‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 385 sur 442 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Rien ne peut succéder à des cœurs engourdis, Mais le sort fait beaucoup en faveur des hardis.

CÉPHISE

C'est fait, j'embrasserai ce soin illégitime:

Mais , tout se découvrant , réponds-tu de mon crime ?

FILA.NDRE.

Lorsque je suis l'objet de tout le châtiment

Mais j'en espère mieux : commençons seulement.

ClÉPHISE.

As-tu quelque papier? tire-le de ta poche; Fais que ma sœur le voie : elle est bien près, approche; Presse-moi de le prendre et parlons un peu haut : Tu verras ce dessein réussir comme il faut,

(Filandre présente une leUre i Cephise , comme de la part de Thimante.) FILANDRE.

Au moins reçois sa lettre, ingrate, inexorable; Et cesse d'affliger cet amant misérable Qui hait à ton sujet le céleste flambleau, Et dont ta cruauté va creuser le tombeau.

T H É A N E , parmi les arbres.

De qui lui parie-t-il?

CÉPHISE

Donne.

( Elle reçoit la lettre et la de'chire.) FILANDRE.

Ingrate, barbare, Indigne d© l'honneur d'une amitié si rare , Insensible beauté , tu la romps , et ta main Seconde les rigueurs de ce cœur inhumain?

538 LE FILAFDRE,

CÉPHISE

Jugez de mon humeur par cette expérience , Et ne m'obligez plus à tant de patience.

O ciel ! peux-tu souffrir ?....

CÉPHISE

Adieu; certain souci Fait que j'aime à rêver : laissez-moi seule ici.

Le temps le vengera , cruelle , dédaigneuse ; Et le ciel punira ton humeur orgueilleuse,

(Il sort.)

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