‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 132 sur 442 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes; FLORONDE, sous le nom de Lysanor.

la nourrice.

Entrez.

CLÉANDRE, ru^^i en reconnoissant Floronde. C'est toi, mon cœur! 6 dieux! te puis-je voir?

Quoi , je revois

LYS AN OR , lui faisant signe des jeux ^ et lui serrant les mains.

Monsieur, que la rage de l'onde, Au lieu de me sauver, n'a respecté Floronde ! J'ai vu tomber, hélas! dans ce traître élément. Au faux jour d'un éclair, cet objet si charmant; Et l'onde pour moi seul ne fut pas infidèle, Afin que vous sussiez cette triste nouvelle.

CLÉAJH DB.E .fjeignant la douleur.

Floronde ne vit plus ?

LYSANOR.

Je vis ce corps si beau Disparoître cent fois et paroître sur l'eau. ^Possédant ce butin, les ondes glorieuses Poussèrent jusqu'au ciel leurs vagues furieuses, S étendirent en l'air, et passèrent leurs bords, De peur qu'elles avoient de perdre ce beau corps ; Qu'en ce mouvant cercueil n'eus-je ma sépulture, Quand le ciel me fit voir cette triste aventure !

CLIÈANDRE.

C'est , prince infortuné , c'est après ce discours Qu'il t'est lâche et honteux de conserver tes jours.

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