‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 402 sur 442 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Mais toi seul cependant engageois mes esprits,

Et je ne le souffrois que pour être soufferte

De tes yeux, d'où dépend mon repos ou ma perte. »

Juge? quel je devins : « Madame, dis-je alors,

Je sais que cette gloire excède mes efforts :

Vous feignez seulement cette amoureuse peine

Pour avoir le plaisir de rendre une âme vaine,

Mais il est malaisé, connoissant mes défauts;

Je sais votre mérite et le peu que je vaux :

Honorez Célidor de cette courtoisie,

Et l'aimant, prévoyez sa juste jalousie. »

Mon respect à ces mots joignit de longs discours

Dont Nérée en colère interrompit le cours.

« Bien, ingrat! me dit-elle, un moyen nécessaire

Me fera mépriser et l'un et l'autre frère :

Puisque par ta rigueur mes vœux sont rejetés,

Célidor se plaindra des mêmes cruautés. »

Cette fille, à ces mots, se perdit dans les ombres,

Et me laissa confus sous ces feuillages sombres.

CÉPHISE

Ainsi de Célidor l'espoir sera déçu.

Que t'^témoigne-t-il ? s'en est-il aperçu?

Tantôt en ta faveur j'ai sa grâce implorée, Sans oser toutefois lui parler de Nérée; Car, si j'en puis juger, il l'aime infiniment. Et je crains un malheur de son ressentiment ; Il aura sa colère assez tôt reconnue.

Adieu, je vais chez nous attendre sa venue.

( H sort. }

rSo LE FILANDRE,

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