‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 118 sur 203 · LE SINGE · texte numérisé non relu

LE SINGE

Avec son perroquet, sa chienne et sa négresse Qui lui tend le peignoir et sèche l'eau du bain A son corps qui, plus blanc sous cette noire main, Cambre son torse souple où sa gorge se dresse.

Elle a fait peindre aussi, pour marquer sa tendresse, Par humeur libertine ou caprice badin, Le portrait naturel de son singe africain Qui croque une muscade et se gratte la fesse.

Très grave, presque un homme et singe en tapinois, Velu, glabre, attentif, il épluche sa noix Et regarde alentour, assis sur son séant;

Et sa face pelée et camuse où l'œil bouge

Ricane, se contracte et fronce en grimaçant

Son turban vert et jaune où tremble un plumet rouge.

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