‹ Œuvres de Henri Heine (volume 4)Chapitre 53 sur 81 · L'ILSE · texte numérisé non relu

L'ILSE

Je suis la princesse Use, et j'habite la roche Ilsenstein. Viens avec moi dans mon chAteau, nous y serons heureux.

Je veux guérir ta tête avec mes vagues transparentes. Tu oublieras tes chagrins, pauvre garçon malade de soucis !

Dans mes bras blancs comme la neige, sur mon sein blanc comme la neige, tu reposeras et tu rêveras le bonheur des vieux contes.

Je veux t'embrasser et te serrer comme j'ai serré et embrassé le cher empereur Henri, qui est mort maintenant.

Les morts sont morts, et il n'est que les vivants qui vivent, et je suis belle et florissante ; mon cœur rit et palpite.

Mon cœur rit et palpite... Viens chez moi, dans mon palais de cristal. Mes damoiselies et mes chevaliers y dansent ; la troupe des écuyers se livre à la joie.

Les longues robes de soie bruissent, les éperons d'or résonnent, les nains font retentir les timbales, jouent du violon et sonnent du cor.

Mais toi, mon bras t'enlacera comme il enlaça l'empereur Henri : de mes mains blanches je lui bouchai les oreilles, quand dehors la trompette sonna.

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