‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 423 sur 442 · ACTE IV, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V

IfÉRÉE.

Tu nuis par intérêt à ce perfide amant.

Quel témoignage as-tu d'un si prompt changement?

Si porter ses poulets est un mauvais office, Je lui nuis, je l'avoue.

NÉRÉE

Oh ! le vain artifice!

On ne douteroit plus de sa légèreté :

Mais fais nos yeux témoins de cette vérité. Les a-t-elle reçus?

Oui; mais sa main superbe Les rompit à mes yeux et les jeta sur l'herbe.

NÉRÉE

Mais, rompus qu'ils étoient, tu les auras serrés.

Le vent en dispersa les morceaux déchirés. 3*ai quitté cette ingrate, et conseillé Thimante D'étouffer, pour son bien, sa passion naissante; Car je l'estime plus rival que malheureux.

NÉR^E.

O conseil favorable ! ô l'ami généreux ! Traître ! on verra Thimante ; et l'instant de ta perte Suivra, s'il est vivant, ta fourbe découverte; Et si ton artifice a causé son trépas. Tous les efforts humains ne te sauveroient pas. On verra la fureur, si le soleil m'éclaire. Par les mains de la sœur venger la mort du frère;

Et , revivant cent fois , cent trépas différens Immoleroient ta vie à ses mânes errans.

( A Théane. )

Pour obtenir de vous une injuste allégeance

Il attire Céphise à son intelligence :

Mais je perdrai le jour si mes sermens sont vains

Et si la vérité ne confond leurs desseins.

Tu ris, tu parois froid après cette imposture,

Et tu ne rougis pas , horreur de la nature !

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