‹ Œuvres de Henri de RégnierChapitre 81 sur 203 · LE JARDIN MOUILLÉ · texte numérisé non relu

LE JARDIN MOUILLÉ

La croisée est ouverte; il pleut Comme minutieusement, A petit bruit et peu à peu, Sur le jardin frais et dormant.

Feuille à feuille, la pluie éveille L'arbre poudreux qu'elle verdit; Au mur, on dirait que la treille S'étire d'un geste engourdi.

L'herbe frémit, le gravier tiède Crépite et l'on croirait, là-bas.

Entendre sur le sable et l'herbe Comme d'imperceptibles pas.

A TRAVERS l'AN 179

Le jardin chuchote et tressaille, Furtif et confidentiel; L'averse semble, maille à maille, Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j'écoute.

De toute sa pluie à la fois, Le jardin mouillé qui s'égouttc Dans l'ombre que j'ai faite en moi.

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