SCÈNE V
Les mêmes; FLORONDE, sous le nom de Lysanor.
la nourrice.
Entrez.
CLÉANDRE, ru^^i en reconnoissant Floronde. C'est toi, mon cœur! 6 dieux! te puis-je voir?
Quoi , je revois
LYS AN OR , lui faisant signe des jeux ^ et lui serrant les mains.
Monsieur, que la rage de l'onde, Au lieu de me sauver, n'a respecté Floronde ! J'ai vu tomber, hélas! dans ce traître élément. Au faux jour d'un éclair, cet objet si charmant; Et l'onde pour moi seul ne fut pas infidèle, Afin que vous sussiez cette triste nouvelle.
CLÉAJH DB.E .fjeignant la douleur.
Floronde ne vit plus ?
LYSANOR.
Je vis ce corps si beau Disparoître cent fois et paroître sur l'eau. ^Possédant ce butin, les ondes glorieuses Poussèrent jusqu'au ciel leurs vagues furieuses, S étendirent en l'air, et passèrent leurs bords, De peur qu'elles avoient de perdre ce beau corps ; Qu'en ce mouvant cercueil n'eus-je ma sépulture, Quand le ciel me fit voir cette triste aventure !
CLIÈANDRE.
C'est , prince infortuné , c'est après ce discours Qu'il t'est lâche et honteux de conserver tes jours.