‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 177 sur 203 · LE PASSE · texte numérisé non relu

LE PASSE

Avec des mains de haine et de colère, Amour, J'ai rompu rudement à mon genou farouche Le beau cep qui porta la grappe dont toujours Le goût voluptueux se ravive à ma bouche;

Et j'ai fait, tout ce jour, des treilles de ma vie Brûler le sarment sec et la feuille séchée Pour qu'il n'en reste, au soir, que la cendre et la suie Qui demeurent après une vaine fumée.

Et c'est ainsi qu'avant que s'éteignît dans l'ombre Ce feu dont les tisons ont mordu la nuit sombre, 0 Passé, j'ai voulu que ta flamme suprême

Couronnât et rougît une dernière fois.

Comme d'un éclatant et pourpre diadème, Le visage brûlant que je penchais sur toi.

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