‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 38 sur 203 · LA STATUE · texte numérisé non relu

LA STATUE

Tu ris, Enfant. La terre entre tes doigts heureux S'effrite, coule et fuit de ta main qui se vide Et, devant toi, debout en son bronze rigide. Cette haute statue a souri à tes jeux.

Regarde. L'homme est calme et le cheval fougueux. Une main hausse un glaive et l'autre tient la bride. Le quadruple sabot au socle qu'il oxyde Imprime aux quatre coins son pas silencieux.

Cet équestre Héros que sacre un laurier d'or. Souviens-toi, quand plus tard tu le verras encor. Que son sang a rougi le sol de la patrie.

Et que, muet présage à tes jeunes destins,

Il a levé sur toi à l'aube de ta vie

Le geste glorieux de son ombre d'airain !

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