‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 148 sur 203 · LE BOUQUET · texte numérisé non relu

LE BOUQUET

Sur la rosace éclose au centre du parquet Pose ton pied léger, écoute et sois furtive; La solitude parle à celle qui arrive; N'as-tu pas entendu le marbre qui craquait?

La harpe tremble et vibre à ton pas indiscret, Le lustre se balance et son cristal s'avive; De ce qui semble mort crois-tu que rien ne vive? La glace a son fantôme et tout a son secret.

Le temps passe; tout fuit; les choses sont fidèles.

L'invisible silence évente de ses ailes

La poussière pensive et l'ombre transparente;

Et, sur la table nue où le marbre veiné

A quelque chair ancienne et pâle s'apparente,

Elîeuille le bouquet que l'Amour t'a donné.

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