LIVRE VII
Distinguent ses soldats. Au premier rang placé,
Des poils d'un fier liou son front est hérissé ;
Et du moustre, en deux raugs, la gueule menaçante
Élale de ses dents la blancheur effrayante.
Dans cette pompe horrible il arrive au palais,
Et sous l'habit d'Hercule il en offre les traiis.
Puis vient l'ardent Coras , et Catillus sou frère : Nés à Tibur , Argos a v"u naître leur père ; Tibur reçut son nom d'un prince de leur sang. Tous deux suivis des leurs marchent au premier rang : Tels, d'Homole ou d'Olhrys quittant les rocs sauvages, Deux centaures altiers , fiers enfants des nuages , Foulent aux pieds la neige, et des bois renversés Ecrasent à grand bruit les rameaux fracassés.
Et toi, Préneste, aussi de tes riches frontières Tu vis , fier de grossir ces phalanges guerrières , Partir ton fondateur, qui, parmi les troupeaux, Au trône destiné , naquit dans les hameaux; Cécule, en un foyer trouvé daus son enfance. D'où l'on crut qu'à Tulcain il devoit la naissance. Et Préneste, et Gabie où préside Junon, Anagnia qu'enlome im fertile vallon, Les monts Herniciens arrosés d'eaux fécondes, Les bords que l'Anio rafraîchit de ses ondes , Et l'Amasène enfin, d'agrestes comljattants Pour cet illustre chef ont dépeuplé leurs champs. Tous ils n'ont pas un char , uu pavois , une lance : L'un fait voler le plomb que la fronde balance ; De deux traits meurtriers d'autres arment leurs mains; La dépouille d'un loup les coiffe de ses crins; D'un côté leur pied nu des airs brave l'injure, De l'autre un cuir grossier est l'informe chaussure.
Fils du dieu qui commande à l'abîme des mers , Et savant à dompter les coursiers les plus fiers , ISIessape, qui ne craint ni le fer ni les flanunes, Des peuples dont la paLx a refroidi les âmes Piallume le courage, aiguillonne les cœurs. Et veut goûter encor le plaisir des vainqueurs.
Terribili inpexum saeta, cum dentibus albis, Indutus capili, sic regia tecta subibat Horridus, Herculeoque htuneros innexus amictu.
fi.'o Tum gemiai fratres Tiburtia mœnia liuquunt, Fratris Tiburti dictam cogaomine gentem, Catillusque , acerque Coras , Argiva juventus ; Et primam acte aciecn deDsa inter tela feruntur; Ceu duo niibigense qaum vertice montis ab alto Desceoduiit Centauri, Homolen Othryinque nivalera Linquentes cursu rapido : dat euatlbus iogens Silva locum, et magno cédant virgulta fragore.
Nec Praenestinae fundator dcfuit urbis , Vulcano genitura pecora inter agrestia rogcm ,
(io Invenluinque focis, omnis quem credidit aetas, Cœculus. HuDc legio late comitatur agrestis ; Quique altum Pranesle viri, quique arva Gabinae JuDonis, gelidumque Anienem, et roscida rivis Hemica saxa colunt; quos, dives Anagnia , pascis; Quos, Amasene patcr. Mon illis omnibus arma , Nec clypei currusve sonaot : pars masima glandes Liventis plumlji spargit; pars spiciila gestat lîina manu; fulvosquc lupi de pelle gaieros
Ceux qui de Flavinie habitent la campagne,
Et ceux qui du Soracte ont peuplé la montagne,
Falisque, Fesccmiiu, célébrés tant de fois,
L'un pour ses chants d'hymen, et l'autre pour ses lois.
Et les Ciminiens , dont la troupe aguerrie
Quitte à l'envi le mont , le lac de Itur patrie,
Et ceiLx qui de Capène habitent les forêts,
D'un monarque invincible innombrables sujets.
Dans un ordre guerrier alignant leurs phalanges ,
Marchoient , suivant ses pas et chantant ses louanges.
A leurs chants , on croiroit entendre dans les cieux
De cygnes argentés un chœur mélodieux ,
Qui, revenus le soir de leurs verts pâturages,
Et, glissant doucement à travers les nuages,
Ont quitté le Caïslre , ou les roseaux fciugeux
Qui bordent d'Asia les flots marécageux ,
Et du son de leur voix et du bruit de leurs ailes
De loin font retentir les rives paternelles.
