ACTE 111, SCÈNE I
Kt que la terre, en vous comprenant tous ses rois, D'un zèle général se range sous vos lois.
HERCULE
(Ils sft metfi'nt tons à genoux )
Oyez si mon esprit conçoit une prière Séante clans ma bouche et cligne de mon père! Que ce globe azuré soit constant en son cours, Qu'à jamais le soleil y divise les jours; >
Que d'un ordre éternel sa sœur brillante et pure, Aux heures de la nuit éclaire la nature ; Que la terre, donnée en partage aux humains, Ne soit jamais ingrate au travail de leurs mains; Que le fer désormais ne serve plus au monde , Qu'à couper de Cérès la chevelure blonde ; Qu'une éternelle paix règne entre les mortels, Qu'on ne verse du sang que dessus les autels; Que la mer soit sans flots, que jamais vent n'excite Contre l'art des nochers le courroux d'Amphitrile; Et que le foudre enfin demeure , après mes faits, Dans les mains de mon père un inutile faix.
( Il se relève. ) ^
Mais quelle prompte flamme en mes veines s'allume! Quelle soudaine ardeur ius([u'aux os me consume! Quel poison communique à ce linge fatal La vertu qui me brûle! O tourment sans égal! Ouvre, Enfer, à mes cris tes cavernes profondes. Prête contre ce feu le secours de tes ondes; Souffre Alcide là-bas, non pas comme autrefois Pour désarmer la Parque et ruiner ses lois, Mais Alcide souffrant d'insupportables peines. Et qui porte déjà bs enfers dans ses veines. Quoi! ce linge brûlant à mon corps attaché,
4o HERCULE MOURANT,
Par mes propres efforts n'en peut être arraché î De moment en moment ce poison devient pire : O rage! 6 désespoir! ô sensible martyre!
PHILOCTÈTE
Quel est cet accident?
Toi, funeste porteur De ce présent fatal , apprends-moi son auteur ; De qui l'as-tu reçu?