalait de petits oiseaux.
Il te prit pour un lièvre, et n'en voulut pas démordre; II en ni un pâté bien éptcé et le servit aux gens.
Mais cela fâcha maintscohvives, certains palais subtils. Le chat que tire le chasseur, le cuisinier n'en fait jamais un lièvre.
tMtUtce'.
C'est ic) que, sous têtu-propre nom !es lettres se rassem-- MaiehtaUtrcfbis.Ilabniéesd'éearlatC) les vôyeltés siégeaient aux places d'honneur. A, E~ 1~ 0, U'poussaiënfdescrisétrahges. Les consonnes vinrent~ d'une marche compassée, et durent pre-mièrement demander d'être admises. Le président A leur était favorable on !cur assigna dés p!accs. Mais d'autres durent se tenir debout telles furent Pli, TiL, et semblables consonnes. Alors on se mit à bavarder sans rime ni raison c'est ce qu'on appeHc une Académie.
t~ende.
Un saint homme rencontra dans le désert, a sa grande sur-prise, un faune aux pieds de chèvre, qui lui dit Seigneur, prie~ pour moi et pour ma compagne, afin que je sois admis dans le ciel aux délices des bienheureux nous en avons soif. Le saint homme répondit Ta prière est fort délicate et sera dif-ficilement exaucée. Tu n'arriveras pas à être salué par les anges, car tu as un pied de chèvre. L'homme sauvage repartit « Que vous a fait mon pied de chèvre? N'ai-je pas vu maints person-nages aller au ciel, bel et bien, avec des têtes d'dne? Il
Les au<eurt.
Dans la prairie, le long du ruisseau, travers son jardin, il cueille les plus jeunes fleurs; l'attente fait battre son cœur son amie vient.) ôjoict o bonheur! Jeune homme, tu échanges tes fleurs contre un regard.
Le jardinier voisin t'observe par-dessus la haie. « Moi, je se-rais si fou?. Je prends plaisir à cultiver mes Heurs, défendre 1. Ce titre est en français dans l'original.
POËStRS.
mes fntits contre !es oiseaux; mais, s'i!s sont m~ de l'a'rgèilt; mon âtmiDdis-je'perdre'ma peine?'.
Têts sont les àùteiu's, & ce qù'H semble t'un ;prodigùe ses jouissances a ses atnis, au pub!!c, l'autre commence par se faire payer.
Le erittque.
Un drotc vint dtner chez moi.'tt'he~me nit pas trop a charge ¡ j'avais justement mon ordmaire~ Le .s'empifire it avale,au dessert'ce que j'avais mis eh rësërvë,et,~ peine est-it rassasie; que !e diab!e te inehë ctiez le voisin pour raisqnnersur ma cuisine. < La soupe aurait pu être mieux assaisonnée, le r6ti p!us brun, le vihptUs lait. Matedictîôn t Assomme-moi ce chien I C'est un critique.
M~tuMtear et le er«t<ae.
Un petit garçon avait Une tendre colombe, de couleur belle et bigarrée; ii la chérissait a la manière des enfants; il lui donnait la becquëede ses lèvres; etil prenait tantdeplaisira sa colombe, qu'il ne pouvait s'ch amuser seul.
Non loin de là vivait un vieux renarde expérimenté, savant et bavard par conséquent tit avait maintes fois diverti l'enfant) habté et bavardé de prodiges et de mensonges. "Itfaut pourtant que je montre mon renard ma colom-beUe, It courut et te trouva couché dans les buissons. 'Vois-tu, renard) ma chère colombe, ma colombe jolie? 'As-tu vu de tes jours une colombe pareille?
"Montre-Ià-moi) L'entant la donne. « EHe n'est pas mai: mais il y manque bien dès choses encore. Les plumes, parcxcm-p!e, sont trop courtes. Puis it se met à plumer le r6ti. L'enfant de crier.
II te faut en planter de plus fortes autrement ça n'est pas joli, ça ne vole pas. L'oiseau était nu.unmonstre! et puis en pièces! L'enfant a le cœur déchiré.
Qui se reconnait dans cet enfant se donne garde des renards J
~féoto~ae*.
Je rencontrai un jeune homme et lui demandai son métier. M dit « Je travaille du mieux que je puis, afin de m'acheter, avant de mourir~ une petite ferme. "Jelu! dis <,C'estfprt bteh pense, 'et je souhaitai que ce futdéj~ pour lui chose faite. J'ap-pris alors'qu'il tenait de son cher papa, et aussi de madame sa mère, de magnifiques seigneuries.
