INTRODUCTION LXXXI
même n'y est que vaguement indiqué (xviii, 196 ss. ; xix, 193 ss.), et c'est ailleurs que notre poète a dû se renseigner. On peut songer avec G. Paris à quelque commentaire explicatif, accompagnant le texte des Héroïdes, ignoré ou perdu aujourd'hui'; mais cette supposition est inutile : le commentaire bien connu des auteurs du moyen âge que Servius a joint aux oeuvres de Virgile "* donne en quelques mots le dénouement tel que le raconte Machaut'. Il est pour le moins très possible que Guillaume ait trouvé là toute la fin de son récit.
Il est aisé de reconnaître le procédé dont use Machaut dans l'emploi de ces « exemples», tirés de la littérature gréco-romaine. Le poète poursuit un double but: d'un côté, il y cherche des preuves et des arguments capables de démontrer la justesse de ses opinions ou de celles de ses adversaires; de l'autre, il s'agit pour lui d'intéresser et d'instruire ses lecteurs, en leur offrant des récits amusants et inédits. Telle de ces narrations [Pyrajne et Thisbé] était-elle connue de son public par des versions françaises antérieures : Guillaume se contente d'un simple renvoi. D'autres {Énée etDidon, Jason et Médée) avaient au moins partiellement été traitées en langue française avant lui : il résume ces parties en quelques lignes et ne s'étend longuement que sur la partie moins connue, celle qui en même temps importait le