V. 182. Remplacer le point après especial par une virgule
V. 1 85 ss. Il y a ici, nous semble-t-il, une allusion assez précise au service de Machaut auprès du roi de Navarre, et une espèce d'excuse : il a bien servi Charles, pour faire son devoir, mais sans avoir eu confiance en lui (mau croire), en admettant qu'il était prêt à décevoir, c.-à-d. à trahir la cause du roi de France. On comprend cette excuse après le Confort d'ami. L'idée exprimée ici reparait textuellement dans le refrain du rondeau CGLXII de l'édition Chichmarev (I, p. 22S). C'est évidemment une locution proverbiale.
V. 203-204. Ces deux vers figurent, légèrement modifiés, aux vers 1 et 6 du rondeau CXLVIII ledit. Chichmarev, I, 139) qui est identique au quatrième des rondeaux mis en musique (ib., II, 570) :
i Sans cuer. dolens, de vous departiray 6 Mais je ne sçay de quelle part iray. V. 276. L*image de « 1 espart » reparait dans le cinquième des rondeaux en musique. Malgré la différence des sujets traités, le rapprochement s'impose pour la raison que ce rondeau se trouve placé immédiatement après celui qui est signalé dans la note précédente, et qu'à son tour il est suivi de deux autres (VI et VIII) qui sont également en rapport avec le Dit de la Fonteinne amoureuse (voir les notes des vers 340 et 2207). Il v a donc là tout un groupe compact de rondeaux chantés qui ont été écrits sous l'inspiration directe de notre poème. Le même fait se répète, quand il s'agit des ballades et des autres pièces lyriques de Machaut (voir les notes des vers 905, 963, ioi3, 1309, 1487, 1644, 2319, 2335, 25o8). On voit par là la relation étroite qui existe entre ses œuvres narratives et ses poésies lyriques : ces dernières forment en quelque sorte l'accompagnement et le commentaire poétique des « dits », et nous obtenons en outre le moyen de fixer une date approximative à certaines de ces pièces lyriques (voir la note du v. i32 5 du Confort d'ami).
V. 340. L'image employée ici se retrouve dans le huitième des rondeaux en musique ^édit. Chichmarev, II, 571-572). V. 375. On devrait lire correctement : vo gent corps, régime direct dépendant de voy. Si les meilleurs manuscrits donne vos gens corps, cela tient à la construction de la phrase. Les copistes croyaient voir ici le sujet d'une nouvelle proposition; ils ont donc mis ces mots au cas sujet. La cons truction syntaxique de toute la strophe est d'ailleurs très obscure et très négligée. Au v. 374 on attend le subjonctif, dépendant àtcouvient; mais ayant oublié la construction commencée, le poète est entraîné par les indicatifs précédents à mettre le verbe à l'indicatif. Des négligences pareilles sont fréquentes dans ce poème.
V. 409. Contre la majorité des manuscrits, nous avons écrit vausist au lieu de vosist, afin de le distinguer pour la commodité du lecteur de la forme correspondante du verbe vouloir. La graphie o pour au, au moins dans la syllabe protonique, est si fréquente dans ce poème, notamment dans le ms. F (voir les var. 1072, 11:4, 1295, 1296, 1407,
1 553, 1 588, 2655 [solos pour solaus !]; il y a hésitation entre pavaut et pavot, v. 612) que la monophthongaison de au, dans ce cas, peut être considérée comme acquise (à remarquer dans l'anagramme Overgne pour Auvergne). De là la confusion entre vausist et vosist, qui dans la prononciation étaient identiques.
V. 443. Comp. le début de la ballade CXCV (= bail, en musique XXV) : De Fortune me doy pleindre et loer. V. 498. Remplacer le point après ça par une virgule. V. 583. Il vaut mieux rétablir la leçon des mss. FMBE et lire : « Qu'il fu péris, ou, comment et pourquoy ». Le copiste de /l a dû voir dans ou la particule disjonctive qu'il aura remplacé par et.
V. 696. Lire oiselès au lieu de oiselés. V. 740 var. Supprimer K après FMBE .
V. 793. Malgré l'accord de A et de E, la leçon commune de ces deux manuscrits est à rejeter ; elle ne donne aucun sens et repose sans doute sur une faute de lecture que les deux copistes ont commise indépendamment l'un de l'autre. V. 808. Sur pavaut, voir la note du v. 409. V. 905. On peut comparer à ce passage l'heureux emploi que fait Machaut de l'image du « chapiau de soucie », comme symbole de la tristesse de l'amant, dans l'Envoi d'un Chant royal (n° XLVIII de l'édition Ghichmarev, I, 65). Machaut, au lieu de désigner par la couleur verte, comme il le fait d'ordinaire, la « nouvelleté », c'est-à-dire l'inconstance en amour, et de l'opposer au « fin azur », qui signifie loyauté (bail. CCLXXII, Chichmarev, I, 235; bail. CCXLVIII, ib.
I, 218-219; Rem. de Fort. 1889-1910), fait ici du « chapiau vert» le symbole de la joie et de l'espérance. C'est évidemment la couronne de verdure qu'on portait à la fête du premier mai.
V. 948. mor, et remor au vers 952, pour mors et remors (ce dernier aussi remort Nav. 2708, 3 181, Rem. ig5y, Conf. 1394) sont des graphies uniquement déterminées par les besoins de la rime. (Voy. aussi Lai I, 166, éd. Chichmarev,
II, p. 284). A l'intérieur du vers on retrouve la forme normale mors (Rem. 2402; Virelay XVII, 22, éd. Chichmarev, II, p. 65o) ; de même remors (Nav- 1874; Rem. 3654; Conf. 2666, tous ces cas à la rime).
V. 963. Le passage a quelque ressemblance avec la ballade CCIII, 2-3 (= ballade XXX du recueil des ballades mises en musique) :
A l'image que fist Pymalion.
D'ivoire estoit. ..
Que plus 1'ama. . . toudis la prioit.
V; 9l7i LaSraPhie «*is du ms. iapu être amenée ici par le début du mot suivant seuls, car dans cette strophe on ne trouve partout que sut (975, 976, 979, 982). Mais suis parait encore souvent ailleurs ; aussi l'aWnous maintenu dans le texte.
V. ioi3. La locution morray en ceste pel reparaît textuellement dans la Chanson baladée XXXVIII, ->3 ■ car en ceste pel morray (Chichmarev, II, p. 632). La chanson placée dans la bouche d'une dame, cadre exactement avec la situation et les idées principales de notre poème (voy notamment les vers 37-39 : ... tant que revenir verray Destrange contrée Lx qui trop plus m'a atnèe. ) Elle a certainement été composée en même temps que les rondeaux en musique IV et suiv. (Voir la note du vers 276)
V. i023. Prisiez pour Prises ne peut être qu'une étourdene du copiste du ms. A ; la correction de 5' prouve que 1 erreur était facile à commettre.