‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 359 sur 442 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ÉRASME, FILÏDAN.

FiLiDAN, accourant.

O doux contentement!

ÉRASME

Qu'est-ce?

FILÏDAN.

O le doux plaisir!

ÉRASME

Dépêche vitement.

FILIDAN.

Il faut des médecins! vous appelez folie La douleur qui préside en l'esprit de Gélieî

ÉRASME

Comment?

FltlDAN.

On remédie à son infirmité :

L'ouvrier qu'il lui faut travaille à sa santé.

ÉRASME

Qui? dis-moi tout,

PILIDAN.

O dieux! j'entrois en espérance De voir quelques effets de son extravagance; Mais j'ai vu le contraire , et mille effets d'amour M'ont fourni le sujet de rire tout le jour. J'ai, par une ouverture aperçue en sa porte, Reconnu clairement l'ardeur qui la transporte : Votre peintre a causé ses amoureux tourmens. Que d'humides baisers et que d'embrassemens ! Ils eussent à les voir enflammé de la glace, Et la tentation m'a fait quitter la place. Ils se baisent encore : allons-y doucement, Et craignons de troubler leur divertissement. Tâchons de les surprendre.

' ÉRASME

O dieux ! de quelle rage Prendrai-je le dessein de venger cet outrage? Et quel assez capable et rigoureux tourment Immolera ce traître à mon ressentiment?

( Ils sortent. )

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