‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 102 sur 203 · LE MIGNON · texte numérisé non relu

LE MIGNON

Il est debout, épée au flanc et fleur aux doigts; Les chausses de satin étroites au plus juste Moulent la jambe fine et la cuisse robuste A la mode du siècle et des seconds Valois.

Joyeux des crocs d'Amboise et des gibets de Blois, Nourrisso-u de Pétrone et client de Locuste ! Le court manteau plissé accroît l'ampleur du buste Et la cuirasse aiguë est en cosse de pois.

Une fraise à godrons l'engonce. Il vous regarde D'un œil fourbe, et sa bouche amoureuse, que farde Un onguent, va sourire ou mordre ou minauder.

Et deux perles de lait. Tune à l'autre pareille, Semblent, tirant le lobe et prêtes à tomber, Une goutte d'amour qui pend à chaque oreille.

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