A leur nombre on croit voir , non des rangs de soldats
Sous leurs armes d'airéiin s'avançant à grands pas.
Mais ces essaims ailés, enfants des eaux profondes,
Qui, de la haute mer abandonnant les ondes.
S'élancent dans les airs en bruyants tourbillons.
Obscurcissent les cieux de leurs noirs bataillons ,
Et, poussant vers la terre im cri rauque et sauvage,
Comme un nuage épais vont s'abattre au rivage.
Toyez le noble auteur d'un nom cher aux Romains, Ce Clausus qui , sorti du vieux sang des Sabins , De leur race guerrière, à vaincre accoutumée. Forme une armée immense, et vaut seul une armée. Depuis que Rome antique en ses jours triomphants Associa son peuple aux droits de ses enfants ; Le Tibre voit encor briller du même lustre Et sa tribu nombreuse et sa famille illustre : Sous lui marche Amiteme et ses nombreux essainis, Les Cures, d'où naîti'ont les Quirites romains; Érétum , Mutusca, dont le peuple héroïque Quitte pour le laurier son aibre pacifique ;
Tegmen habent capiti, vestigia nuda sinistri
69'^ Instituere pedi«, crudus tegit altéra pero.
At Messapus equum domitor, iVeptunia proies, Qnem neque fas igni cuiquam nec sternere fcrro , Jam pridem résides populos, desuetaque belle Agmina in arma vocat subito , ferrumque rétractât. Hi Fescenninas acies , ^quosque Faliscos; Hi Soractis habent arces, Flaviniaque arva. Et Cimini cum monte lacum, lucosque Capenos. Lbant ïquati numéro, regemque canebant : Ceu quondam nivei liquida inter nubila cvcni
700 Quum sese e paslu referont, et longa canoros Dant per coUa modos; sonat amnis, et Asia longe Puisa palus.
Nec quisquam ajratas acies ex agmine tante Misceri putet; aeriam sed gurgite ab alto Urgeri volucrura raucarura ad litora nubem.
Ecce, Sabinoriun prisco de sanguine, mag^mira Agraen agens Clausus, magnique ipse agminis instar^ Claudia nunc a quo diffundilur et tribus et gens Per Latium, postquam in partem data Roroa SabiuJK.
■'° L'na ingens Amiteroa cohors, priscique Qiiirites,
Ceux (loin le Vétino baigne les champs heureux , Ceux qui de Télrica peuplent les rors affreux, Ceux qui bordent l'Himelle, ou qu'éleva Nomcntc, Que nourrit Caspcrie, ou que Forule enfante; Ceux qui boivent le Tibre et le clair Fabaris , Et des froids Nursiens les soldats aguerris ; Les bataillons d'Horta, les bandes valeureuses Qu'enfermoient des Latins les cités populeuses , Et ceux que de ses flols, fameux par nos destins , Sépare l'Allia, nom fatal aux Romains.
Leur nombre égale aux yeux les vagues que soulève L'orageux Orion quand sa course s'achève, Les épis lyeiens du soleil colorés , Et ceux que voit mûrir THermus aux flots dorés : Leurs pas, leurs boucliers retentissent ensemble; L'air au loin en frémit , et la campagne tremble.
Puis vole sur son char un fils d' Agamemnon , Halcsus , qui de Troie abhorre encor le nom. Sur ses pas ont couru cent peuples redoutables, Ceux dont Massique emplit les coupes déleelablcs, Massique , à qui Bacchus prodigue ses bienfaits ; L'Auronce descendu de ses rudes sommets , Le Sidicin des mers bordant l'humide plage, Ceux qu'envoya Calés, ceux que sur sou rivage Rassemble le Vulturne aux courants sablonneux. Et l'âpre Saticule , et les Osques nombreux , Dont le long fouet , sifflant dans leur main intrépide , De loin à l'ennemi lance un trait plus rapide; Leur bras d'un cuir durci se fait un bouclier, Leur glaive offre de près son croissant meurtrier.
