V. I IIactenus arvorum cultus et sidéra cœli
Nuuc te, Bacche, canam, nec non silvestria tecum Virgulla, et prolem tarde cresccnlis olivœ.
Viens ! toîit répète ici ton nom et les louanges ; Viens , Bacchus ! de tes dons ces coteaux sont couverts, L'Automne a sur son front tressé tes pampres verls ; Et déjà sur les bords de la cuve fumante S'élève en bouillonnant la vendange écumante : Descends de tes coteaux , mets bas ton brodequin , Et rougissons nos pieds dans des ruisseaux de vin. Et toi ', de qui la main vint m'ouvrir la barrière, Mécène, soutiens-moi dans ma longue cari'ière. Que d'autres de la fable empruntent les atours , Que leur muse s'égare en de vagues détours : Le vrai seul est mon but, et toi seul es mon guide. Sur la fleur des objets glissons d'un pas rapide : Pour tout approfondir, tout peindre dans mes vers , La nature est trop vaste , et tes moments trop chers.
Les arbres , de la terre agréable parure , Sortent diversement des mains de la nature. Les uns, sans implorer ^ des soins infructueux. Dans les champs, sur les bords des fleuves tortueux j Naissent indépendants de l'industrie humaine : Ainsi le souple osier se reproduit sans peine ; Tels sont l'humble genêt, les saules demi-verls. Et ces blancs peupliers balancés dans les airs.
D'autres fui-ent semés ^ : ainsi croissent l'yeuse, Qui redouble des bois l'horreur religieuse ; Le châtaignier couvert de ses fruits épineux, Et le chêne, à Dodone interprète des dieux.
Plusieurs sont entourés de rejetons sans nombre : Ainsi le cerisier 4 aime à voir sous son ombre S'élever ses enfants ; ainsi ces vieux ormeaux Sur leur jeune famille étendent leurs rameaux ; Et même le laurier, que le Pinde révère, Lève son front timide à l'abri de son père.
Tels, sans les soins de l'art 5, d'elle-même autrefois
Hue, paler o I.enœe! luis hic omnia plena Muneribus; libi pampineo gravidus auctumno Florct ager; spumat plenis vindemia labris : lluc , paler o Lenaee, vcni! nudalaque musto Tinge novo raecuni dercplis crura colhurnis.
Tuque ades , incpj)tunique una decurre laborcni , lo O decus , o famîB merilo pars maxima nostrœ, MsEccnas ! pelagnque volans da vêla patenli. Non ego cuncla meis amplecti versibus opto ; Non, rnihi si linguse centiira sint, oraque centum, Ferrea vox. Ades, et primi lege litoris orani. In manibus terrae. Non hic te carm'ne ficto , Atque per ambages et loiiga exorsa, tenebo.
Principio, arboribus varia est nàtura creandls : Namque aiiac , nullis hominum cogcnlibus, ipsa: Sponte sua veniunt , camposqtie et fluniina laie 20 Curva lenent , ut molle siler, lenta^que genislse, Populus , et glauca cauenlia fronde salicta.
Pars autera posilo surgunt de scminc, ut alla: Castane£E, ncmorumque Jovi quœ raaxima frondct jEscuIus, atque habita; Graiis oracula quercus.
Pullulai ab radice aliis densissima silva; []t ('erasis ulmisquc; etiara Parnassia laurus Parva sub ingcnti malris se subjicit undira.
Hos nalura modos primum dcdit; bis genus omnc Silvarum fruticumquc virel nemorumque sacrorum. 3o Sunt alii, quos ipse via sibi rcpj)crit nsus.