PAN
Pas plus que le miel roux ou que la cire blonde Pan n'aime la toison
Des l)èLcs que poursuit le vol clair de la flèche
Ou que prend en ses lacs, caché sous l'herbe fraîche,
Le piège secret, Ni récaille diverse, incertaine et changeante De celles que ramène aux mailles qu'elle argenté
La nasse ou le fdet.
Non, mais va simplement au bord de cette source Au milieu du bois frais et, sans suivre sa course
Qui la change en ruisseau Dont le murmure nu s'étire sous les feuilles, Penche-toi sur son onde, ô mon fils et y cueille
La tige d'un roseau.
Car Pan, le dernier Dieu de la terre vieillie, Car Pan qui va mourir et qui déjà oublie
Qu'il est encor vivant.
Aime entendre monter au fond du crépuscule Le chant mystérieux que disperse et module
La flûte dans le vent. »