‹ Œuvres de Guillaume de Machaut (volume 4)Chapitre 21 sur 117 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

sens a ceste feste; Je le vi des yeus de ma teste '. » A l'en croire, il suivait son maître jusqu'au plus fort de la bataille, brave malgré lui, ajoute-t-il, car la fuite dans ce pays sauvage et étranger eût été plus dangereuse que le combat lui-même2. Prit-il part, en i33i, à la guerre d'Italie, à la rencontre avec les Hongrois devant Laa et à la seconde campagne de Prusse à la fin de la même année? Il parle de ces événements, sans affirmer qu'il en ait été témoin3. Dans l'énumération des hauts faits de son maître, il ne va d'ailleurs pas plus loin que celte année 1 33 1, quoique le poème où il en est parlé ait été écrit en 1 3 57, une dizaine d'années après la mort du roi Jean. Mais on ne peut rien conclure de ce silence, car c'est précisément des années i33o à 1 335 que datent les documents qui le montrent au service du roi. Si le poète s'arrête là, c'est qu'il ne pourrait « dire ou compter en jour et demi » toutes les prouesses de ce modèle des rois. Enfin, la description minutieuse de l'entrée en Quaranteinne (Carinthie) « par deus destrois Qui sont rostes, longs et estrois 4 » pourrait bien avoir pour bases des souvenirs personnels : c'est à Trente par exemple que Jean prépare en

baptizati » {Script, rerum Pruss., I, 21 5), et c'est le roi de Bohême qui leur a sauvé la vie, tandis que le grand-maître de l'ordre teutonique voulait tous les massacrer.

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