Voilà ce que appelle des esprits originaux
t~pite~némr. "¡ :.¡, l Un sot impudent/qui jugeait que les. choses artistemeht éta-lées sa vue) par les soins dé l'artisan, étaient 1~ ppUr lui seul) mahiait pêle-mêle les brillantes marchandises de l'homme pa-tié iiil-etlès"é~àluàit- 8 fi ai bien clièrs le bon tient, et le~ évaluait a sa fantaisie) le mauvais bien cher, le bon a vit prix, sans gène, lé visage riant, puis il s'en allait et n'a-chetait rien.
Cela (mit par fâcher lémarchànd et, au bon moment, il chaune & brûler un élégant ~fermoir d'acier. Notre sot s'écrie d'abord « Qui adiètera de si mauvaise marchandise? L'acier en éstafïrëusëmentternit 'II y porte bêtement la main, et pousse des cris lamentables « Qu'y a-t~il?' dit le marchand. Et le a quidam de s'écrier Quelle froide plaisanterie
t<e cttbmMdeaf.
Nous chevauchons deçà, delà, après les plaisirs et les afïaires mais sans cesse on clabaude et !'pn aboie derrière nous autant qu'on a de forces. Ainsi le roquet veut nous accompagner saus cesse quand noussortons de notre écurie, et les éclats de ses aboiements prouvent seulement que nous chevauchons.
t~ c<-t4brt<é Sur les grands et les petits ponts~se voient des. NëpQtpùcenes de toute forme ) d'airain ) de bois peint, de pierre, grands comme des colosses, petits: comme des poupées. Chacun y fai< ses prières, parce que Nepomucenc perdit !a vie sur !e p.ont. Quelqu'un est-il une fois c!ev~ au rang des saints~ avecia tctc et les oreilles, ou bien a-t-il misérablement tini sa vie. par les 1. Selon Viehofî, ces originaux sont certains écrivains allomands, qui possè-dent un noble et riche idiome, et sont à la recherche de quelques termes nou-veaux dont la langue pourrait se passer.
Comp. p.MO. mains du bourreau~ il â désorma{s qualit~pour briller~au loin en image. GràYuresur~Utvre) gravure sur bpis, s'empressent de le ~ire cohnattre & tous tes mondes toute figure est bien reçue, si elle peut iairp.étalage de son nom et nous savons ,que le Seigneur Jésus ne s'est pas vu mieux traitée Mémo~ !esnls des hommes, moiti.é~ pé~ne9r,! là M. Werther s'étaIeUui-meme a hos.yeux dans~Ia gloire de la gravure. Cela prouve'd'abord en faveur de son mente, qu'avec des gestes pitoyables il brille dans toutes les foires, et se voie pendu dans les salles d'auberge. Chacun peut dire, en te mon-trant avec te bâton t A'l'instant, la balte va frapper ]e crâne, s Et chacun dit) buvant sa bière et mangeant son pain s Dieu soit loué Nous autres nous ne sommes pas morts
t<eje<t<etp]r~tre*. pr~t~e~ Dans unevine où ia parite~subsiste~ncore selon l'ordre an-tique) c'est-à-dire'on; catholiques et protestants s'accordent entre eux, et ottchacun loué Dieu a sa manière, comme ont fait nos ancêtres, noùa.Vivions, nous autres entants lutMriens, d'un peu de prêche et de chant, mais le carillon des catholiques ne nous en plaisait que davantage, car tout cela était si beau, si bi-garré, si amusant à voir!
Or, comme les singes, .les: hommes et les enfants:sont nés pour l'imitation nous inventdmes, pour passer, le ~temps ) un jeu par excellence) le jeu des prêtres, Pour l'habit de chceur, qui nous plaisait ibrtt nos soeurs donnèrent leurs tabliers des mouchoirs ornés de belles broderies furent transformas en etoles ;'Ia mitre décora l'évoque, une mitre de papier dore avec forcebetes. f~ Dans cet équipage, nous allions par la maison et le jardin~ matin et soir, et nous répétions, sans ménagement, toutes les saintes cérémonies. Mais le meilleur nous manquait nous le savions bien, il n'était rien de plus imposant .qu'une belle sonneriCt La fortune nous,futj favorable une corde, se trouva pondue au galetas. Nous sommes ravis, et, comme nous en fai-- 1. On désigne par cette expression tattne (pan'(o<)talo! qui r~ne dans ta ptupart dés Etats d'Allemagne, où tes deux cu!tes sont sur le pied do l'égalité.
