‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 142 sur 442 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

CÉPHALIE, DORISMOND; FLORONDE,

sous le nom de Lysanor.

CÉPHALIE.

Dieux ! que cet importun a peu de complaisance! La mort me seroit chère au prix de sa présence.

DORISMOND.

Avez-vous relâché ces mépris rigoureux Dont vous désespérez tant d'esprits amoureux?

CÉPHALIE.

Avez-vous corrigé cette importune envie Dont vous persécutez le repos de ma vie ?

DORISMOND.

Quoi ! servir constamment votre rare beauté Vous nuit, et passe en vous pour importunité?

CÉPHALIE.

Sans me faire expliquer , vous me devriez entendre : Votre plus doux service est de ne m'en point rendre.

DORISMOND.

C est rendre en peu de mots mon soupçon éclairci. Tome II. 14

CÉPHALIE.

A qui veut qu'on s'explique il faut parler ainsi.

DORISMOND.

Dieux! ce jeune étranger possède un charme étrange !

CÉPHALIE.

Il peut beaucoup s'il fait que votre humeur se change.

DORISMOND.

Il a bien sur la votre obtenu cet effet.

CÉPHALIE.

Il vous a fait jaloux, c'est tout ce qu'il a fait,

DORISMOND.

Ne peut-il ébranler ce cœur inaccessible ?

CÉPHALIE.

A qui possède un charme il n'est rien d'impossible.

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