‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 136 sur 442 · LYS AN OR · texte numérisé non relu

LYS AN OR

Je doutois qu'elle pût lui plaire seulement , Et je voudrois servir un objet plus charmant. Je croyois, entendant ses vœux et ses promesses, Que sa dignité seule attiroit ses caresses, Qu'il aimoit sa grandeur, et que sa passion Tenoit moins de l'amour que de l'ambition.

SALMACIS

L'amour qu'elle eut pour lui fut-elle violente ?

LYSANOR.

Extrême , incomparable , et pourtant innocente : Jamais par les appas d'un discours suborneur Ce discret amoureux n'assaillit son honneur.

SALMACIS

Travaille constamment à mettre dans son âme Des dispositions à recevoir ma flamme ; Continue ardemment tes soins officieux; Figure mes ennuis, peins-moi les pleurs aux yeux; Et crois que tu t'acquiers une amitié si forte, Que je te servirois en tout ce qui t'importe. Voilà ce doux tyran des yeux et des esprits. Dieux ! que ce froid maintien me prédit de mépris !

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