Toi-même , illustre chef d'une ligue fatale , Toi-même dans mes vers tu revivras , OEbale ; OEbale qu'ont produit, pour l'honneur de leur nom , La nymphe Sébéthis et le vieux roi Télon, Quand des Télcboëns la colonie obscure
Ercti maniis omtiis, oliviferacque Mutiiscae; Qui Noincntum urhera, qui rosea rura Velini, Qui Tctiicx horrentes rupcs, montemqiie Severum, CasperiaraqHC colunt, Forulosqiie, et flumen Iliinelhc; Qui Tliybrim Fabarimque bibunt, quos frigida misit Nursia , et Ilortinœ classes, populique Latin! ; Quosquc sccans iDlaustum interluit Allia nomen : Qiiam muiti LiI))xo volvuntur marmore fluctus, Sa;vus ubi Orion hibernis conditur undis ;
7'o Vel quum sole novo densœ; torrentur aristœ, Aut Hcrnii campo, aut Lycioe flaventibus arvis. Scula sonant, piilsuqne pcdunî conterrila tellus. Fiinc Agameranonius, Trojani nominis hostis, Curru jungit llalesus cquos, Turnoque féroces Mille rapit populos ; vertunt felicia Baccbo Massica qui rastris, et quos de collibus altis Aurunci raiscrc patres, Sidicinaque juxta jKquora, quiquc Cales linquunt, aninisque vadosi Adcola Volturni, pariterque Saticuliis asper,
'^o Oscorumque uianus. Terctcs sunt aclydes illis Tela, scd bsc lento nios est aptarc tlagello; Laevas cœtra tcgit; falcali comniinus enscs.
Nec tu carminil)us nnstris indietus abibis, OEbale, qucm générasse Tclon Scbetbide nyniplia Fertur, Telcboum Capreas quum régna teneret
Dans Caprée cnfermoil sa puissance future ;
Mais au fils du héros ce roc ne suffit pas;
Bientôt il réunit à ses naissants états
Les Sarrasies , les bords où le Sarne circule ,
Les peuples de Rufras , les enfants de Balule ,
Les tribus de Célcne , et les plants fructueux
Dont Abelle a couvert son terrain montueux.
Aussi bien que leurs lois, ces peuples ont leurs armes ,
El leurs bras font voler au milieu des alarmes
Ces pesants javelots lancés par les Teutons :
La dépouille du liège enveloppe leurs fronts ,
L'airain charge leurs bras d'une brillante armure ,
Et des glaives d'airain pendent à leur ceinture.
Et toi , dont la victoire illustra les drapeaux , Brave IJfens , de Nersa tu quittas les coteaux ; A tes lois obéit le sauvage Equicole, Chasseur infatigable et soigneux agricole, Hardi déprédateur et soldai indompté; Le soc est dans sa main , le glaive à son côté : Au sortir de ses champs il revole au pillage , Et sa vie inquiète est un long brigandage.
Religieux au temple et terrible aux combats, Dans les champs du carnage Umbro porte ses pas ; Lui qui , pontife auguste et guerrier invincible , Au casque belliqueux joint l'olivier paisible; Citoyen de Marrube, Archippe étoit son roi. L'hydre, le fier dragon reconnoissent sa loi : Il sait par ses doux chants conjurer lein-s morsures, Assoupir leur colère , et guérir leurs blessures; Mais ses magiques sons, ses sucs assoupissants, Contre le fer troyen resteront impuissants. Ah ! malheureux , quel deuil va couvrir ta patrie ! Le Fucinus limpide, et la sombre Angilie , Les lacs aux flots glacés , et les monts , et les champs , Pleurent encor ta perte, et regrettent tes chants.
Jam senior: patriis sed non et filius arvis Contentus, late jam tura ditione premebat Sarrastis populos, et qua; rigat scquora Saruus, Quiquc RulVas, Batulumque tenent, atque arva Cclcnna,
74" Et quos malifcrœ despcctant raœnia Abella; : Teutonico ritu sojiti torquere cateias ; Tcgmina quels capitum raptus de subcre cortex, jEratœque micant pella; , micat a-reus ensis.
Et te montosœ misère in prailia Ncrsau , Ufens, insignem fama et felicibus armis; llorrida pra'cipue cui gens, ads.ictaque multo Venatu nemorum, duris jEquicula glcbis. Armati terrara exercent, seuiperque récentes Convectare juvat prœdas, et vivere raplo.
