ACTE V, SCÈNE I. aSS
LYSANOR.
J'ai trop peu dit encore, et vos yeux seulement Vous peuvent figurer un objet si charmant; Il suffira, monsieur, sans user d'autre adresse, Qu'à ma confusion moi-même je confesse Que mes yeux ayant vu sa divine beauté , N'ont jamais sans horreur mon miroir consulté.
CLÉA.NTHE.
Il suffit, et, qu'elle ait ou n'ait point de pareille.
J'adore aveuglément cette rare merveille;
Et si son cœur consent au dessein que je fais.
Un hymen entre nous rétablira la paix.
Qu'elle apprenne de toi combien je la révère,
Sois de ma passion fidèle messagère.
Et pour comble des biens que je puis recevoir.
S'il se peut, obtiens-moi le bonheur de la voir;
Qu'aux portes seulement sa majesté conduite
M'accorde cet honneur avec égale suite;
Qu'Alcandre t'accompagne en l'exécution
De ces soins que tu prends pour mon affection.
LYSANOR.
Si mon espoir n'est vain, cette heureuse journée Bornera nos ennuis par un double hyménée ; Vos armes céderont à ses moindres regards, Et de ce beau séjour l'Amour chassera Mars.
(Ils sortent tous.)