PÔRSYES.
sons sur-le-chàinp la corde de la clôeltë~ellë ne reste pas un momeht en repos frères ët'sœurs' tour tour s'empressent; l'uhapres l'autre ëstmarguutiér chacun veut y passera La'chbse allait à mervëiHeS) et) comme nôUsn'aviOns'pôiht de cloches, en tirant!àcorde;nous chantions M~nt~autn/ ]t était' oubl!é/ comme la plUs vieille légende~ cet mnbcent jeu d'éhitahts;'mâ! ces dërhîersjours~i! m'est revenu tout a coup !à mémbtrë. Les voita b!eh, de toutes pièces, tes poètes hëocâthohques'! t
N<e pt~ittr.
E)të vottigé autour de la source, !à nbeUût.e changeante; cite me charme depuis longtemps tantôt sombre) 'tantot'bnJ!ante, comme !c caméléon, et rouge et Meue et bleue et verte. Oh t si je pouvais voir de près ses couleurs 1 Ettc bourdonne et voltige et jamats ne s'arrête. Mais, sitehce t elle se pose sur !es saules~ Je là tiens t je !a tiens t Cette fo!s Je l'observe de près, et je vois un triste b!eUtbhcë. Voiiàcequ'on gagne a disséquer ses plaisirs.
t<e* poëmc*.
Les poèmes sont des vitraux coloriés. Si l'on regarde de la place publique dans l'éghse) tout est sombre et triste, et c'est ainsi que levoit monsieur !c philistin il peut donc être en-nuyé et rester ennuyé toute sa vie.
Mais entrez seulement t Saluez la Sainte-Chapelle t L~t tout est couleur et clarté; histoire) ornements, brHtent soudain; une noble lumière agit avec force. Enfants de Dieu, cela est fait pour vous; que vos cœurs soient touchés et que vos yeUx soient ravis.
ravis. <~ peéete.
La poéeÍe.
Dieu envoya A ses grossiers enfants l'ordre et la !di) !a science eti'artt avecmissiohd'adoucir) par toutes les faveurs divines, le sort afïreux de la race mortelle.Us arrivèrent nus du cie!, et ne savaient comment se produire la poésie les hàbiua, et ils n'eu-rent plus à rougir.
Frcd. Schtcgei, tes deux Sto!berg et d'autre:.
I'0!8!HS.
t~'AmoMr et fayché.
Les Neuf Soem~' prirent iantaisié d'enseigner aussi avec me. thode à Psyché l'art des vers la petite âme.~ tôute 'p,f.o:" satque; la lyre ne trouvait nul accord touchant, même dans la plus belle nuit d'été; AmoUr survint~ avec ses regards et sa namme i le professeur eut bientôt forme son élevé.
KmMème.
Je cueillis naguère un boUquet dans !a prairie, et je le portai en rivant u !a thaison~ mais !a chaleur de ma main, avait fait pencher vers ta terré' toutes les coroUes. Je les place dans un ven'c d'eau fratchc/et que!!e merveiMe je vois! t/;s jolies têtes se t'ctevcht, tiges et fëùiites reverdissent, et toutes aussi saines que si él!cs étaient encore sur le sol materne!. Je ne fus pas moins émervcilté, lorsqu'un jour j'entendis mes vers dans Une langue étrangère.
<*<mdre ank monchex.
H!Ie suce avidement la boisson perfide, sans s'arrêter, sé-duite par le premier trait; eUe se trouve bien, et dés long-temps les jointures des jambes déHcates sont déjà paraivsées. Une n'est plus habile à nettoyer ses petites ailes; elle n'est plus adroite a coiOer sa'petite tête. La'vie se perd dans la jouis-sance. Ses pieds à peine vont suture a la soutenir et toujours etie aspire, et, tandis qu'elle suce, la mort enveloppe d'un nuage ses mille prunelles:
Au bord de t* fiT<tfe.
