PAULINE AU CŒUR TROP TENDRE
Que dira-t-on de vous, Pauline au cœur plus tendre Que le tendre regard de vos beaux yeux si doux Et qui semblez toujours en souriant attendre Qu'avant de vous parler on se mette à genoux?
Ceux dont la foi s'est prise à la promesse vaine De votre jeune rire et de votre beauté En garderont peut-être un souvenir de haine Et maudiront les jeux de votre fausseté;
Pour d'autres, vous serez l'Ingrate et l'Infidèle Parce que vous aurez pris un autre chemin Et que la fleur d'amour qu'ils croyaient éternelle N'aura fleuri pour eux que le temps d'un matin;
Mais lui, songeant à vous, en silence, dans l'ombre, Il les laissera dire et s'en ira loin d'eux Pour rêver longuement à ce soir tiède et sombre Où sa joue a touché vos seins et vos cheveux.
Car n'est-ce pas assez, Pauline au cœur trop tendre, D'avoir senti frémir entre ses bras, avant Que vous ne soyez plus que poussière et que cendre, Votre corps partagé, sans doute, mais charmant?
Qu'importe à qui respire une corolle éclose Le bouquet plus nombreux qu'elle eût pu composer, Son parfum n'est-il pas dans une seule rose Comme toute la bouche est dans un seul baiser?