‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 101 sur 442 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Et veux que vous deviez à ma compassion Le fruit que vous aurez de votre affection.

( Monirant la lelti* de Ft'licie.)

Voyez ce qu'en deux mots m'ordoime cette belle , Et recevez de moi ce que j'ai reçu d'elle : Allez la voir ce soir, montrez-lui cet écrit, Dites qu'un prompt effet a changé mon esprit, Que je n'estime plus sa grâce et son mérite, Et que je suis épris des beaux yeux de Charité ; Qu'elle ressent pour moi de vaines passions , Que je vante partout ses assignations , Qu'elle a tort de me croire et de se rien promettre , Que moi-même en vos mains j'ai remis cette lettre; Jurez-lui que je ris de ses vœux superflus : Je confesserai tout quand vous aurez dit plus. Jugez après cela si Floridan vous aime , Et si vous lui devez une faveur extrême.

LYSIS

(Après avoir lu.)

Que je lise ces mots. L'infidèle beauté!

Oui, je vous dois, monsieur, le bien de la clarté,

Et j'étois criminel vous traitant de la sorte,

Puisque vous m'honorez d'une amitié si forte.

Accusez de mon mal un enfant indiscret

Qui , conseillant les siens, ignore ce qu'il fait.

FLORIDAN

Eh bien, ai-je aisément réprimé votre audace ? Fais-je pas succéder les vœux à la menace ? Et tous les cavaliers les plus chéris du sort Feroient-ils tant d'effet avec si peu d'efforts ? Adieu , vivez heureux , et vous servez des armes Que je mets en vos mains pour racquérir ses charmes.

i48 LA CÉLIMENE,

LYSTS.

Homme le plus courtois d'entre tous les mortels , Si je change son cœur, que je te dois d'autels!

(Il sort.) FLORIDAN seul.

Il reste qu'Alidor, après sa longue peine, M'ait l'obligation de fléchir Celimène : J'ai fait à cet amant espérer du repos. Et je l'estime fort. Qu'il arrive à propos!

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