ACTE II, SCÈNE VII. 56i
Qui me connoît me fuit , et j'attire tes pas ! Tu poursuis le rebut de qui ne te vaut pas !
CÉPHISE
T'offensant tu me nuis; ton mérite est extrême : Cruel, en t'estimant, estime ce que j'aime. Tu sais ce que lu vaux, insensible vainqueur ; Mais cette modestie importe à ta rigueur; Ton cœur se met si bas pour être inaccessible, Et ton abaissement est un refus visible.
CÉLIDOR.
Crois ce qui te plaira; mais tu sais mes ennuis. N'attends point de réponse en l'état où je suis.
CÉPHISE
Tes yeux aussi, cruel , sont témoins de mes peines : Je combats vainement tes rigueurs inhumaines ; Et lorsque je te dis l'excès de mon tourment Tu ne m'honores pas d'un regard seulement. Cruel , ingrat auteur de mon inquiétude, Quel vice est comparable à ton ingratitude ?
CÉLIDOR.
Céphise , d'autres soins occupent mes esprits : Les importunités accroissent les mépris.
CÉPHISE , lui arrachant son épée , et feignant de vouloir se tuer.
Eh bien ! lâche sujet de ma longue infortune , Il faut cesser de vivre et de t'être importune. Je dois finir ma vie avec cet entretien , Et j'ai trop prolongé mon martyre et le tien : Ce fer m'ouvrant le sein, au moins ouvre la bouche.
Et dis-moi seulement que mon malheur te touche
Non, je fais ce dessein un peu légèrement,