V- I HiGH on a Ihrone of roval statc, which far
PARADIS PERDU
Efface de l'Indiis la pompe impériale,
Et le riche Orient, qui prodigue à-la-fois
L'or, la perle et l'ivoire au luxe de ses rois ,
Satan , dans tout l'éclat de sa magnificence ,
S'assied en souverain : triste prééminence,
Qui paya son mérite et nourrit son orgtieil !
Le plus haut rang pour lui n'est qu'un plus haut écueil ,
Son désespoir l'y suit , conseiller téméraire ,
Qui rallume l'audace au feu de la colère.
C'étoit trop peu pour lui du trône des enfers ;
Mal instruit par sa chute , il brave les revers ;
Et flattant de ses vœux l'orgueilleuse impuissance ,
Il déploie en ces mots sa superbe espérance :
« Rois, princes, potentats, divinités du ciel. Car puisque cet élan d'un esprit immortel , Tout accablé qu'il est d'un joug illégitime, Ne peut rester captif dans l'éternel abîme, Croirai-je que le ciel soit à jamais perdu .•• Non , vers l'heureux séjour dont il est descendu , Sa chute lui redonne un espoir plus rapide : Qui tomba sans frayeur se relève intrépide. Pour mof , mon rang suprême et votre libre choix Sur le trône où je siège établissent mes droits ; Et peut-être à ces droits , dont mon orgueil s'honore , Ce que j'ai fait pour vous peut ajouter encore : Enfin , dans ce haut rang , j'ai pour moi nos revers. Il est peu d'aspirants au sceptre des enfers ; C'est au séjour du ciel que doit régner l'envie : Là, d'un dépit jaloux la faveur est suivie ; Mais de mon sceptre affreux qui voudroit se charger? Plus le pouvoir est grand , plus grand est le danger. D'où les biens sont bannis, l'ambition s'exile; Le séjour du malheur de la paix est l'asile.
Outshone the wealth of Ormus and of Ind,
Or where the gorgcous F.ast with richcst band
Showers on lier kings barbarie pearl aud gold,
Satan exalted sat, by merit rais'd
To that bad eminence : and, frum despair
Thus bigh uplifted beyond hopc, aspires
Bcyond tbus bigh, insatiate to pursue
Vain war with Heaven; and, by success untaught,
•0 Ilis proud imaginations thus display'd.
« Powers and dominions, dcities of Heaven; For since no deep within her gulf can hold Immortal vigour, though oppress'd and laU'n, I give not Heaven for lost. From tbis descent Celcstial virtucs rising, will appear More glorious and more drcad than from no fall , And trust tbemselves to fear no second fate. Me though just right, and the fix'd laws of Heaven, Did first create your leader; next, free choiee,
»o With wliat besides, in counsel or in fight, Hath been achiev'd of merit; yet this loss, Thus far at Icast recover'd, halli much more Establish'd in a safe unenvied throne, Yieldcd with fuU consent. The bappier state In Heaven, wbich foUows dignity, might draw Envy frora each infcrior; but who hère Will envy whom the highest place exposes Foremost to stand against the Tluinderer's aim, Your buiwark , and conderans to grcatest sharc
Oui voudroit, mccontcnl de sa part de douleurs, En croissant de pouvoir, accroître ses malheurs ; Et , jaloux des dangers que le sort m'abandonne , Disputer à mon front ma brûlante couronne ? Non , non , laissons au ciel la folle ambition : L'excès de nos malheurs scella notre union. Mettant donc à profit un si triste avantage , Osons reconquérir notre antique héritage; Plus heureux , nous serions bien moins sûrs du bonheur. Ecoulons l'intérêt, interrogeons l'honneur : Pour réparer nos maux , pour venger notre perte , Choisissons de la ruse ou de la guerre ouverte. J'attends votre conseil. »
Il achève ; et soudain , Le premier en pouvoir après son souverain , De tous ceux qui formoient cette ligue coupable Le plus fort, le plus fier et le plus indomptable, Moloch , qui se disoit égal à l'Éternel , Qui vouloit ou périr ou régner dans le ciel , Et dont le désespoir, aigri par ses disgrâces. Oublia Dieu , le ciel, l'enfer et ses menaces. L'affreux Moloch se lève , et s'exprime en ces mots :
« Vengeance ! guerre ouverte à l'auteur de nos maux ! Je déteste la feinte et connois peu la ruse ; Dans un pressant danger le lâche seul en use. Quoi ! tandis que le temps se perd en vains complots , Faut-il que tout un peuple, indigné du repos, Attendant le signal, dévore ici l'outrage. Trop heureux d'obtenir un tranquille esclavage , Et, captif résigné dans un coin des enfers. De boire en paix la honte et de traîner ses fers ; Tandis que, triomphant de notre ignominie, Par nos honteux délais, règne la tyrannie !
3o Of endless pain? Wbere there is tlien no good For wbich to strive, no strife can grow up tbcre From faction; for none sure will elaim in Hell Precedence; none, whose portion is so small Of présent pain, that with ambitious mind Will covct more. With this advantage then To union, and firm faitb, and firm accord, More than can be in Heaven, we now return To elaim our just inheritance of old, Surer to prosper than prosperily
4° Could bave assur'd us; aud, by wbat best way, Wbelber of open war, or covert guile, We now debate : who can advise, may spcak. »
He ceas'd; and next bira Moloch, scepter'd kiug, Stood up the strongest and the fiercest spirit That fought in Heaven, now fiercer by despair: His trust was wilh the' Eternal to be deem'd Equal in strength; and rallier than be less Car'd not to be at ail; with that care lost VV'ent ail his fear : of God, or Flell, or worse,
5o He reck'd not, and thèse words thcrcafter spakc. « My sentence is for open war : of wiles, More unexpert, I boast not : tliem let those Contrive who need, or when they need, not now. For, while they sit conlriving, sliall the rest. Millions that stand in arms , and longing wait The signal to ascend, sit lingeriiig bere, Heaven 's fugitives, and for their dwelling-placc