LE MESSAGE
J'ai fait d'un seul amour le flambeau de ma vie. Ciel d'automne, pleuvez, et vous, ô nuit d'hiver, Soufflez votre aquilon sur ce feu toujours clair Qui rend mon pas solide et ma main enhardie !
Qu'importe si la ronce à sa griffe d'envie Accroche mon talon et déchire ma chair, La flamme que je porte est trop haute dans l'air Pour craindre à son éclat quelque offense ennemie !
C'est ainsi que j'irai frapper aux portes d'or Qui ferment le palais de l'Ombre et de la Mort Et qu'elles m'ouvriront avec leurs mains tendues,
Car, Gardiennes, ô vous, Sœurs d'un Frère immortel, J'apporte pour message à vos vieillesses nues Cette flamme allumée au feu de son autel.