Si tu habites au bord d'une large rivière, quelquefois elle baisse, elle cesse de couler; puis, quand tu veux préserver tes prairies, elle les inonde; c'est un bourbier. l'ar un beau jour, les barques descendent) le pécheur remonte avec précaution maintenant la glace presse cailloux et rochers; le peuple des enfants est maitre de la carrière. Sache observer ces choses et) cependant, accomplir toujours ce que tu veux. Il ne faut ni t'arrêter ni te presser le temps marche avec mesure.
po~:si!:s.
ttC ren«r<t et la ~rMe.
Deux personnes fort différentes s'invitèrent a ma table. Pour l'heure'elles vivaient en paix: c'étaient le renard et la grue, dit lcï fiblë: t =.
ditlafable. ~i- ..= Je fis pour=t6us deux quelques apprêts; je~plumai d'abord les plus jeunes pigeons; Comme il ëtait~ lui, de l'espèce du chaça!, jeservisdes raisins mûrs.
Puis, sanstarder, je plaçai vis-a~vis une bouteiHc au long co!, oh fretiHaient dans l'eau daire des petits poissons d'or et d'ar-gents Si vous aviez vu le renard dëvorer tout le plat) vous auriez dit avec'ëhyiet'Quel appëtit pour la bonne ch&ret Cependant l'oiseau, circonspect se berçait sur un pied, et courbait joliment son col et son bec délicat) ef()16, et pourchas-saitIespoissOhnets.t,:
Au départ, ils me remercièrent avec joiet l'un, des pigeons, rautrc, des poissons. Et l'un se moquait de l'autre, comme s'il avaitsoupëàlatableduchat.
Veux-tu ne perdre ni ton sel ni ton beurre, quand tu te pro-poses de traiter les gens, il faut-, selon les vieilles histoires te rëg!er sur le museau et sur le bec.
Le fenard et le chtMenr
Oans les buissons et le taillis il est; difficile d'atteindre les renards à la piste) ai:le chasseur csttd'acçord avec !e renarde il estimpossibledeleprcndrc.
11 y aurait ainsi maintes merveilles à exprimer comme A, B, AB, sur lesquelles presëntemcht oh'se~ct'eusc la cervelle et l'onseromptlatetei~< -r..n, h'
Vocattott de t* ct~ogne* La cigogne, qui se nourrit de grenouiUes et de vers au bord denotre étang, pourquoi fait-elle, son nid. sur le ctocher, où elle n'est pasasaplace?
L& et!e craque et craqueté sans cesse; ennuyeuse musique! Mais ni jeune ni vieux ne se hasardent a iui déranger son nid.
Comment donc, soit dit par révérence, peut-elle prouver son droit, sinon par sa louable tendance a Henter sur le toit de l'église?
t~t~feneMtMM.
Un étang se trouvait gelé tes pauvres grchoûtl!es/ perdues dans le fond, ne pouvaient plus coasser ni sauter t;mais~ elles se promirent dans léUr ~demi-rêverie~ que,' si -unejfois elles frou~ vaient la-haut' de l'espace, elles'chahteraient cbm~e des rossi-ghbls. Un vent ttcdë'soufÏIa, la gtacè fbndtt) les grenoUt!!es ha-gerentëtaborderehtnerement, et s'accroupirent au loin, sur ta rive, et coassèrent comme auparavant.
!IL* noce. :,v.
Oh faisait'bdmbâncc au vi!!age; c'étatt une noce~me dtt-on. Je pénétrai dans !à saHe du 'cabaret la tournaient tous les jeunes côup!ës~ chaque f)!!ëttc avec son galant. On y. voyait maint visage amoureux. Je demandeehnn que!te est ta fiancée. Un danseur me regarde'nxément."Vous pouvez !e demander à un autre. Nous dansons a son honneur, nous dansons depuis trois jours et trois nuits, et personne encore n'a songé a elle. Qui observera autour de hii te train du monde recevra beau-coup de confidences pareincs.
NnterMmemt.
On emportait une jeune fine a !a sépulture tes bourgeois re-gardëréhtparlafcnetre~ ils étaient a taMe en goguette, man-geant !eur patrimoine. Ils se dirent On l'emporte, bientôt on nous emportera dé même, et qui restera le dernier au iogis aura du bien et de beaux écusi'ne faut-il pas qu'ils aient un maitrc)' »
«t~hexmena~nttt Que madame Vénus se montre au couchant dans tout son éclat; ou qu'une comète sanglante apparaisse, comme une verge a travers les étoiles, le philistin court à la porte de son logis. «L'étoile est juste sur ma maison! 0 malheur! C'est trop fatal pour moi t crie-t-il avec angoisse à son voisin. Ah) voyez de quels malheurs un signe me menace! Certainement, nous sommes perdus, pauvres gens que nous sommes. Ma mère est alitée, avec une mauvaise toux; mon enfant est souurant de
rôÉsiHS.
