‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 185 sur 203 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

Pas plus que le miel roux ou que la cire blonde Pan n'aime la toison

Des l)èLcs que poursuit le vol clair de la flèche

Ou que prend en ses lacs, caché sous l'herbe fraîche,

Le piège secret, Ni récaille diverse, incertaine et changeante De celles que ramène aux mailles qu'elle argenté

La nasse ou le fdet.

Non, mais va simplement au bord de cette source Au milieu du bois frais et, sans suivre sa course

Qui la change en ruisseau Dont le murmure nu s'étire sous les feuilles, Penche-toi sur son onde, ô mon fils et y cueille

La tige d'un roseau.

Car Pan, le dernier Dieu de la terre vieillie, Car Pan qui va mourir et qui déjà oublie

Qu'il est encor vivant.

Aime entendre monter au fond du crépuscule Le chant mystérieux que disperse et module

La flûte dans le vent. »

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