‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 416 sur 442 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

Les plus cruels tourmens pourroient moins l'affliger Que ce subtil moyen de le désobliger.

Théane, ouvre l'oreille au discours véritable Qui te rendra suspect cet esprit redoutable. Si comme ta beauté mon frère aime le jour ; Si la plus forte ardeur égalé son amour; Si d'autres ont touché ni ses yeux ni son âme, Et s'il ne meurt plutôt que sa première flammQ , Que je sois à ta vue un objet odieux Et le but des mépris des hommes et des dieux. Souffre que je le voie, et qu'aux yeux de Céphise Par ses propres sermens mon discours l'autorise. Je veux qu'aucun tourment n'égale mes malheurs Si ses moindres regards ne t'arrachent des pleurs.

CÉPHISE

Si ton occasion l'oblige à se contraindre , Thimante étant un homme est capable de feindre. Mais va, fais que ma sœur en juge utilement, Et crois qu'on connaît moins un frère qu'un amant.

(EUesorl.) THÉANE.

Sa rougeur la trahit lorsqu'elle dissimule; Et je suis peu subtile , ou je suis trop crédule. Mes soupçons établis rétabliront la paix. Cours , va quérir Thimante.

INÉRÉE.

O dieux ! que ti\ me plais !

Firr nu troisième acte.

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