‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 158 sur 203 · VÉRONE · texte numérisé non relu

VÉRONE

0 Vérone, cité de vengeance et d'amour,

Ton Adige verdi coule une onde fielleuse

Sous ton pont empourpré, dont l'arche qui se creuse

Fait l'eau, de bile amère et de sang, tour à tour !

Le dôme, le créneau, la muraille, la tour,

Le cyprès dur, jailli de la fente argileuse.

Et tes tombeaux guerriers et ta tombe amoureuse

Te parent orgueilleusement d'un noble atour.

C'est en vain que plus tard ta Sœur adriatique, Dans la rouge paroi de ton palais de brique. Incrusta son lion de pierre comme un sceau;

Son grondement ailé s'est tu dans l'air sonore Où roucoule toujours et se lamente encore La colombe plaintive et chère à Roméo.

QUATRE POÈMES d'itALIE 311

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