‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 202 sur 442 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

Qui tâche «1 divertir le juste châtiment Que mérite un coupable , il pèche également. Les soins que vous prenez de sauver un parjure Vous rendent partisan de votre propre injure.

PAMPHILE

Si nos cœurs sont unis d'un accord si parfait. Vous n'en pouvez ici refuser un effet.

Calmez ces mouvemens, et conservez la vie A qui se l'ôteroit vous la voyant ravie; Vivez , possédez Nise , et ne refusez pas Le présent que mon cœur vous fait de ses appas. Pour vous la procurer j'emploîrai cette bouche ; Rien ne la peut toucher si ma voix ne la touche ; Son âme et mes discours auront peu de douceur Si dans peu je n'en fais Florimant possesseur: Pour la perdre mes soins prendront les mêmes armes Qu'ils prirent autrefois pour m'acquérir ses charmes ; Avec les mêmes pleurs qui vainquirent son cœur Je la rendrai traitabie à votre esprit vainqueur. Si vos divins regards ne trouvent point de nue, ^'^ous voyez, immortels, mon âme toute nue: Employez vos efforts à ma punition Si ma voix est contraire à mon intention.

FLORIMANT.

Que ta rare vertu me charme et me transporte, Et que l'objet est vil d'une amitié si forte ! Cessez de nous vanter, vaines antiquités, Les beaux fers qui jadis ont des cœurs arrêtés : Les auteurs nous ont feint ces exemples notables. Ici la vérité fait ce qu'ont dit les fables. Ami, seul estimable entre tous les amis.

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