‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 75 sur 203 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Le vent à pas légers et la pluie à pas lourds Nous précèdent déjà sur la route où frissonne Ma tristesse à qui l'heure et le soir et l'automne Disent le temps qui passe et la fuite des jours.

Ton visage pourtant, ô Toi, sourit toujours Et ta bouche indulgente et divine pardonne A l'instant envolé qui fuit et t'abandonne; Et la route reprise est douce à tes retours.

Le Souvenir, là-bas, ouvre son porche où tremble Le lierre fraternel qui nous accueille ensemble Enguirlandant le seuil et la porte en ruine;

Et l'âtre noir verra aux cendres ranimées,

Comme en mon sombre amour que ta grâce illumine,

Rire la flamme claire à travers les fumées.

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