‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 164 sur 442 · SALMACIS, LA NOURRICE · texte numérisé non relu

SALMACIS, LA NOURRICE

SALMàcis, un poignard h la main.

Voici, mon cœur, voici de quoi te satisfaire :

Quel lieu cache ce traître à ma juste colère?

Oublions tout respect des hommes et des dieux :

La fureur qui me guide et l'xlmour n'ont point d'yeux.

Cest peu pour le toucher que ma propre couronne;

Le superbe méprise à cause qu'on lui donne;

Il me fuit, et mes yeux, charmes de tant de rois.

Lui semblent des captifs indignes de ses lois:

Je lui suis odieuse, épouvantable, horrible!

O trop cruel affront! ô mépris trop sensible!

Mais si mes yeux n'ont pu , ma main le peut toucher,

Et ce qu'il me refuse il le faut arracher.

LA WOURRICE.

Quoi , voulez-vous souiller d'un action si lâche

L'éclat d'une vertu qui n'eut jamais de tache?

Livrez plutôt ce traître aux mains de l'assiégeant ;

Que votre majesté le venge en se vengeant;

Et coupez la racine à ces fatales guerres

Qui troublent vos plaisirs et menacent vos terres.

SALMACIS

O timide conseil ! Non , non , un ennemi Que d'autres ont vengé n'est vengé qu'à demi ; Ma main doit à mon cœur ce meurtre qu'il respire. J'abandonne ma vie et mon sceptre à TÉpire; Le rang, les dignités, les titres absolus.

Ne me seront plus rien quand il ne sera plus. Qu'alors une effrontée , une sœur indiscrète , Entretienne de pleurs sa passion secrète , Qu'elle aille sur sa tombe exalter son pouvoir. Mais le peux-tu, cruelle, offenser et le voir? O barbare dessein d'une amour enragée ; Qu'il me seroit amer d'en être ainsi vengée î

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