I. Voyez ci-dessus, p. 140, la note i de la lettre i
a. L'original autographe de ce testament est oonserrë à la Bibliothèque impériale, au tome I des MtmuseriU dt Maeimê^ ^ i6g. Cest l'acte olographe que Willard, dans une de ses lettres (TOjez ci-dessus, p. 3 29), appelle le petit testament de mort. Il a ^ë imprime de bonne heure, Perrault Tajant inséré dans son éloge de Racine, au tome II, p. 8a, de ses Hommes illustres, Loub Racine Ta également donné dans ses Mémoires : voyez notre tome I, p. 344* Il a omis une ligne, qui a peu d'importance, il est Timi.
vouloir bien m'accorder cet hoimeur, quoique je m'en reconnoîsse très-indigne, et par les scandales de ma vie passée, et par le peu d'usage que j'ai fait de Texcellente éducation que j'ai reçue autrefois dans cette maison, et des grands exemples de piété et de pénitence que j'y ai vus, et dont je n'ai été qu'un stérile admirateur. Mais plus j'ai offensé Dieu, plus j'ai besoin des prières d'une si sainte communauté pour attirer^ sa miséricorde sur moi. Je prie aussi la Mère abbesse et les religieuses de vouloir accepter une somme de huit cents Uvres, que j'ai ordonné qu'on leur donne après ma mort*.
Fait à Paris, dans mon cabinet, le dixième octobre mil six cent quatre-vingt-dix-huit.
RAaifE.
TESTAMENT DE MADAME RACINE (Catherine db romahet*).
An NOM DU Pèbb , DU Fils et du Saint-Espiit.
Comme nous pondons mourir à tout moment, devant que la maladie m'avertitae que je touche aux derniers moments de ma rie,
I. Racine arait d^abord ^rit : « pour fléchir. » a. Louis Racine a omis, dans sa transcription, ce dernier membre de phrase.
* M. l*abbé de la Roqoe iTaît déjà poblié ce testament olographe aux pages 1 83- 186 de la Fit de Jean Racine qui est en t^te de ses Lettres inédite* de Jean Racine et de Loeit Racine, «Sa famille, dit-il (ibitlem, p. 181), garde avec on pieux respect cette précteose pièce. 9 he même testament existe
«prèf aToir recommande mon âme à Dieu, je tous prie, mes enfanta, dTaccepter la diipotition que je Taia faire par cet acte de ma dernière rolontë. Je tous exhorte de réparer par une conduite toute chrétienne les fautes que j'ai fait[es] dans rotre éducation, dont je demande pardon k Dieu. Je crois que rien ne lui sera pim agréable que de tous recommander Funion et la charité entre tous, et j'espère de vos bons coeurs que tous la conserrereft. Et pour TOUS en faciliter les moyens, je troure à propos de tous recommander particulièrement votre sœur Jeanne-Nicole-Françoise Racine^, à qui je donne par cet acte de ma dernière Tolonté la maison à moi appartenante qui a issue dans la rue de la Grande et Petite-Friperie*, où il y aToit anciennement pour enseigne le Chat. Je la donne pour la somme de vingt-quatre mille livres, et lui substitue cettedite maison, afin qu'elle n*en puisse disposer, et qu'elle soit, après sa mort, à vous, mes trois enfants, en égale portion, savoir : à Jean-Baptiste Racine, a Hadeleine Racine et à Louis Racine, lesquels pourront faire de leur part ce qu'ib voudront. H sera donné aussi à madite fille Jeanne Racine mon coquemar d'ar* gent, deux flambeaux d^argent aTcc le porte-mouchettes , deux assiettes et les deux petites jattes d'argent, n'en ayant pas besoin de daTantage. Mais elle aura sa part du linge, qui sera partagé entre vous, mes enfants, en cinq lots'. Si lors de ma mort je me trouve avoir de l'argent à ma chère Jeanne Racine ou de quelque remboursement à elle fait, ou de ce que j'aurai touché pour elle de son bien suivant les arrêtés que je fais à la fin de chaque année de la recette et dépense sur le registre que je tiens pour elle, il loi sera donné et payé, lui étant dû. Si elle se trouve de l'argent k placer, que ce soit par votre aTis, tous, mon Gif aîné, et le TÔtre, ma fille Bfadeleine Racine, afin que tous deux [tous preniex *] soin d'elle. Madite fille Jeanne Racine jouira et^ sa part et portion de
aossiy écrit toot entier d« la nain de fiCme Radne, à l*étiide de M* Defresae, qv a été antrefoit celle de M* Sellier. Cett en cette étode que nous aTom pu ea prendre la copie d*après laquelle nous le donnons ici. Le» différences que Ton trouTera entre notre texte et celui de M. Pabbé de la Roque sont estrênement légère* et insignifiantes. Jean-Baptbte Racine avait déposé, le 17 noTcmbre 173s, ches M* Sellier le testament de sa mère.
^ YoTex, an tome I, la Notice biographique^ p. 169 et 170.
• Deux rues situées dans le quartier des Halles, & Paris.
' La seconde et la troisième fille de Racine, Anne et Elisabeth, éeçm longtemps religieuses, sont ezdaes de ce partage. Elles le sont égaleaMBt, ainsi que leur scmr atnée (Marie-Catherine^ mariée à M. de Moramber), du partsge qui sera (ait de la valeor de la maison après la mort de Jeanne.
• Ces mots ont été omis dans roriginal. r Tl y a bien ainsi ei dans l'original»
U p«otioii qa*il a pin au roi Louis quatorze de me donner, k moi et à mes enfants, et cela en la manière qa*elle sera pajëe. J*espère de TOUS, mes enfants, Pexëcution de cette dernière TolonU. Et TOUS, mon fils aine, tous devez senrir de père k Totre saur, et k cet effet je tous fois exécuteur de ce présent testament, avec ma fille Madeleine Racine, qui lui servira de mère, afin que par tos bons soins à tous rotredite sœur ne manque de rien, et que son bien ne soit point dissipé, et qu*il tous soit à tous conservé aTec bonneur pour tous et pour la mémoire de Totre père. Je souhaite d^étre enterrée sans aucune tenture et aTec le petit chœur et la petite sonnerie, et douze enfants gris aTec des flambeaux, la messe dite sur mon corps; et après, être mise aTec Totre père, que j'ai fait inhumer derrière le chœur de Saint-Étienne sous la tombe de M. de Bois Rogé et de M. Thomas du Fossé, à côté gauche de la tombe de M. Pascal, en regardant l'autel de la Vierge ; qu'il me soit dit le jour de ma mort, ou le lendemain de mon décès, douze messes pour le repos de mon âme ; et si je mourois hors Paris, je serai enterrée où Dieu aura dbposé de moi. Je ne Teux que six cierges autour de mon corps, et autant sur Tautel. Je donne deux cents liTres aux pauTres de Saint-Étienne, saToir : cent livres aux paurres honteux et cent liTres aux pauTres malades. Priez Dieu, mes enfants, de me pardonner toutes mes fautes, et oubliez tous les mauTais exemples que je tous ai donnés. Fait à Paris, ce sept féTrier mil sept cent Tingt-sept.
Cathseihb db RoHÂim.
Signé et paraphé au désir de Pacte déposé, passé devant les notaires sonssignà, oejourd'hui dix -sept noTembre mil sept cent trente-deux.
RAcniF.
HuBBim. SUXIXA.