Hatuôsttés et d'une mauvaise ncvre; ma fenune.je le crains, va tomber auss! malade voita déjà huit jours qu'ctte ne gronde; et tant d'autres choses que je pourrais dire! Voici, je le crains, taundumonde)' Le voisin dit Vous avez raison, je pense} celâva mal pour nous tous cette fois. Mais parcourons quelques rues, vous ver-réx cbmment sont situées les etoHes. Ë!!es pronostiquent ici, ettes pronostiquent !bas. Que chacun reste sagement chez soi 1 et tasse du mieux qu'it pourra, et soufTrc comme les autres.
t~«t mchetehr*.
Vers la marchande dé pommes accourent des enfants! tous veulent acheter. Le cœur joyeux, ils choisissent dans le mon-ceau; avec d<!sir Us contemplent de près et de plus près les pommes aux joues vcrmeittcs. On leur en dit te prix, et ils les rejettent comme si eHcs étaient brûlantes..
Oht qu'it trouverait d'acheteurs, celui qui voudrait donner la marchandise gratis t
<je V~Uw~e de la mont~M.
<' Nous l'avons vu naguère réduit en cendres, le vit!age de la montagne voyez donc comme il s'est vite relcvct Tout est te-bâti en planches et en bardeaux; les enfants enmaillottés dor-ment dans leurs berceaux. Qu'il est beau de se confier en Dieu! C'est un nouveau bûcher qu'on a construit, et.s'it plaisait au vent et aux étinccUes, Dieu lui-même n'aurait pas beau jeu.
ttymbote.
Au Vatican, le dimanche des Rameaux, on se sert de véri-tables palmes; les cardinaux s'inclinent et chantent de vieilles hymnes; ces hymnes, on les chante aussi en tenant dans les mains des rameaux d'olivier; dans la montagne, il faut même employer le houx pour cet usage; enfin, t'on veut un rameau vert, et Ton prend une branche de saute afin que l'homme pieux exprime son adoration même dans la plus humbte forme. Ht qui a bien pris les choses a coeur, on lui permet ces facilités, pourvu qu'it se fortinc dans la foi. Tout ccia est my-thotogëme.
PORSIHS.
TTrot* pattncdteo.
L'enteMn'esttintribNtqnëpoùrt~dteM:
ponr)esmorte)si)estuhpo!son.
i. La tumee de ton sàcrince sërait-ene donc importuhe'àux dieux? Tu te bouches te hezu.. Oue dois-je croire? On estime l'encens plus que toute autre chose qui ne peut le respirer ne doitpasrotrrir~ visage immoMlc, tu adores des poupées, et/si le nez du prêtre ne sent rien) lé dieu est enrhumé.
QUERELLE hEL'ESrmT ET DELA BEAUTÉ.
S. Lesdgnûur Esprit, qui mérite tout respect, et dont nous estimons hautement là faveurt apprend qu'on a eu l'audace de mettre la Beauté au-dessus de tu! aussitôt il fait grand bruit. Survient le seigneur SouMCt a nous connu do longue date, comme digne représentant de l'Esprit. I! commence, hélas! peu galamment) par sermonner ta friponne. Ce!a né touche pas le moins du monde là tête légère. EHe court tout de suite au mattrc 'Vous êtes habiie et sage, luidit-etle !o monde n'cst-it donc pas assez grand? Si vous faites le uer, je vous plante là; mais, si vous ctcs sage, vous ni'aimerez. Soyez assuré que, de toute l'année, on ne verra pas un coupie aussi joli.
*~AAM.
La Beauté eut de~beUes ni!cs; l'Hsprit engendra des fils stu-pides. Ainsi, pendant quelques générations, t'Espni ne fut pas permanent, mais bien ta Beauté. L'Esprit est toujours auto-chthone. J! revint donc, travàiHa, s'évertua et trouva, pour su-prême récompense, la Beauté, qui lui rendit une vie nouvelle.