SCÈNE V
ÉRASME, FILÏDAN.
FiLiDAN, accourant.
O doux contentement!
ÉRASME
Qu'est-ce?
FILÏDAN.
O le doux plaisir!
ÉRASME
Dépêche vitement.
FILIDAN.
Il faut des médecins! vous appelez folie La douleur qui préside en l'esprit de Gélieî
ÉRASME
Comment?
FltlDAN.
On remédie à son infirmité :
L'ouvrier qu'il lui faut travaille à sa santé.
ÉRASME
Qui? dis-moi tout,
PILIDAN.
O dieux! j'entrois en espérance De voir quelques effets de son extravagance; Mais j'ai vu le contraire , et mille effets d'amour M'ont fourni le sujet de rire tout le jour. J'ai, par une ouverture aperçue en sa porte, Reconnu clairement l'ardeur qui la transporte : Votre peintre a causé ses amoureux tourmens. Que d'humides baisers et que d'embrassemens ! Ils eussent à les voir enflammé de la glace, Et la tentation m'a fait quitter la place. Ils se baisent encore : allons-y doucement, Et craignons de troubler leur divertissement. Tâchons de les surprendre.
' ÉRASME
O dieux ! de quelle rage Prendrai-je le dessein de venger cet outrage? Et quel assez capable et rigoureux tourment Immolera ce traître à mon ressentiment?
( Ils sortent. )