7^0 Quin et Marrubia venit de gcntc saccrdos. Fronde super galeam et felici comlus oliva, Arcliippi régis missu , fortissimus Dmbro : Vipereo gencri et graviter spirantibus liydris Spargere qui somuos cantuquc manuque solebat, Mulcebatquc iras, et niorsus arle levabat. Sed non Dardaniae raedicari cuspidis ictum Evaluit; ucque cum juvcrc in volnera cantus Somuileri, et Marsis quacsitac montibus herbse. Te neuius Auguitiœ, vitrcalc Fucinus unda,
7C0 Te |i(|uidi iluvcrc lacus.
LfVRE VII.
Comme lin , brave chef d'une brillante élite , Maixhe aussi Yirbius, digne fils d'Hippolvte, Que des bois d'Égérie , cl de ce riche autel Où, l'objet assidu d'un culte solennel, La sueur du dieu du jour , pour prix de leurs offrandes , De ses adorai eurs exauce les demandes, Aricie envoya dans les champs de 1 honneur. Victime, nous dit-on, d'un discours suljorueur, Hippolvle périt en proie à la colère D'une injuste marâtre et d'un crédule père ; Et, ministres fougueux de leurs cruels transports, Ses chevaux effrénés déchirèrent sou corps. En faveur de Diane et des pleurs d'Aricie, L'art puissant de Péon le rendit à la vie. Jupiter , indigné que cet art criminel Osât aux lois du sort arracher un mortel , En plongea l'inventeur dans ce même Cocyte Dont le fils d'Apollon affranchit Hippolyte ; Mais Diane cacha l'objet de tant de pleurs Dans les plus noirs abris de ses bois protecteiu's , Et la nymphe Égérie en fut dépositaire. C'est là que, loin du monde, inconnu, solitaire , Le héros coule en paix ses jours mystérieux ; Mais , pour tromper l'oreille aussi bien que les yeux , Appelé Tirbius par la belle Égérie, Il prit un autre nom avec une autre vie. Les coursiers cependant sont banuis de ces bois : Diane se souvient qu'un dragon, autrefois, Excita leur frayeiu* à déchirer leur maître. Nourri comme son père en ce réduit champêtre , Le nouvel Hippolyte y vécut sans témoins : Mal instruit par l'exemple, il n'en aime pas moinâ Ces fougueux animaux; et, désireux de gloire, Son char rase les champs et vole à la victoire.
Turnus , plus beau , plus fier , et pkis impétueux , Lève au-dessus d'eux tous un front majestueux : A l'effroi qu'il répand son casque ajoute encore. Tel que l'Etna lançant le feu qui le dévore,
Ibat et nippolyti proies polcherriina beilo Virbius, insigneni qucm mater Aricia misit, Eductiun Egeriae lucis, humentia ciiciina Litora, pinguis ubi et placabilis ara Diansc. Namque ferunt fama Hippolytun), postquam artc Dovercrf Occident, patriasque explerit sanguine pœnas Turbalis distractus eqiiis, ad sidéra rursus jEtheria et supcras cœli venisse sub auras , Poeoniis revocatum herbis et amore Dianae.
"io Tum pater oœnipotens, aliquem indignatus ab umbris Mortalera infernis ad lumina surgcre vitae , Ipse rcpertorem mcdicinje talis et artis Fulmine Phœbigenam Stjgias dctrusit ad undas. At Trivia Hippolytum secretis aima rccondit Scdibus, et njmphae Egeriae nemorique relcsal; Solus ubi in silvis Italis ignobilis aevum Exigeret, versoque ubi nomine Virbius essct. L'nde ctiara Triviœ templo lucisque sacratis Cornipedcs arcentur equi , quod litore currum
780 El juvenem monstris pavidi effudere raariuis. Filius ardeules haud secius rcquore campi Excrccbat equos, curruque in bella ruebat.
Sur son cimier, oii flotte un panache à trois rangs,
La Chimère vomit ses tourbillons brûlants ;
El, plus dans le combat s'échauffe le carnage,
Plus s'u-ritent du monstie et les feux et la rage.
Sur l'orbe éblouissant de son bouclier d'or
L'art présente un tableau plus magnifique cncor :
C'est la trop belle lo transformée en génisse ;
Ses poils, son front croissant commencent son supplice.
