‹ Œuvres de Henri de Régnier (volume 2)Chapitre 132 sur 168 · L'ARRIVÉE · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE

C'est le matin de la Mille et Unième Nuit... Le navire léger glisse sur l'onde plane; La mer est transparente et l'air est diaphane; L'alcyon nous précède et le dauphin nous suit.

Sur Stamboul, que nos yeux connaîtront aujourd'hui, Un brouillard vaporeux flotte, s'étend et plane; Les fuseaux des cyprès à des mains de sultane En ont filé les fils d'argent où de l'or luit.

Ainsi nous apparut, ô Ville orientale, Ton visage secret et souriant et pâle Sous le voile subtil de l'aube et de l'été,

Comme Schéhérazade, ô toi, dont, belle encore, Le Temps au sabre courbe épargna la beauté Pour entendre ta voix lui parler à l'aurore !

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