SALMACIS, LA NOURRICE
SALMàcis, un poignard h la main.
Voici, mon cœur, voici de quoi te satisfaire :
Quel lieu cache ce traître à ma juste colère?
Oublions tout respect des hommes et des dieux :
La fureur qui me guide et l'xlmour n'ont point d'yeux.
Cest peu pour le toucher que ma propre couronne;
Le superbe méprise à cause qu'on lui donne;
Il me fuit, et mes yeux, charmes de tant de rois.
Lui semblent des captifs indignes de ses lois:
Je lui suis odieuse, épouvantable, horrible!
O trop cruel affront! ô mépris trop sensible!
Mais si mes yeux n'ont pu , ma main le peut toucher,
Et ce qu'il me refuse il le faut arracher.
LA WOURRICE.
Quoi , voulez-vous souiller d'un action si lâche
L'éclat d'une vertu qui n'eut jamais de tache?
Livrez plutôt ce traître aux mains de l'assiégeant ;
Que votre majesté le venge en se vengeant;
Et coupez la racine à ces fatales guerres
Qui troublent vos plaisirs et menacent vos terres.
SALMACIS
O timide conseil ! Non , non , un ennemi Que d'autres ont vengé n'est vengé qu'à demi ; Ma main doit à mon cœur ce meurtre qu'il respire. J'abandonne ma vie et mon sceptre à TÉpire; Le rang, les dignités, les titres absolus.
Ne me seront plus rien quand il ne sera plus. Qu'alors une effrontée , une sœur indiscrète , Entretienne de pleurs sa passion secrète , Qu'elle aille sur sa tombe exalter son pouvoir. Mais le peux-tu, cruelle, offenser et le voir? O barbare dessein d'une amour enragée ; Qu'il me seroit amer d'en être ainsi vengée î