ÉTÉ
La source fraîche abonde aux pieds nus de l'Été Qui mire à ce miroir sa face qui s'y penche Entre les fleurs de l'herbe et les fruits de la branche, Couronne de jeunesse et de hmpidité.
Je rêvais de chair moite où mord la volupté : Pomme, contour de sein; poire, galbe de hanche, Et je cherchais mon rêve au bruit où l'eau s'épanche, Et l'argile cédait à mon pouce humecté.
Quand tu vins, curieuse, inquiète et farouche, Nue et mordant un fruit qui jutait à ta bouche. Sourire à mon travail et devant moi t'asseoir;
Et, comme la médaille était grande tout juste, Faunesse, j'ai sculpté ton visage sans voir A ton double sabot bifurquer l'ongle fruste I
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Pas de nom fabuleux et doux qui le désigne; Nulle Léda de bronze aux caresses du cygne N'offre sa chair divine à qui s'unit un dieu; Nul Dauphin ne se joue et prélude au miheu De son onde à jamais intacte et solitaire Et qui, toujours égale au marbre qui l'enserre, S'arrondit et miroite en un cercle fermé. Mes soirs silencieux ont longuement aimé Ce bassin singulier, sans vasque, ni fontaine, Où pas même ne semble une face incertaine Apparaître, indécise et mystérieuse, au Liquide et noir airain de sa médaille d'eau.
LES MÉDAILLES d'ARGILE 25
LA PiilSONNIÈUE
Tu m'as fui; mais j'ai vu tes yeux quand tu m'as fui; Je sais ce qu'à la main pèse ta gorge dure Et le goût, la couleur, la ligne et la courbure De ton corps disparu que mon désir poursuit.
Tu mets entre nous deux la forêt et la nuit; Mais, malgré toi, fidèle à ta beauté parjure, J'ai médité ta forme éparse en l'ombre obscure Et je te referai la même. L'aube luit;
J'y dresserai le bloc debout de ta statue Pour en remplir l'espace exact où tu fus nue. Captive en la matière inerte, désormais.
Tu t'y tordras muette et encor furieuse D'être prise, vivante et morte pour jamais. Dans la pierre marbrée ou la terre argileuse.