VI INTRODUCTION
poème étant daté de l'année 1457, on trouve donc encore vivants le souvenir et le renom de Guillaume quatre-vingts ans après sa mort. Pour le moyen âge où les gloires littéraires sombrent si rapidement, c'est une longue survivance.
Mais il ressort clairement des vers donnés dans ce dernier ouvrage comme épitaphe de la tombe de Machaut % que, si le nom du poète et le titre de Pun de ses plus célèbres poèmes sont encore connus, ses œuvres ne sont plus lues et que la tradition seule a conservé son souvenir de grand poète et d'amant malheureux. Par contre, dans les œuvres des poètes antérieurs on trouve bien des traces d'une connaissance sérieuse des pièces de notre auteur. Froissart, nous l'avons dit. Ta imité, sans toutefois le nommer. Eustache Deschamps lui doit beaucoup. La preuve la plus sûre en est que, dans VArt de dictier, les rondeaux donnés comme modèles du genre, sont empruntés à l'œuvre de Machaut. Christine de Pisan reprend dans le Dit de Poissy le débat soulevé tout d'abord par Guillaume dans le Jugement dou Roy de Behaingne^ tandis que son Livre des vrais amans « présente plus d'une ressemblance avec le Voir Dit de Guillaume ' » ; mais, non plus que Froissart, elle n'indique