‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 168 sur 203 · L'HEURE · texte numérisé non relu

L'HEURE

Rapide, aiguë et furtive, L'aiguille sur le cadran Perce l'heure où elle arrive De son dard indifférent.

La rose, de ses pétales, Compte l'instant qui se suit En minutes inégales Qui s'effeuillent sans un bruit.

Le temps pour toi se divise Selon que tu l'as pensé !

Qu'il s'abrège ou s'éternise Il deviendra ton passé.

Et, lorsqu'un jour, de ta cendre, Les roses refleuriront, Tu ne pourras plus entendre Les aiguilles qui feront,

Sur le cadran à demeure.

Leur travail minutieux De percer encore l'heure Que ne verront plus tes yeux.

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