Du courroux de Junon rigoureux instrument ,
Argus de ses cent yeux la veille incessamment ;
Inachus l'aperçoit, et d'un air taciturne
Ce père joint ses pleurs aux ondes de son urne.
Turnus avec orgueil voit l'auteur de son sang ;
Impatient , il paît , vole de rang en rang.
Des plaines , des vallons , du sommet des montagnes Ses alliés en foule inondent les campagnes ; Les fils de Serranus , les vieux Sicaniens , Les Auronces fougueux , les jeunes Argiens , Et les Sacraniens dévoués à C\bele; Le Labique peignant son armure fidèle ; Ceux qui du ^«"umicus peuplent les bords sacrés , Ceux par qui de Circé les monts sont labourés ; Et les tBibus d'Anxur, où se montre à la terre Sous les traits d'un enfant le maitre du toimerrc ; Et les bergers voisins du fleuve dont les eanx De la superbe Rome abreuvent les troupeaux ; Et le Rutule actif, dont le soc se promène Sur les coteaux ingrats qui forment son domaine ; Ceux qui de Satura bordent les noirs marais, Ceux à qui Féronie en ses vertes forêts Offre l'abri sacré de leurs riants ombrages ; Enfin les habitants de ces frais paysages Où des humbles vallons l'Ufeus suit les détours, Et dans les vastes mers va terminer son cours.
Des Voisques après eux marchoit la reine altière. L'intrépide Camille : une troupe guerrière , Dont les fiers escadrons aux rayons du soleil De leurs ai-mes d'airain font briller l'appareil ,
Ipse inter primos prœstauti corpore Turnus Vertitur arma tenens, et loto verliee supra est. Gui triplici crinila juba galea alla Cbimxram Sustioet, jEtoacos efflantem faucibus igois : Tarn magis illa l'rcmcns, et tristibus elTera flammi.s, Quam magis effuso crudescunt sanguine pugna;. At levem clvpeum sublatis cornibiK lo :9o Auro insignibat, jam sslis obsila, jam bos, Argumentum ingens, et custos virginis Argus, Calataque amnem fundens patcr Inachus urna.
losequitur nimbus peditum , clvpeataque lotis Agmiua densentur campis, Argivaque pubes, Auruncsque manus, Rutuli, veteresque Sicani , Et Sacranae acies, et picti scuta Labici; Qui saltus, Tiberine, tuos, sacrumque Numici Litus arant, Rutulosque exercent vomere colles, Circaeumque jugum; quels Juppitcr Anxurus arvis 600 Prassidet, et viridi gaudens Feronia luco;
Qua Saturae jacet atra palus, gelidusque per imas Quaerit iter valles atque in mare conditur LTcns.
Hos super advenit Volsca de génie Camilla, Agmen agens equilum, et florentcs xre catervas,
L'ENEIDE.
Snivoit sur ses coursiers la superbe amazone.
Dès 1 enfance exercée aux joules de Belloue,
Camille préféroit, amante des combats,
La lance belliqueuse aux fuseaux de Pallas ,
Les travaux de la guerre à des aris plus tranquillas.
Moii s prompts sont les éclairs , et les vents moins agiles :
Elle eût, des jeunes blés rasant les verts tapis,
Sans plier leur sommet , couru sur les épis ;
Ou, d'un pas suspendu sur les vagues profondes.
De la mer en glissant eût effleuré les ondes;
Et , d'un pied plus léger que l'aile des oiseaux ,
Sans mouiller sa chaussure, eût volé sur les eaux.
Son air fier et décent, sa démarche imposante,
De son manteau royal la pourpre éblouissante.
Son carquois lyeien, l'or en flexibles nœuds
Sur son front avec grâce attachant ses cheveux.
Son myrte armé de fer, qui dans ses mains légères
Fait ressembler sa lance au sceptre des bergères,
Des guerriers, attroupés au faîte des remparts,
Sur elle ont réuni les avides regards ;
L'œil étonné se plaît à ses grâces hautaines.
Des hameaux d'alentour, des bourgades lointaines.
Tout un peuple empressé, sitôt qu'elle a paru ,
Pour fêter son passage en foule est accouru.
Son audace aux Latins promet un sort prospère ;
Le jeune homme s'enflamme, et le vieillard espère;
Et la mère, admirant tant d'atiraifs réunis,
La voudroit pour sa fdle , et la montre à son fds.