‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 134 sur 442 · I.TSANOR · texte numérisé non relu

I.TSANOR

En cet excès de joie, Je doute que je vive, et que je vous revoie. Onde, sois révérée; astres, soyez bénis; Et qu'enfin nos destins soient pour jamais unis.

CLÉANDRE

Que le sort désormais armé toute l'Epire, Qu'il expose à mon bras quelque chose de pire. Que n'exécuterai-je avec ce beau second, Et de quel ennemi ne pâlira le front?

Mais, ô divin sujet de mes secrètes plaintes. Quelle vaine raison vous oblige à ces feintes? Quel important dessein, quels sujets si secrets Nous font tromper la reine et feindre ces regrets?

LYSANOR.

En deux mots seulement apprenez ce mystère: La reine, qui vous aime, a tramé cette affaire; On a cherché quelqu'un échappé du danger , Qui de ce faux rapport la voulût obliger; On ne trouva que moi, j'engageai mon service;

( Montrant des diamanset de l'or.)

Et pour tous ces présens , je lui rends cet office.

igS L'HEUREUX NAUFRAGE,

CLÉANDRE

Mais nous lui conservons d'inutiles ennuis?

LYSANOR.

Il m'était important de celer qui je suis : Contre elle et contre nous la guerre est déclarée ; Et voyant son amour par moi désespérée, Afin de détourner ces mortels différens , Elle nous eût livrés aux mains de mes parens. Qu'importe que la haine ou l'amour la possède , Puisque nos maux enfin ont trouvé du remède ?

CLÉAWDRE.

Quelle joie est pareille à mon contentement?

LYSANOR.

Soupirez toutefois, feignez adroitement.

Mais voyons le palais , et dans ces galeries

Allons entretenir nos douces rêveries;

Et §i quelque rencontre interrompt nos propos ,

Soupirons, plaignons-nous, et pleurons à propos.

FIN DU DEUXIEME ACTE

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